Auteur : Fahd Yata
Il est des jours, voire des semaines où la pratique saine du métier de journaliste s’avère difficile. C’est indéniablement le cas depuis le 12 juin dernier, ce jour où les électeurs marocains se rendirent aux urnes pour la désignation des élus communaux et municipaux, ignorant à ce moment-là que leurs votes seraient totalement faussés, dévoyés, pervertis, trahis, négociés, marchandés, volés, dès le soir même ou dans les lendemains qui suivraient !
Aujourd’hui, avec l’annonce des premières équipes communales ou municipales, c’est un sentiment de confusion, de désillusion, et, dans certains cas bien précis, d’écœurement qui prédomine chez les citoyens qui constatent, une fois de plus sans doute, que leur classe politique ne vaut guère tripette !
Et si d’aucuns expliquent la course à toutes les compromissions par des oukases venus d’en haut ou l’irruption du PAM dans l’arène politique, justifiant ainsi à posteriori l’incroyable esprit opportuniste des uns et des autres, il apparaît plutôt que c’est la seule ambition du pouvoir qui anime, de Casablanca à Tanger, de Marrakech à Rabat, d’Agadir à Fès, ces présidents de communes prêts à tout pour conserver leur poste ou l’obtenir.
On ne reviendra pas donc sur les péripéties de l’élection à Rabat d’un Fathallah Oualalou, un homme qui mérite respect et considération pour l’œuvre accomplie jusqu’à présent. On ne glosera pas sur le feuilleton de la désignation de Sagid à Casablanca et les entourloupes du PAM envers le parti de l’Istiqlal littéralement « roulé dans la farine » par les tractoristes locaux. On ne commentera pas l’inacceptable alliance du très cartésien Tarik Kabbaj, autrefois appelé «le milliardaire rouge», avec les élus du PJD pour conserver la mairie d’Agadir.
Mas on saluera, pour une fois, l’arrivée à la tête de Marrakech d’une dame, donnant ainsi à cette ville cosmopolite et en pleine croissance, une image de modernité, de dynamisme et de jeunesse que M. Jazouli, sans nul doute, n’arrivait plus à exprimer.
L’épilogue de ces communales, même s’il reste encore quelques cas à trancher, nous a prouvé qu’une nécessité s’imposait de façon pressante, encore plus pressante que la revendication de réforme constitutionnelle. Celle de la révision profonde de la loi organisant les élections locales afin de modifier la règle de la proportionnelle intégrale, génératrice de toutes les magouilles, mère de toutes les infamies politiques, source première de la désaffection citoyenne envers les partis politiques. C’est la volonté de rejeter le scrutin majoritaire uninominal à un tour, partagée à l’époque par les dirigeants de la Koutla et le premier ministre El Youssoufi, qui a induit le lamentable spectacle auquel nous assistons aujourd’hui.
Cette consultation nous a également prouvé que l’engagement militant, les professions de foi, les proclamations de principe n’avaient plus aucune valeur désormais chez ceux qui combattirent pour un Maroc démocratique et progressiste et qui tiennent encore les commandes de formations politiques totalement décrédibilisées désormais.
En France, nul espoir de voir Marie-George Buffet passer accord avec Sarkozy ou Jean-Marie le Pen s’acoquinant avec Ségolène Royal.
En Espagne, les disciples et successeurs de Dolorès Ibarruri et Santiago Carrillo ne mangent pas dans la même écuelle que les héritiers de Fraga Iribarne et José Maria Aznar !
Chez nous, barbus patentés et amateurs de whisky single malt 12 years old « bouffent » dans le même plat de lentilles…
Mehdi, Abderrahim, Ali, réveillez-vous, ils sont devenus fous !
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