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Le onze national, l’arbre qui dévoile la forêt

Auteur : Karim Dronet

Le Maroc n’ira pas en Coupe d’Afrique des Nations, et encore moins en Coupe du monde. Le bilan de la campagne des Lions de l’Atlas en phases éliminatoires est plus qu’amer, il est décevant, voire catastrophique. Tout avait d’ailleurs mal commencé avec une première défaite à domicile, en mars dernier, face au Gabon (1-2 à Casablanca). Puis, le onze national a enchaîné les contre-performances avant de s’incliner, le week-end dernier, 2 à 0 à Fès face à des Lions indomptables du Cameroun qui auraient pu d’ailleurs s’imposer sur un score encore plus large, tant la sélection nationale paraissait mal en point. Avec le médiocre bilan de trois matches nuls, autant de défaites et trois buts inscrits en six rencontres, l’équipe nationale marocaine réalise le plus mauvais parcours de son histoire.
A qui la faute ? Aux joueurs ? Au staff technique ? A la fédération ? Difficile de jeter la première pierre aux coupables, car la déroute de notre équipe nationale illustre sans doute un malaise encore plus profond, une faillite générale du football marocain et peut-être même du sport national. Passées l’amertume et la colère de la non qualification pour le Mondial et la CAN 2010, l’heure est maintenant au règlement de comptes et à la recherche de solutions pérennes pour l’avenir.
Tout d’abord, la valse des entraîneurs (6 depuis 2005 !) qu’a connue, ces dernières années, l’élite de notre football a certainement été un facteur aggravant dans la déstabilisation de l’équipe nationale. Chaque nouvel entraîneur tente, fort naturellement, d’apporter sa touche dans la constitution de l’équipe mais ces changements à répétition ont aussi un impact sur l’homogénéité du groupe qui ne sait plus, en quelque sorte, à quel saint se vouer ! De même, il faut aussi reconnaître que si l’apport des joueurs marocains professionnels évoluant en Europe fut à un certain temps profitable à notre football, il a aussi ses travers. Désormais, au sommet de leur carrière, ces joueurs affichent une certaine réserve dans leur engagement sur le terrain. Intuitivement, ils s’économisent dans la perspective des matches qu’ils devront ensuite effectuer avec leur club.
Par ailleurs, en constituant l’essentiel de l’ossature de notre équipe nationale sur la base de joueurs professionnels, on ferme inévitablement la porte à de jeunes espoirs du football marocain qui évoluent dans le championnat national. Mais, c’est vrai aussi que les instances du football national vont devoir désormais se pencher sérieusement et sans complaisance sur l’avenir de ce championnat marocain qui n’arrive toujours pas à décoller et à se professionnaliser.
Il est temps de prendre le taureau par les cornes et de scier définitivement la branche pourrie sur laquelle nous nous sommes assis pendant des années. Cet examen de conscience passe aussi, assurément, par une redéfinition de la fonction du dirigeant sportif et de ses aptitudes à gérer un club. Maintenant, force oblige, que nous sommes dégagés de toutes contraintes ou pressions des compétitions sportives, mettons à plat les maux de notre football et n’hésitons pas à trancher ce qui doit l’être afin d’éviter la gangrène, et par conséquent la mort de notre football.


 

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