Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Actualité
Le MTD fait le plein à Casablanca et affiche ses ambitions : Fouad Ali El Himma créera son parti

Auteur : Rachid Hallaouy
Publier le : June 30, 2008

Le complexe de l’Office des Changes de Casablanca a affiché complet, dimanche 22 juin 2008, avec comme invités d’honneur les membres du bureau de l’association «Mouvement Pour Tous les Démocrates». Ils étaient plus d’un millier (on parle de 1300 personnes) à avoir répondu à l’appel du MTD. Le thème du jour «Casa demain, Casa ensemble» volait en éclats devant l’attente de l’assistance, celle de voir (et écouter) Fouad Ali El Himma, promoteur du mouvement. Celui-ci arrivait par une porte dissimulée. Histoire d’éviter les paparrazis, également venus en nombre, comme du reste le service d’ordre dépêché pour l’occasion. De véritables bodyguards, dignes d’un film «hollyoodien», postés aux abord de la bâtisse de l’Office des Changes et qui n’ont cessé de veiller au grain. En clair Casablanca était «sous tension» et le MTD «sous pression».

«Plus de Sidi Ifni SVP monsieur El Himma»
Du côté des profils du participants, «triés sur le volet» dixit Bachir Znagui, porte parole du mouvement, des citoyens de divers horizons mêlés à des entrepreneurs, des intellectuels, des artistes, sportifs et acteurs associatifs. Une mosaique qui en dit long sur la philosophie du MTD. C’est Mohamed Cheikh Biadillah, animateur d’un jour, qui ouvrait la séance avec la présentation de l’association et ses objectifs. Puis, Hassan Benaddi et Salah El Ouadie El Assafi prenaient le relais. Assis confortablement au côté de Mustapha Bakkoury, Fouad Ali El Himma se montrait concentré et particulièrement attentif lors de la séance de démocratie directe et le traditionnel exercice des questions/réponses. Mais, on regrettera le choix des organisateurs de collecter les questions par écrit dans la salle et qui se traduisaient par des prises de paroles directes –voir des exposés au kilomètres- qui prenaient la forme d’une thérapie de groupe au détriment d’un vrai débat interactif.
«Plus jamais de Sidi Ifni. On ne veut plus voir l’usage de la violence», déclarait un intervenant dans la salle après avoir décliné son identité.  «Le Maroc souffre de la présence de loosers. Ceux qui ont failli à leur mission doivent être démis de leurs fonctions. Trop de décideurs ont nuit au pays par incompétence. Pour tourner la page, nous avons besoin de visages nouveaux et de profils adaptés aux défis que le Royaume doit relever», indiquait un professeur en management. Toujours au rayon des questions pertinentes, «la proximité entre le Souverain et Fouad Ali El Himma» ou encore l’état de la situation socioéconomique du pays. Au fil des minutes, la salle commençait à se dégarnir. Certains optaient pour un bol d’air alors que d’autres en profitaient pour aller se restaurer.

Vers la création d’un parti…
14 heures 15. C’est le moment choisi par Fouad Ali El Himma pour prendre la parole. Il se rend à la tribune et l’information circule en ligne. «El Himma va parler». En quelques secondes, chacun avait regagné son siège et un silence de cathédrale s’installait. Le «chef» du MTD évoqua les élections législatives 2007 et le fort taux d’abstention, il fit référence au rôle que doit tenir le citoyen, mis en relief ceux qui constituent un danger pour le processus démocratique et appela toutes les forces vives à rejoindre le mouvement. «On ne peut exprimer sa participation citoyenne, son attachement pour le pays, ses idées ou ses désaccords, qu’au travers des urnes. Faute de quoi, on ne peut pas être entendu et donc peser sur des choix politiques à l’échelle nationale, régionale et locale. A l’approche des élections communales, nous devons saisir cette occasion pour envoyer un message fort. Ne passons pas à côté de cette opportunité. Prenons notre destin main, c’est la meilleure façon de servir les intérêts du pays et de combattre l’obsurantisme», énonça-il. «Les ennemis du pays, de la démocratie sont identifiés. De facto, il ne faut pas leur laisser le champ libre. Un parti comme le PJD et son paradigme doivent tous nous interpeller. Ce que je propose, c’est pas une idéologie sous influence américaine ou européenne, mais un ensemble d’idées et de valeurs qui nous sont propres» ajouta-t-il.
Pour ce qui est de l’avenir du courant associatif, Fouad Ali El Himma se montra précis. «La création d’un parti politique s’inscrit naturellement dans notre volonté et notre détermination à jouer un rôle politique national. Ce qui a été fait pour la région des R’hammas doit nous motiver et nous encourager. Chaque région a ses spécificités et ses potentialités. C’est l’approche et la détermination tant dans l’engagement que dans la croyance dans l’homme qui permetttra au Maroc d’éviter d’aller droit dans la mur», devait-il conclure.


“Construire une idéologie propre à nos valeurs”

La Nouvelle Tribune : Soulagé, rassuré, satisfait…après votre étape casablancaise ?
Fouad Ali El Himma : Il s’agissait de partager un moment privilégié avec les Casablancais. Casablanca, c’est le Maroc en miniature. Tout y est représenté. Capitale économique du Royaume, la métropole souffre et elle est au bord de l’axphyxie. Les politiques doivent réagir et penser Casablanca. Une politique basée sur la décentralisation est plus que nécessaire. Elle permettra de décongestionner Casablanca et de redistribuer des richesses dans d’autres villes du Royaume.

On vous a senti quelque peu tendu lors de votre allocution ?
(Large sourire) Comme à chaque rendez-vous pris avec les citoyens dans le cadre de l’agenda de consultations menées par le Mouvement pour tous les démocrates, nous devons être très explicites avec les Marocains sur notre philosophie, nos objectifs, sur la construction d’une idéologie fédératrice, sur la situation politique, économique et sociale du pays.

Comment comptez-vous susciter l’adhésion du plus grand nombre ?
Le message est clair. On ne pourra pas agir sans les citoyens. On a besoin nécessairement d’une  participation citoyenne et active. En clair, c’est du 50/50. Chacun doit faire un pas…

Et la naissance d’un parti politique ?
C’est la suite logique d’un engagement politique. Cependant, le Mouvement pour tous les démocrates continuera à vivre, à avancer sur le chemin de la consolidation des valeurs démocratiques. Le parti, lui, aura vocation à donner de la dimension, de la voix et un écho large, beaucoup plus large.


Propos recueillis par
Rachid Hallaouy


 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com