Le secteur de la presse nationale serait-il une jungle où la lutte pour la survie (struggle for life) serait le seul modus operandi des différents acteurs qui le composent ?
On serait enclin à le croire à en juger par les réactions « empressées et totalement désintéressées » de quelques confrères qui se sont avancés à étaler dans leurs colonnes des assertions et des informations tronquées sur La Nouvelle Tribune. Cet hebdomadaire, en effet, qui entrera dans les prochaines semaines, dans sa treizième année de parution ininterrompue, fait aujourd’hui l’objet d’une « procédure d’exclusion » de l’OJD marocain. Une procédure d’exclusion que La Nouvelle Tribune rejette, récuse et refuse et contre laquelle elle compte bien employer tous les moyens de droit, tant elle paraît incongrue, injuste et, surtout, expéditive…
Mais, avant d’entrer dans le fond, apprécions la forme…
Une procédure d’exclusion signifie, sauf pour les béotiens qui trempent leur plume dans des encriers fielleux, que l’exclusion n’est pas définitivement prononcée, même si, pour le cas d’espèce, plusieurs de nos confrères se sont empressés de voter en faveur d’une telle mesure au cours d’une Assemblée Générale tenue le 18 octobre dernier, en l’absence du titre concerné.
On précisera, au passage, que le président de l’OJD, M. Selhami, avait été tenu informé de l’impossibilité de la présence de notre hebdomadaire à cette « réunion collégiale », ce qui n’a point empêché, comme dans les procès d’inquisition, de prononcer la mise à mort de l’accusé sans que celui-ci ne puisse, sinon présenter sa défense, du moins, le fondement de sa position.
Quant au fond, la question est fort simple. Audité au titre du premier semestre 2006, membre fondateur de l’OJD, (n’en déplaise aux titres de la dernière pluie !), notre hebdomadaire, qui a complètement revu son mode et ses circuits de distribution, avait demandé, officiellement et par écrit, à la présidence de l’OJD, le report de quelques mois de l’opération d’audit de sa diffusion afin d’exciper des résultats, probants au demeurant, de sa réorganisation.
Cela avait été accepté, oralement il est vrai, par M. Selhami, en tant que président de l’OJD.
L’éthique de la transparence
Contrairement donc à ce qui a été publié, La Nouvelle Tribune (qui n’a jamais, elle, commis de faillite frauduleuse...), n’a point refusé de soumettre ses chiffres de diffusion, connaissant parfaitement les diverses articulations statutaires de l’OJD.
Pour la gouverne, non des lecteurs ou des annonceurs, mais de nos détracteurs, il faut savoir que notre hebdomadaire fut le premier titre de la presse nationale (et il s’en honore) à adopter le statut juridique de société anonyme avec directoire et conseil de surveillance, qui est la forme la plus accomplie, la plus exigeante en termes de transparence et de gouvernance de la S.A.
Nous n’avons pas attendu l’arrivée de l’OJD pour auditer nos comptes, publier chaque année notre bilan dans nos colonnes et prouver à nos partenaires la qualité de notre audience, ce qui explique, sans doute, la rage et l’empressement de quelques-uns, trop heureux d’essayer d’éliminer un concurrent qui, Dieu merci, ne se débrouille pas trop mal depuis plus de douze ans !
On se permettra, également, de rappeler à nos chers confrères, que La Nouvelle Tribune a été l’un des tout premiers titres de la presse nationale à satisfaire totalement aux conditions et critères d’éligibilité instaurés par la Commission Paritaire de la Presse Nationale dans le cadre de la convention signée entre le ministère de la Communication et la FMEJ pour bénéficier de l’aide étatique à la presse écrite.
Nulle opacité, nulle volonté de dissimulation donc dans la démarche de La Nouvelle Tribune qui attend avec une réelle impatience, la réunion du bureau de l’OJD (promise par M. Selhami) pour exposer son point de vue à ses confrères.
Par contre, la rapidité d’un vote et la sanction irrévocable qu’il croyait infliger nous laissent songeurs quant à l’attachement de plusieurs de nos collègues à ce principe fondateur de la justice, celui du droit imprescriptible à se défendre, publiquement, face à des accusations, des assertions, des interprétations qui, expriment, peut-être, une seule volonté, celle de voir disparaître, par tous les moyens, La Nouvelle Tribune.
Nous continuerons donc, tout d’abord, à exciper de notre appartenance à l’OJD, tant que la procédure ne sera pas définitive, mais, aussi et surtout, à mener le combat d’un titre de presse indépendant qui n’a jamais craint de dire aux uns et aux autres leur fait.
Fahd Yata