Auteur : Fahd Yata
M. Mohamed Boussaid, ministre du Tourisme, a gagné un pari que d’aucuns, il y a quelques semaines à peine, qualifiaient d’impossible à tenir. C’est à Saidia, première station balnéaire du Plan Azur ouverte « on time », que furent organisées, en effet, les neuvièmes assises du Tourisme, le 19 juin dernier, alors que SM le Roi lançait dans le même temps, les travaux de la seconde tranche de cette station placée sous la responsabilité du promoteur immobilier et touristique Fadesa, filiale du Groupe Addoha.
Plus de mille cinq cents participants, le gratin de l’économie et de la finance marocaine, 22 ministres conduits par le Premier, Abbas El Fassi, le Conseiller de SM le Roi, André Azoulay, les Ambassadeurs de France et d’Espagne, les patrons des grands groupes mondiaux, TUI, Accor, Kerzner, Barcelo, tout ce beau monde était sur place à Saidia, logé confortablement dans les unités hôtelières et résidences touristiques déjà opérationnelles, (avec quelques menus ratés bien compréhensibles pour un lancement), bordées de greens déjà parcourus par des golfeurs ravis.
Constats irréfutables
Trois constats permettent d’affirmer que ces assises furent une véritable réussite. Le premier réfère à la qualité et la hauteur de la participation, nationale et étrangère. Tous les invités (et d’autres encore !) ont répondu présent à M. Boussaid, comme s’ils voulaient, par leur présence, infirmer les allégations insidieuses qu’une opération de manipulation télévisuelle avait lancées le dimanche précédent sur la chaîne de TV France 5. Saidia était prête, pimpante, accueillante et opérationnelle, n’en déplaise à ceux qui, de Paris ou de Casablanca, cherchent à nuire à l’image de marque de ce Maroc bien dérangeant pour des adversaires jaloux des avancées accomplies.
Le second constat est tiré des travaux eux-mêmes de ces assises, caractérisés par le sérieux, la franchise, l’absence de langue de bois. Ainsi, les ministres les plus dynamiques, les Ghellab, Mezouar, Baraka et autres Boussaid ont exposé publiquement les atouts, les contraintes, les résultats de la Vision 2010, les projets de développement touristique et infrastructurel, les perspectives de sortie de crise ou encore les prochaines étapes pour aller vers 2020, en application des recommandations d’une Lettre royale franche et claire. Les promoteurs privés, quant à eux, de Yann Caillère du Groupe Accor, (plus que jamais impliqué dans le tourisme national puisqu’il veut passer de 29 hôtels en 2009 à 60 hôtels en 2012 avec son levier financier Risma), à Alami Lazraq, PDG du Groupe Alliance, en passant par l’Espagnol Barcelo ou le Sud-africain Kerzner, sans oublier le groupe Addoha, (dont le PDG, Anas Sefrioui, fut longuement applaudi pour les réalisations accomplies à Saidia), confirmèrent la pérennité de leurs engagements et leur confiance dans la destination Maroc. Celle-ci est aujourd’hui rehaussée par une vision stratégique, un ONMT dynamique et réactif (sous la férule de M. Addou), un open sky que le PDG de RAM, Driss Benhima, réussit à maîtriser à son avantage.
Le troisième constat, enfin, est celui de l’émergence, à la faveur de ses assises « décentrées », et de la façon la plus convaincante qui soit, d’une nouvelle donne, celle de la régionalisation telle que voulue par le Souverain et matérialisée par les belles réalisations de l’Oriental, sur les plans infrastructurels, touristiques, urbanistiques, etc. Lancée en 2003 par un discours royal, la démarche de mise à niveau et de développement de l’Oriental, une région longtemps enclavée et isolé, coupée de surcroit de son prolongement naturel du fait de l’entêtement obtus de voisins apeurés par « l’exemple marocain », a réellement produit des effets majeurs en moins de six ans. Ainsi, la station de Saidia, perle de la Méditerranée, dotée de plusieurs milliers de lits, d’une marina splendide, servie par un réseau routier efficace, apparaît comme « la cerise sur le gâteau » de cette magnifique aventure, qui a su mobiliser les capitaux étatiques et privés, les compétences humaines sous la conduite d’hommes déterminés et efficaces, tel le Wali Mohammed Ibrahimi, ou le Directeur de l’Agence de l’Oriental, Mohamed M’barki.
Le « Moroccan touch »
Nul sentiment d’enclavement n’est ressenti par le visiteur qui atterrit à Oujda avant de rejoindre par une voie rapide et sûre, les sables fins de Saidia. Sur place, en visitant la Kasbah dotée des plus grandes enseignes internationales, en s’amusant à compter les anneaux de la troisième marina de la Méditerranée, en optant pour le Barcelo, l’Ibérostar, l’une des résidences touristiques ou une coquette villa, le touriste, marocain ou étranger, sera à la fois plongé dans la réalité chaleureuse d’une station balnéaire moderne et luxueuse et l’environnement d’une région aux paysages magnifiques, à l’arrière pays sublime, invitant à la découverte et à l’excursion.
Les Assises de Saidia, assurément, ont constitué un temps fort, une réussite réelle et un beau succès pour les organisateurs de l’opération, le ministre du Tourisme et ses collaborateurs, l’ ONMT, mais aussi le promoteur Addoha-Fadesa, qui a montré, notamment à travers le dynamisme d’Anas Sefrioui et la mobilisation permanente de Jawad Ziyat, que le secteur privé savait tenir ses promesses.
Malgré la récession qui frappe l’Europe et qui impacte notre tourisme, malgré les tentatives malhonnêtes de ternir l’image de marque du Royaume, malgré les prédictions funestes des Cassandre à chaque fois démentis, la « maison Maroc » a montré, à la faveur de ce « week-end à Saidia » que notre pays avait une spécificité, celle de se surpasser, de réussir ses challenges et d’aller de l’avant, avec réalisme et sagesse.
Saidia, à quelques mètres de la frontière algérienne, se projette sans complexe sur l’avenir, comme une perle que tous pourront apprécier, lorsque les murs qui barrent les consciences seront tombés à l’Est, que la reprise économique sera assurée à l’Ouest et au Nord…
Saidia est ouverte, opératoire, pour les mois, les années, les décennies à venir. Là est la vraie victoire de M. Boussaïd, celle d’avoir tenu ses engagements et permis à notre économie de disposer d’un nouvel outil pour en assurer le développement, en créant de façon structurelle et pérenne de la richesse, de l’emploi.
Fahd Yata
Symboles…
Pendant la durée de ces assises, chacun avait à l’esprit la proximité réelle de l’Algérie… Une proximité telle que bien souvent, les portables basculaient sur le réseau téléphonique algérien, au grand dam des usagers qui n’avaient nullement envie de payer du roaming à l’intérieur même du territoire national !
Cette réalité également s’est exprimée lors de la cérémonie de clôture, magistrale et chaleureuse, animée par des vedettes nationales et étrangères et notamment les deux raï men les plus qualifiés, Khaled et Faudel, originaires « d’à côté ». Il n’est sans doute pas incident que les organisateurs aient pensé à eux pour cette soirée. Faudel comme Khaled ont rempli leur contrat de la plus belle des manières, d’abord en reprenant des titres célèbres appréciés ici et là-bas, ensuite en tenant les bords d’un magnifique caftan aux couleurs nationales porté par l’une de nos chanteuses populaires, Chinouiya…
Nul doute qu’avec la puissance de la sono installée par Capital Event, les voisins « d’à côté » ont bien profité du spectacle sonore avant de s’émerveiller, avec leurs frères Marocains, d’un feu d’artifice qui fit l’admiration de tous. En ce samedi soir, dans le ciel de Saidia, le drapeau national était visible de loin, très loin…
Les gros coups et quelques décorations…
Plusieurs annonces d’importance ont été faites lors de ces assises, notamment l’attribution du projet de Calla Iris au groupe Alliance, d’Alami Lazraq. Mais le premier promoteur touristique intégré du pays n’entend pas s’arrêter en si bon chemin, lui qui a annoncé également le lancement d’un fonds d’investissements touristiques de 2,5 milliards de dirhams avec un premier closing d’1,5 Mrd Dh, en partenariat avec le Groupe Banque Populaire.
Addoha également a annoncé le lancement de son propre fonds, du même montant, tandis que des sources « très bien informées », précisaient à La Nouvelle Tribune que « le projet Plage Blanche était sauvé et que le dossier Taghazout n’était pas clos », ce qui pourrait signifier que le Département du Tourisme va s’atteler à dégager de nouvelles pistes (ou reprendre les anciennes) pour la réalisation de cette station.
Royal Air Maroc, pour sa part, outre le lancement de sa compagnie régionale, RAM Express et l’acquisition de 6 ATR des plus modernes, assurera deux liaisons par semaine entre Oujda et Alger, sachant, comme l’a dit avec malice Driss Benhima, que « les vols charters ne sont pas limités entre l’Algérie et le Maroc ». Cela pourrait permettre à nos voisins, frères et amis, Algériens de venir plus nombreux profiter du « miracle marocain »…
Enfin on signalera que plusieurs décorations ont été remises à des personnalités étrangères et nationales sur décision de SM le Roi. L’une des plus « parlantes » sans doute a été attribuée à M. Simon Pedro Barcelo, Président du groupe Barcelo Hôtels and Resorts, qui a été fait Officier dans l’ordre du Wissam Alaouite.
Une décoration qui se veut en quelque sorte une marque d’encouragement et de reconnaissance envers le Groupe Barcelo pour sa contribution au développement du secteur touristique au Maroc.
FY
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