Auteur : Ibn Tanjaoui Publier le : February 14, 2008
Discrets entretiens franco-marocains sur Medi 1 Sat Médi 1 Sat, la chaîne de télévision maroco-française, dirigée par M. Pierre Casalta, qui est également le patron de la « Radio du Maghreb », Médi 1, depuis l980, (un bail, diraient certains), devrait être au centre d’entretiens aussi discrets qu’importants à partir de la semaine prochaine à Rabat. En effet, on annonce de source confidentielle que de hauts fonctionnaires français feront le déplacement au Maroc à compter du 25 février pour discuter du statut, de l’actionnariat et du devenir de cette chaîne de télévision très largement financée par des fonds publics et privés marocains, mais quasiment inconnue de la très grande majorité de nos concitoyens. Selon nos informations, cette délégation serait constituée de représentants du ministère des Affaires Etrangères, (le Quai d’Orsay), de celui des Finances, (Bercy), de la Primature (Matignon), mais aussi de la Présidence de la République (en la personne de M. Benamou, conseiller à l’Elysée pour les questions liées à l’audiovisuel). Les missi dominici de l’Hexagone pourraient rencontrer les représentants des actionnaires privés et publics marocains, mais également le ministre de la Communication, la HACA, etc. Medi 1 Sat, qui coûterait cher et rapporte très peu, selon plusieurs observateurs, se caractériserait surtout par son absence d’emprise sur les téléspectateurs nationaux et ne remplirait donc pas l’une des principales prescriptions de la HACA qui lui avait accordé sa licence de télévision privée, il y a deux années. Un nouveau responsable des rédactions à Medi 1 Sat ? Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, il se murmure dans les salons et cafés de Tanger que M. Pierre Casalta, à la fois (vieux) patron de Médi 1 et (jeune) patron de Médi 1 Sat, aurait recruté un nouveau responsable des rédactions en la personne d’un journaliste français qui a eu son heure de gloire lorsqu’il figura parmi les otages français au Liban au beau milieu de l’avant dernière décennie du vingtième siècle. Roger Auque, tel est son nom, devrait en effet prochainement assumer les responsabilités de rédacteur en chef des rédactions francophone et arabophone de la chaîne de télévision maroco-française basée à Tanger Journaliste depuis 25 ans, Roger Auque a occupé pendant deux ans (2003-2005) la charge de correspondant permanent à Bagdad pour la chaîne info LCI, la télévision francophone TV5, RMC Infos, mais aussi pour des radios et des télévisions canadiennes ou suisses. Connu pour son esprit baroudeur, M. Auque devrait prendre ses fonctions à Tanger au début du mois d’avril prochain. Cette nomination ne devrait pas satisfaire ceux qui soulignent la déficience grave en compétences marocaines qui caractériserait la chaîne dirigée par M. Pierre Casalta, un ancien des services d’information de l’armée française. Pour l’anecdote, on rappellera que M. Roger Auque, lorsqu’il était otage au Liban, en 1987, avait retrouvé la liberté grâce à l’intermédiation active et efficace des célèbres Charles Pasqua et Jean-Charles Marchiani, experts en barbouzeries diverses et originaires de l’Île de Beauté, tout comme un certain Pierre Casalta.
Le Soir en kiosque Bienvenue au nouveau quotidien national en langue française qui est dans les kiosques à journaux depuis le début de la semaine. Le Soir, édité par le Groupe de presse Al Massae que dirige M. Rachid Nini, aspire, selon son rédacteur en chef, Driss Bennani, (transfuge de Tel Quel, l’hebdo de M. Ahmed Réda Benchemsi…), à respecter le lecteur en proposant essentiellement une information variée et exhaustive. Agrémenté d’une mise en page moderne et aérée, Le Soir, qui compte nombre de journalistes venus des rédactions de la presse francophone locale, est incontestablement facile à lire, à l’opposé donc de certains de ses confrères plus sérieux, sinon plus compassés et austères. Il paraît néanmoins aux yeux de certains professionnels comme léger en informations internationales (les plus faciles à «fabriquer» pourtant), à peine acceptable en termes d’informations financières (alors que la Bourse explose) et, last but not least, un peu trop focalisé déjà sur les activités du PJD puisqu’il a consacré à cette organisation partisane deux articles dans sa rubrique de politique nationale sur les trois numéros parus à ce jour. Les mauvaises langues disent que Le Soir ressemble à la fois à Tel Quel, L’Economiste, Aujourd’hui le Maroc et Economie et Entreprises, partant du fait que ses principaux rédacteurs y ont auparavant officié. On ne fera pas preuve d’une telle sévérité pour ce nouveau venu dans notre Landerneau, mais il n’en reste pas moins que Le Soir devra, le plus rapidement possible, se forger une ligne éditoriale plus affirmée, afin de satisfaire un lectorat francophone objectivement difficile à capter.
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