Auteur : M.K. Publier le : May 5, 2008
Les modifications non autorisées entreprises par le propriétaire de l'usine de matelas à Casablanca, qui a été ravagée samedi par un incendie ayant fait un grand nombre de morts et de blessés parmi les salariés, ont été parmi les facteurs ayant entravé l'intervention des services de la protection civile et leur action pour maîtriser le feu à temps, a indiqué le ministre de l'Intérieur, M. Chakib Benmoussa. Dans une réponse lue en son nom par le ministre de l'emploi et de la formation professionnelle, M. Jamal Rhmani, mardi lors de la séance des questions d'actualité à la Chambre des conseillers, M. Benmoussa a souligné que le propriétaire de la société ROSAMOR a entrepris ces travaux sans avoir obtenu les autorisations nécessaires, ce qui a constitué un facteur ayant entravé les efforts visant à circonscrire le feu. Le propriétaire de la société, poursuit le ministre, a démoli le mur séparant l'atelier de menuiserie et le couloir menant vers la sortie et l'étage supérieur, a annexé le parking à l'atelier, a barricadé toutes les fenêtres et les couloirs et a construit un étage supplémentaire au niveau de la terrasse qu'il utilisait comme dépôt de matières premières. L'immeuble, qui abrite la société, a été construit en 2002, et a subi plusieurs transformations en 2007, à savoir des travaux au rez-de-chaussée et la construction des 2è et 3è étages, a ajouté M. Benmoussa, précisant que le propriétaire a obtenu un certificat de conformité au plan d'aménagement le 7 avril dernier et l'autorisation d'exploitation le 14 novembre 2007. Selon le ministre, les services spécialisés au niveau de l'arrondissement de Hay Hassani avaient rédigé le 4 avril dernier un PV relatif à des travaux de construction non autorisés sur un terrain nu et la mise en place d'une toiture en zinc, et adressé, le 14 avril 2008, au propriétaire de ladite société, un avis urgent d'arrêt des travaux non autorisés. Par ailleurs, les services d'inspection du travail avaient adressé, en 2007, un courrier au gérant de l'usine, qui a été arrêté en compagnie du propriétaire de ROSAMOR et deux salariés, pour attirer leur attention sur le non-respect des conditions de préservation de la santé et de la sécurité des employés. Les travaux effectués au niveau de l'usine et d'autres facteurs ont entravé l'intervention des éléments de la protection civile, en raison de la présence de l'atelier de menuiserie au rez-de-chaussée, rendant ainsi impossible l'accès par le côté sud au même titre qu'une grande quantité de matières premières entreposés dans les couloirs et au niveau des escaliers, ce qui a freiné l'action des sapeurs pompiers, outre la violence de l'incendie et sa vitesse de propagation en raison de la présence d'une grande quantité de matières hautement inflammables, de l'absence des issues de secours et de la faiblesse du débit de l'eau, a expliqué le ministre.
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