Auteur : Hassan Zaatit
Peut-être que l’heure des grands choix politiques a bel et bien sonné ! Peut-être aussi que l’avenir politique, voire la carrière politique de certains, n’est plus du côté du gouvernement El Fassi ! Dans tous les cas, la situation se corse et les jours à venir promettent beaucoup de suspense, mais aussi et surtout des rebondissements…en la matière. L’Istiqlalien Abbas El Fassi, lui, a apparemment de quoi s’inquiéter. Reste à savoir comment compte-t-il mener sa barque à bon port ?
D’ailleurs les amis de Ismail Alaoui sont prompts à l’affirmer : à la faveur du processus électoral, il y a eu volonté manifeste de dessiner une nouvelle carte politique. Voilà, tout est peut-être dans cette phrase ! Sommes-nous en présence d’une nouvelle carte politique ? Ou encore s’agit-il dans ce rouage de revoir l’orientation politique dans laquelle le Royaume se trouve depuis 10 ans ? Si non, faut-il désormais mettre en avant de nouvelles forces politiques et reléguer au grenier celles qui ont contribué au «compromis historique»? Réponse en filigrane des dirigeants du PPS : le cadre politique ayant rendu possible l’alternance consensuelle est loin d’être caduque ou conjoncturel. «Notre alliance est stratégique et à long terme pour que soit poursuivie la dynamique des réformes», soutient en substance le dernier rapport politique du PPS. La revendication n’a pas pris une ride. Le parti en appelle à l’élaboration d’un nouveau contrat politique entre la Monarchie et les forces de progrès. La Koutla et les forces de gauche sont d’ailleurs au cœur de ce contrat. Et on ne s’arrête pas là ! Si l’abstention est un symptôme de la crise du politique, le parti aux destinées duquel préside Ismaïl Alaoui relève dans le même temps que cette même abstention porte atteinte aux forces de gauche et laisse le champ libre «aux opportunistes et mystificateurs».
Mais côté enjeux, le contexte politique actuel impose sa propre logique. Pour le PPS, il s’agit tout simplement de maintenir l'appareil du parti en état de marche dont le principal objectif consiste à sauvegarder l'avenir et assurer à la formation de feu Ali Yata sa productivité politique d’antan. Normal, diront beaucoup, puisque les déconvenues électorales successives (législatives 2002, communales 2003 et communales 2009), avaient plongé les amis de Ismaïl Alaoui dans le doute absolu. C'est dire à quel point les attentes nourries d'espoirs sont de taille. C'est dire aussi et surtout que ces échéances électorales étaient présentées comme étant symboliquement celles de l'ouverture d'une composante historiquement importante de la gauche marocaine pour consolider à la fois son identité, sa force de proposition et ses capacités de mobilisation et d'audience. Une raison qui laisse dire à certains qu'encore une fois, le parti au Livre reste, quoiqu'il arrive, le réceptacle de toutes les interrogations qui taraudent la gauche marocaine, et cette fois-ci, il faudra bien que le PPS tente d'y répondre.
La gauche avant tout …
Dans ces conditions et pour beaucoup de militants, leur parti n'avait pas vocation à être réduit à une forme "groupusculaire", ni à jouer à l'appoint dans une Koutla, dite démocratique, mais dominée littéralement par un Istiqlal au conservatisme nationaliste avéré. L'attelage USFP-Istiqlal-PPS a en tous cas montré ses limites d'où la question de savoir si ce bloc offre toujours une possibilité de coordination de l'action militante collective?
La stratégie adoptée par le PPS vis à vis de ce cadre politique est d'ailleurs connue de tous. C'est désormais l'une de ses composantes qui s'y attache le plus. Autre volet, autre enjeu : la participation de cette formation aux gouvernements Youssoufi, Jettou et El Fassi. Au niveau de l'opinion publique, cette démarche consensuelle a été ressentie comme un abandon des positions de principe de ce parti considéré comme l'une des principales formations de l'opposition avant la constitution du gouvernement de l'alternance en 1997. De ce fait, ce parti socialiste marocain a perdu de sa force d'attraction pour les tenants du changement. Le vrai. Une alliance avec l'Istiqlal et une option consensuelle pour l'exécutif sont autant de facteurs ressentis comme une "récupération" par le pouvoir (ou le Makhzen pour certains)…
Il a fallu attendre les dernières législatives de 2007 pour que le parti renaisse de ses cendres en obtenant 18 sièges à la Chambre des Représentants.
Dans le sillage de cette performance, le PPS se veut très ambitieux. La réorganisation du parti figure sur l’agenda. Mieux encore, le congrès du parti prévu au printemps 2010 sera sans aucun doute capital. Le comité central va d’ailleurs consacrer sa prochaine session, en novembre prochain, aux préparatifs des assises des ex-communistes…
Nabil Benabdellah, après son retour… de Rome !
Membre actif du Diwane Assiasi du PPS, Nabil Benabdellah a tout déballé en ce début de semaine. Invité de l’émission "Tayarat" diffusée par la chaîne de télévision "2M", l’ex-ministre de la communication est on ne peut plus clair : « les partis de la gauche s'étaient engagés à fond dans l'action gouvernementale au point de négliger leurs structures et leur présence dans la société », d'autant plus, a-t-il ajouté, que des partis de la gauche n'ont pas cessé de critiquer la participation d'autres composantes de ce bloc politique au gouvernement. Cette attitude, a-t-il estimé, est la plus grande erreur commise par la gauche marocaine.
Après avoir reconnu que l'unification de la gauche n'est pas chose facile, il a souligné que cette initiative requiert, outre la volonté politique, le passage progressif à des actions communes et concrètes d'ordre organisationnel et la capacité à constituer des structures communes. Afin d'assurer la réussite de cette initiative, il faut avancer à pas sûrs, faire en sorte que les mentalités s'adaptent avec la nouvelle dynamique et avoir le courage de prendre des initiatives appropriées, a-t-il dit.
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