Auteur : Mamady Sidibé
En ce mardi 23 juin, tout Rabat avait les yeux braqués sur la Wilaya de Rabat où se déroulait l’opération de vote pour la désignation du nouveau Maire de la capitale administrative du Royaume. La veille, la tension est montée d’un cran quand les tractations ont tourné dans le sens contraire de l’aiguille d’une montre avec ses revirements, ses coups bas et parfois ses alliances contre nature. Tout était fait pour que Rabat ne tombe pas dans l’escarcelle des islamistes ni reconduire un ancien mandat. Le sort de Omar Bahraoui était-il déjà scellé ? Pas si sûr car le vétéran de la politique ne s’était jamais avoué vaincu. Une force de mental qu’il maintiendra jusqu’au verdict de 12h25 du mardi devant ses supporters venus nombreux. Pour Mohamed Darif, enseignant chercheur et politologue, contacté par La Nouvelle Tribune, la défaite de Baharoui est la conséquence d’une hostilité des partis en place à Rabat à son égard. «Sa défaite n’a rien à avoir avec les urnes, ni basée sur un référentiel idéologique ou politique». Notre interlocuteur ajoute qu’il y avait deux critères qui ont précipité la défaite du Maire sortant. Ces deux élément s se résument en un rassemblement des sièges afin d’obtenir une majorité numérique et une coalition qui s’est faite au détriment du candidat sortant. Autrement dit, le vainqueur de ce srcutin du mardi à la wilaya de Rabat, en la personne de Fathallah Oualalou, a bénéficié des contradictions de la coalition PAM-MP de la dernière minute et le retrait de la candidature du PJD en faveur de l’USFP. Son analyse n’est pas partagée par cet autre professeur qui estime, pour sa part, que les élections c’est un jeu d’alliance. Toutefois, il admet que cette alliance devrait obéir à des règles de transparence et de démocratie. «Pour ce qui s’est passé à Rabat, il faudra encore attendre pour disposer de tous les éléments ayant abouti à la cacophonie qui a entaché ces consultations». Au Parti Travailliste, un des perdants, le temps est à la réflexion. De son côté, Mohaned Laenser Secrétaire Général du MP, estime que du point de vue élection tout a semblé normal. « Mais ce qui s’est passé sur le terrain ne l’est pas car c’est regrettable que des partis s’allient à une formation, qu’ils jugeaient naguère rétrograde et anti démocratique, juste pour avoir la présidence du conseil de la ville au détriment de la volonté populaire exprimée dans les urnes. Sur un autre plan, comment expliquer qu’un parti qui soit arrivé en tête puisse se retrouver derrière celui que les électeurs ont déjà désavoué ? C’est vraiment curieux. Allez savoir !». A l’USFP, le silence est le mot d’ordre et on se garde de crier victoire. Entre réunions et concertations, il y aucune place pour répondre aux appels. Même situation au RNI où Anis Birou, connu pour sa verve, est littéralement absent. Un ensemble de faits qui créent déjà de la méfiance et de la suspicion dont la Mairie de Rabat n’avait pas besoin. M. Oualalou, grand stratège, saura-t-il redonner confiance notamment aux investisseurs étrangers ? Il semble que c’est la première condition de son élection au forceps à la Mairie de Rabat.
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