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M. Amrani «relooke» Rabat Propreté et hygiène

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C’est visiblement avec bonheur que les R’batis accueillent le changement qui s’opère dans leur ville, notamment le ramassage des ordures et, par ricochet, sa propreté. Le nouveau Wali entend ainsi redonner toute la splendeur à la capitale administrative du Royaume. Pas un quartier où des travaux de réfection et d’élargissement de voies ne soient en cours. Cela est visible dans tous les domaines. Des rues aux jardins, en passant par les trottoirs, Rabat retrouve peu à peu sa propreté. Et les R’batis suivent de près ce changement qui apporte une touche de fraîcheur à leur quotidien. “Les choses commencent à bouger. Il y a moins de détritus dans les rues. Les communes s’impliquent davantage dans le ramassage des ordures ”, explique ce vieux commerçant. Pour lui, il s’agit d’une excellente initiative  du Wali. “Je pense que tout ce qui se passe actuellement à Rabat devrait inciter les autres administrations à faire autant. Seulement, à la veille des élections, tout est possible. C’est pour cela que je doute fort qu’on ne soit pas en face d’une campagne électorale anticipée...”. Mais c’est dans les quartiers populaires que l’action du Wali est bien ressentie. En effet, de Yacoub El Mansour à Youssoufia en passant par Akkari, il n’y a pas une famille qui n’apprécie pas ce qui est en train de devenir le nouveau visage de Rabat. A El Noual, un des quartiers populaires de la capitale administrative, c’est avec un ouf de soulagement que les populations de ces zones défavorisées ont accueilli le travail entrepris par la Wilaya en matière de propreté de la ville. Ici, il n’y a pas si longtemps, les immondices s’étalaient tout au long de la route. Difficilement, les gens arrivaient à se frayer un chemin. Pendant la journée, les vendeurs et autres étalagistes laissaient derrière eux toutes sortes d’ordure. Une vraie pagaille.

Rendre la ville propre

 D’un côté, les vendeurs de poisson, de l’autre les commerçants de fruits et légumes et le drame c’est qu’aucun de ces «commerçants» ne se souciait de la propreté. “ Nous ne pouvons qu’apprécier le travail du nouveau Wali car il faut dire que c’était devenu insupportable. On ne pouvait même plus respirer”, soupire le gérant de café qui jouxte le marché. Il a fallu de peu pour qu’il ne fasse écrire une pétition contre ces vendeurs qui ne respectent aucune règle d’hygiène. “Nous avons tout essayé pour que les vendeurs soient ramenés à l’ordre mais en vain. Maintenant, je crois qu’ils seront obligés d’entretenir les lieux où ils sévissent. Cette situation ne pouvait plus continuer. Et si jamais on revenait aux pratiques anciennes, nous serions amenés à faire une pétition.” Naturellement, à ces critiques, les étalagistes font la sourde oreille. Ils se disent être en droit de survivre. “Beaucoup de gens croient que nous, les vendeurs ambulants, sommes nuisibles à la société parce que nous laissons traîner les ordures à longueur de journée. Nous ne cherchons qu’à survivre au lieu de voler ou agresser les gens ”, confie KL vendeur de poisson. A la question de savoir pour quelle raison il ne  ramasse pas ses ordures, une fois qu’il a terminé son travail, la réponse est sans équivoque :“Le ramassage des ordures est le travail des responsables. C’est eux qui doivent envoyer les bennes pour le faire”. Cependant, il reconnaît que la propreté de la ville est l’affaire de tous car il y va de la santé de tout le monde. Du côté de la nouvelle société Onyx qui a la sous-traitance du balayage des rues, il y a encore beaucoup à faire. Ses employés, qui sillonnent tous les quartiers, font un effort énorme. Dans leur tenue phosphorescente, ils font la fierté de la ville. Très tôt le matin, on les retrouve dans tous les coins. Secteur par secteur, ruelle par ruelle, tout est passé au peigne fin. AD est employé à Onyx, il s’occupe d’un secteur à Douar Jaflaa.

Campagne de sensibilisation

 “Au départ, quand j’ai été recruté en tant que balayeur, j’avais vraiment honte. Mais avec le temps, j’ai fini par accepter ce métier. En fait, c’est mes amis qui le trouvaient dévalorisant alors que j’avais besoin de ce job pour venir en aide à ma famille. ” Il ne pouvait en être autrement pour ce jeune de 25 ans. En effet, AD n’a pas terminé ses études. Très tôt, il a dû abandonner les bancs suite au décès de son père. Il s’est alors vu prendre en mains la charge de sa famille. Quand il a appris que la société Onyx recrutait des jeunes, il n’a pas hésité un seul instant. “ Ici, au moins, je suis assuré et déclaré à la CNSS. Je peux bénéficier des congés et j’ai un salaire mensuel. ” Son premier contact avec sa nouvelle fonction n’a pas été facile. “Le jour où j’ai commencé ce boulot, les gens me regardaient comme si j’étais un extraterrestre. Certains étaient tellement curieux qu’ils venaient me demander pourquoi je fais ce travail. Mais aujourd’hui, ces questions ne se posent plus. Il y a même des familles qui m’offrent le petit déjeuner. Vraiment, je me sens très bien dans ce travail.” Mais est-ce que le moral de ce jeune va rester le même, une fois que l’hiver va se déclarer? Une question à laquelle il n’a pas voulu répondre, préférant plutôt sourire. Pour les bénéficiaires, c’est-à-dire la population elle-même, il faut encourager ces jeunes qui prennent soin de la ville. Tel est le conseil donné par l’imam du coin. “Ces jeunes balayeurs auront la bénédiction de Dieu car ils font un travail formidable. Nous devons les aider au lieu de les critiquer”. Dont acte !

M.S.



 

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