Auteur : Fahd Yata
Casablanca, le 20 mai (MAP) - Le Maroc est le premier pays en Afrique et dans le Monde Arabe à disposer d'un Organisme de justification de la diffusion (OJD) certifiant la diffusion de la presse payante. L'OJD-Maroc, organisme tripartite constitué d'éditeurs de journaux, qui occupent la moitié des sièges du conseil d'administration, d'annonceurs et de communicants (qui siègent dans l'autre moitié), a déjà estampillé de son label quelques 80 publications contre seulement 14 au moment de sa naissance en 2004. En 2006, l'OJD-Maroc a certifié la diffusion de plus 85.345.000 exemplaires, toutes publications confondues. D'autres chiffres sont là pour témoigner de l'essor que connaît cet organisme. Ainsi la presse quotidienne a vendu, en 2006, quelque 251.700 exemplaires par jour (+40 pC par rapport à 2005). Les 15 hebdomadaires labellisés OJD ont écoulé 8.587.280 exemplaires soit 165.000 chaque semaine. Et ce sont 1.141.630 magazines qui ont été vendus durant la même période. Sans oublier la presse gratuite d'information, annuaires et autres guides qui ont distribué, en 2007, plus de 2.696.600 d'exemplaires. Le contrôle de la diffusion est une référence '' majeure'' pour les annonceurs, les agences médias ou encore les régies publicitaires, pour le choix de leur support, souligne la littérature OJD. La création de l'OJD est une des meilleures réalisations que le Maroc a réussie dans le domaine de la presse ces dernières années, estime son président M. Mohamed Selhami. C'est un instrument qui vient asseoir une véritable presse, professionnelle, responsable et sérieuse. Une presse qu'il n'a pas hésité à qualifier de ''saine, qui est bien partie et qui évolue positivement''. Toutefois, des rumeurs circulant à propos de journaux dont le contrôle de la diffusion aurait connu des problèmes ont provoqué tout un débat sur la crédibilité de l'organisme de contrôle. Pour M. Fahd Yata, directeur de publication de '' La Nouvelle Tribune'' un des deux journaux évoqués dans cette affaire, "ce qui arrive décrédibilise l'OJD-Maroc et la presse nationale qui, au lieu de s'unir et de se concerter, se donne des coups bas", a-t-il indiqué, déplorant au passage que l'organisme de contrôle au Maroc soit le seul au monde à être présidé par un DG de publication ce qui en fait "juge et partie''. ''L'hebdomadaire a été cité à tort'', car ''on a été audité et on a nos certificats'', affirme le directeur de La Nouvelle Tribune avant d'ajouter que son organe de presse est ''conforme à la loi et ses performances ont été attestées et le seront par le prochain contrôle du 27 mai''. Pour lui, il s'agit ''d'une accusation très grave et d'une rumeur infondée qui porte préjudice commercial à la publication en voulant casser son marché publicitaire se réservant le droit d'attaquer en justice les auteurs de cette '' diffamation''. Cette rumeur veut porter atteinte à notre publication qui gêne par son ''volume de publicité'' et sa ligne éditoriale. "Moi j'aime mon pays et je le défends dans mes écrits '', a-t-il soutenu. Même son de cloche du côté d'Aujourd'hui Le Maroc'', autre journal évoqué dans cette affaire, où l'on déplore également le fait que des informations concernant le déroulement d'un contrôle, qui devrait être confidentiel, jusqu'à son aboutissement aient fait l'objet de fuites organisées. "La question est simple. Comment les responsables de l'OJD Maroc peuvent-ils expliquer le fait qu'un éditeur dont le contrôle est en cours apprend qu'il aurait des difficultés par voie de presse et de manière diffamatoire. Ces fuites organisées posent la responsabilité morale de cet organisme", explique le directeur de cette publication, M. Khalil Hachimi Idrissi. M. Hachimi Idrissi, dans un communiqué publié récemment, affirme ne vouloir polémiquer avec quiconque sur le sujet, rejette tous les règlements de compte et toutes les basses man£uvres qui se sont greffés sur cette fausse affaire et dénonce ce procédé indigne. "Il est extrêmement ennuyeux de constater qu'un membre du comité directeur de l'OJD Maroc, éditeur par ailleurs, utilise sa publication pour diffamer des confrères sur la base de documents dont il a eu connaissance es qualité. Tout cela est très malsain", s'indigne le directeur d'Aujourd'hui Le Maroc. ''Le contrôle 2007 d'Aujourd'hui Le Maroc'' est en cours et ne prendra fin, avec la rédaction d'un PV final, qu'après le 26 mai 2008, date prévue d'un commun accord entre les deux organismes pour la clôture de ce contrôle'', indique la publication, dans un communiqué. L'OJD Maroc avait procédé à une première série de contrôles durant la semaine du 21 avril et qui a concerné 27 titres. Une deuxième vague d'étude aura lieu à partir du lundi 19 mai. Ces contrôles portent sur l'année 2007. L'OJD- Maroc est aidé dans cette opération par des spécialistes de l'OJD-France en attendant, explique M. Selhami, la formation de contrôleurs nationaux et la dissipation ''d'une certaine méfiance qui persiste encore dans le milieu de la presse''. "Une méfiance qui semble se justifier quand le travail de contrôle est utilisé pour porter atteinte à certains organes de presse et à la crédibilité de tout un secteur", estime un éditeur.
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