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Le “Bekri” out, on attend le “Maazouzi” : Grandes inquiétude et incertitude pour l’année agricole

Auteur : Hassan Zaatit

Retour sur une réalité implacable de notre économie : Quand l’agriculture va, tout va. Mais commençons quand même par le commencement. Selon la direction de la météo, les prévisions météorologiques des quelques jours à venir ne signalent aucun indicateur pluviométrique. Peu importe. La situation est déjà à ce jour inquiétante. Les répercussions du retard des pluies commencent à se faire sentir, en particulier auprès des petits fellahs. Sur ce registre, il est quand même important de rappeler que le Royaume dispose de cinq millions d’hectares de terres agricoles dont les trois quarts des exploitations agricoles sont de tailles modestes entre les mains de petits Fellahs. La majorité de ces terres dépend de la clémence du ciel puisqu’elle se situe en zone bour. Selon ce schéma, le drame est déjà considérable. Comment ? Selon M. Belkacem, agronome, tous ces petits Fellahs ont raté les semis précoces ou selon le jargon du secteur, ils ont manqué «El Bekri », pourtant fortement conseillé par les spécialistes agronomes, particulièrement en ce mois de novembre. Partant, tout ratage des semis précoces signifie, explique-t-il, une campagne agricole en deçà des espérances.
Maintenant, les yeux sont bel et bien rivés sur les semis tardifs, le «Mazouzi» selon le jargon des agriculteurs. Principale conclusion : ce sont les petits et moyens agriculteurs qui seront les premiers à payer les pots cassés. Le ratage est important et coûteux en la matière.
Du côté des agriculteurs équipés et avertis, «pas question de rester les bras croisés», dit-on. Ces derniers sèment même si en cette période le sol est sec. La terre sert finalement de stockage pour les semences en attendant la pluie. Cela veut dire, souligne notre interlocuteur, que même la pluie tardive n’aura pas de conséquences négatives sur cette catégorie de terres agricoles.

La pluie, calmant
psychologique des Fellahs
Sur le terrain, l’attentisme rime avec une grande inquiétude. En plus clair, les petits paysans dont le gagne-pain dépend des pluies adoptent la philosophie du «Wait and See». D’ailleurs, ils n’ont pas le choix.
Samedi 14 novembre. Lieu, la région d’El Haouz. Première remarque : la température est élevée, avoisinant les 30° depuis plus d’une semaine. Hallucinant en cette période automnale ! Autre remarque : la pluie se fait rare dans cette région depuis plus de deux mois. Même si la région connaît actuellement une grande et importante campagne de récolte de l’olivier, les agriculteurs restent quand même inquiets.
Rahhal, agriculteur et éleveur de bétails, est philosophe : «Dieu est Grand». Et de préciser que le retard des pluies coûte très cher aux habitants de son Douar : «Avec l’absence des pluies, je suis obligé d’irriguer mes deux hectares de blé», nous dit-il, avant d’ajouter que «cela coûte très cher aux agriculteurs aux moyens et ressources très limités, comme moi, car il faut compter entre 300 et 400 DH/jour pour disposer des bonbonnes de gaz nécessaires à l’irrigation». Alors que quand il pleut, dit-il, ce sont des coûts moins importants qui soulagent quotidiennement les budgets des petits Fellahs.
En attendant, bien entendu, la clémence du ciel, la relance de l’année agricole se fait dans une incertitude totale. Le rêve de battre le record de 102 millions de quintaux réalisés en 2009 semble déjà s’envoler. Mais espoir gardons quand même ! Ou comme dit Rahhal, « Dieu est Grand»…



La pluie, le cheptel et l’Aïd…
De l’avis des spécialistes, le retard des pluies pourrait avoir des conséquences indésirables sur les prix du cheptel à l’occasion de l’Aid Al Adha. Car si actuellement, l’offre est de sept millions de têtes, la demande s’élève seulement à cinq millions. Cela signifie que les prémices de la sécheresse pourraient pousser les éleveurs, en particulier les petits, à introduire tout le cheptel sur le marché. Ce qui pourrait faire baisser les prix, en particulier durant les trois jours précédant l’Aid.

Le cadeau de Mezouar aux petits Fellahs
L'application de la taxe minimale pour l'importation des ovins s'élève à 2,5%. Mais à en croire le ministre des Finances, cette hausse ne portera pas atteinte aux petits agriculteurs et aux éleveurs de bétail, ajoutant que le gouvernement interviendra en faveur des petits agriculteurs le cas échéant.


 

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