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Les anciens commerçants de Souk Jamaâ, toujours sans issue Casablanca

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L’affaire remonte au 14 février, quand les autorités locales, sous l’ordre de la Wilaya qui était décidée à lutter contre l’occupation illégale du domaine public,  ont procédé à la démolition d’environ 300 commerces à Souk Jamaâ à Casablanca. Une action qui n’était pas sans conséquences socio-économiques pour les bénéficiaires de ces  commerces et partant pour l’environnement global de la ville. Ces commerçants se sont empressés au préalable de retirer leurs marchandises de ces locaux, convaincus que les responsables ne tarderaient pas à les recaser dans un autre espace. Cependant, dès les premiers jours qui suivirent cette action, ils ont commencé à douter de la possibilité d’une solution rapide. L’ancien Wali était on ne peut plus clair : il n’ y avait pas de solutions pour ces gens-là. En réponse à la proposition qui l’invitait à s’inspirer de Marrakech ou de  Rabat, où les bénéficiaires de marchés anarchiques étaient recasés dans de nouveaux marchés aménagés à cette fin, M. Benhima disait qu’il n’ y a pas de terrain à Casablanca, et quand bien même il y en aurait, leur prix n’est pas pareil à celui de ces villes.  
Récemment, les autorités locales, en la personne du Caïd, ont proposé aux anciens commerçants d’exercer leur activité à «Derb Lin glize» ( rue des Anglais), en étalant leurs marchandises par terre pendant le jour et en les ramassant le soir. Ainsi, on aurait nullement résolu le problème. On ne ferait que le déplacer. Est-ce là une manière de réaménager la ville ?   Cela semble même contradictoire. Il est vrai que Casablanca a besoin d’une nouvelle réorganisation, c’est une ville qui paraît échapper à toutes les  normes en terme d’organisation des périmètres urbains. Pour faire valoir leurs droits, les anciens commerçants de Souk Jamaâ ont tenté vainement, à plusieurs reprises, d’entrer en contact avec le nouveau Wali, comme ils l’avaient fait avec l’ancien Responsable. Dans cette optique, ils ont adressé une demande d’audience à M. Drief, mais leur requête et restée sans réponse à ce jour.
Le problème est assez complexe. Sur les 300 commerces (kiosques) démolis, certains commerçants sont munis de  papiers administratifs leur permettant d’exercer leur activité . Nait Hmidouche Houssaine, âgé de 37 ans, estime que la démolition de son kiosque est un abus de pouvoir: «Je suis parfaitement dans la légalité. J’ai une patente, une immatriculation au registre du commerce, je payais régulièrement l’IGR, j’étais également affilié à la chambre de Commerce et d’Industrie, tout comme j’avais un abonnement à Lydec. J’estime qu’il y a quelque chose qui m’échappe ! Comment peut-on d’une part reconnaître mon commerce en me faisant payer des impôts et d’autre part démolir ma source de vie sous prétexte que mon commerce est illégal», argue le jeune homme, qui souhaite adresser une lettre ouverte à Sa Majesté, convaincu que le Souverain n’est pas au courant de ce malheur. Une lettre où il invoquera l’abus de pouvoir des autorités locales, mais aussi sa détresse, eu égard au manque de moyens en l’absence d’un revenu à même de lui permettre de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. «Nous n’avons jamais été hors-la-loi, tout ce que nous revendiquons c’est qu’il nous soit permis d’exercer notre activité de commerçants, dignement». Selon Naît Hmidouche, ce commerce lui rapportait entre 100 et 150 Dhs par jour, aujourd’hui il se trouve sans revenus, alors qu’il a à sa charge toute une famille...   «Nous ne sommes pas contre le réaménagement de la ville, on nous disait que cet espace sera exploité pour l’intérêt général, mais cela ne doit pas être à notre détriment». Il est à souligner que l’espace en question est actuellement exploité comme parking. La place de l’ancien Souk est squattée par des SDF.
Ces commerçants semblent se trouver dans la même situation que ceux de Derb Ghallef, à une exception près. Ceux de Derb Ghallef occupent une propriété privée, abusivement, depuis plusieurs décennies, alors que les propriétaires n’arrivent pas à faire valoir   leurs droits.
Les anciens commerçants de Souk Jamaâ lancent donc un appel pressant aux responsables pour trouver une issue à leur probleme, en leur affectant un autre espace où ils pourraient exercer leur commerce dans des conditions honorables et légales.

L.O.



 

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