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Pôle de gauche : C’est la chute finaaale…

Auteur : Fahd Yata

C’est avec quelque scepticisme que l’on appréhendera le nouveau regroupement de gauche initié en début de semaine par le PPS, le PT et le FFD, (voir articles pages suivantes). En effet, même si la bonne foi et la bonne volonté de MM. Alaoui, Benatik et Khiari sont incontestables, on s’interrogera pourtant sur la validité de la démarche et, surtout, les chances de sa réussite, tant la position de ces trois formations nous semble, fort malheureusement d’ailleurs, marginale aujourd’hui. S’il fallait appréhender ce pôle de gauche comme une nouvelle tentative de regrouper, mobiliser et motiver la mouvance progressiste nationale, en une démarche anticipative des échéances de 2012, on dirait presqu’avec cynisme que ses initiateurs n’auront pas trop de trois années pour se mettre en ordre de bataille, eux qui dirigent des formations largement éprouvées par les défections, la démotivation et l’atonie de leurs troupes respectives. Comme nous d’ailleurs, ces dirigeants ne sauraient ignorer, en outre, que ces partis ont été désertés par tous les opportunistes qui avaient grossi leurs rangs au cours des années fastes de «l’alternance consensuelle». En effet, les progressistes marocains paient aujourd’hui, le prix de leur stratégie antérieure qui les avait conduits à recruter à tour de bras tous ceux qui voulaient profiter du fameux pacte conclu à la fin de la décennie 90 entre le Pouvoir et la Koutla, lequel avait permis la participation du PPS (et du FFD dans une moindre mesure), à la «conduite des affaires» de février 1998 à septembre 2002 sous la férule de M. Abderrahmane El Youssoufi, puis de 2003 à 2007 avec Driss Jettou. Ce sont les législatives de septembre 2007 qui ont sonné le glas de ce «compromis historique» avec la déconfiture électorale infligée aux formations progressistes, (dont l’USFP), et le maintien, bien artificiel, d’une alliance et d’une majorité parlementaire dominées en réalité par un Parti de l’Istiqlal «cerné» par des formations centristes ou droitières. Une situation qui a induit la constitution d’un gouvernement où Abbas El Fassi arrive difficilement à jouer au premier de cordée, tandis que la Koutla semble moribonde et que l’Union socialiste apparaît comme exsangue. L’émergence de ce pôle de gauche se veut donc une tentative, (vouée à l’échec ?), de ces formations de peser sur la vie politique nationale et de continuer à exercer au niveau central une influence que ne lui reconnaissent ni les urnes, ni les autres partis, et notamment ceux qui ont reçu pour mission de concrétiser l’objectif de recomposition du paysage politique national. Mais, on s’interrogera crûment sur l’intérêt que pourraient représenter pour le Pouvoir aujourd’hui les partis de MM. Alaoui, Benatik et Khiari. A-t-on vraiment besoin d’eux pour une « caution de gauche » alors qu’ils sont affaiblis, minés par les divisions internes et, surtout, incapables de proposer cette politique progressiste que le Souverain a si bien su initier et mener depuis dix ans ?
La gauche marocaine, qui a tant fait pour l’émergence de ce Maroc d’aujourd’hui, qui assure l’essentiel des libertés publiques et individuelles, construit avec succès l’édifice démocratique, est-elle toujours utile au pays, au peuple marocain ?
A voir la qualité et le rôle de ses dirigeants actuels, USFP comprise, il semblerait que d’aucuns, «là haut», en doutent fortement aujourd’hui…
Ave Caesar, morituri te salutant !


 

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