La Nouvelle Tribune : Pourquoi avoir choisi le thème « Responsabilité politique et sociétale des médias » au moment où le monde entier est tourné vers le développement durable à travers l’économie verte ?
M. Georges Gros : Nous estimons que le journaliste, quel qu’il soit ou là où il se trouve, a une responsabilité au sein de la société dans laquelle il se situe. Sa responsabilité est d’abord son comportement vis-à-vis de l’information qu’il doit donner à ceux qui le lisent ou qui l’écoutent. Car un journaliste, qui est d’abord un citoyen comme tous les autres avant d’exercer son métier, se doit de s’interdire certaines pratiques, de faire en sorte que sa place soit mieux reconnue par la société et dans la société en adoptant un comportement professionnel avec une éthique, laquelle est très est importante, pour ne pas écrire ou dire n’importe quoi.
Vous conviendrez que le rôle politique des médias est intimement lié au degré d’expression existant dans un pays. En tant qu’expert, comment faire pour concilier les deux ?
Je pense qu’il y a beaucoup plus de liberté que l’on le croit. Cependant, il y a malheureusement souvent beaucoup de nos confrères qui ne savent pas très bien présenter les informations. Ils ne savent pas non plus très bien rédiger un certain nombre d’articles. Ce n’est pas de leur faute parce qu’enfin de compte, ils n’ont pas saisi exactement toutes les ficelles du métier. Pour ma part, je crois qu’un journaliste doit pouvoir tout dire mais il doit surtout savoir tout dire.
Ce qui amène à la problématique de la formation et de la qualification des journalistes. Qu’en est-il au sein de l’UPF par rapport à ce volet ?
A l’UPF, nous sommes tout à fait préoccupés par ces problèmes de formation et de qualification. Il n’y a pas assez de formation sérieuse. C’est vrai il y a beaucoup de petits séminaires par-ci et par-là sans que fondamentalement ils n’arrivent à résoudre le problème en profondeur. D’ailleurs, ceux qui les suivent, généralement, partent avec un petit diplôme, une petite enveloppe. A l’arrivée, ils croient qu’ils ont atteint un degré de professionnalisme alors qu’en réalité le professionnalisme n’existe pas avec ce genre de situation. Autrement dit, le journaliste, c’est quelqu’un qui doit au moins faire deux ans d’études pour apprendre les techniques du journalisme en particulier et avoir une certaine culture générale parce qu’il doit savoir manier sa plume et savoir s’exprimer.
Certainement le choix du Maroc n’est pas fortuit pour abriter ces 42èmes assises. Quelles en sont les principales raisons ?
D’abord, le Maroc est un grand pays où il existe de nombreuses sociétés de presse écrite et audiovisuelle. C’est un pays où il y a énormément de confrères bilingues. Lors de ces assises, par exemple, vous trouverez un grand nombre de confrères arabophones. Ce qui ne les empêche pas de faire partie de notre association. Le Maroc, c’est aussi une terre d’accueil et nous avons voulu honorer par notre présence cette terre d’accueil et ce pays hospitalier.
Propos recueillis par Mamady Sidibé
jeudi 3 juin 2010