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La politique est morte, vive la « boulitik »…

Auteur : Fahd Yata

La scène politique nationale est passablement perturbée ces dernières semaines où prévaut une ambiance particulièrement délétère. C’est, incontestablement, les suites du scrutin communal du 12 juin dernier qui sont à l’origine de cette atmosphère et, surtout, des « coups tordus » qui émaillent depuis le quotidien des citoyens. Il serait, d’ailleurs, fastidieux de tous les énumérer, et l’on se contentera des principaux constats.
Violant tous les principes antérieurs, les professions de foi, les discours et autres promesses, les partis politiques nationaux, dans leur écrasante majorité, ont fait montre d’un lamentable opportunisme lors du «second tour» des communales dédié à la désignation des conseils communaux et municipaux. Les micmacs auxquels se sont livrés l’USFP, le PJD, le PAM, l’UC, le PPS, le MP ou le PI pour obtenir des présidences ou participer à des «coalitions gagnantes», notamment dans les grandes villes, ont porté la notion d’alliance à son niveau le plus trivial, le plus bas, le plus révélateur également de l’arrivisme forcené d’élus pour qui l’étiquette politique n’est rien d’autre qu’un simple moyen d’assouvir des ambitions personnelles. Les forces politiques, dans la course à la représentativité, ont bu la coupe jusqu’à la lie, au point où un fort sentiment d’incompréhension teinté d’écœurement caractérise désormais nombre de citoyens qui considèrent, à juste titre, que les élus ont détourné leurs votes et volé leurs voix ! Ce jugement sévère porté sur les forces partisanes se retrouvera certainement dans le fort taux d’abstention que connaîtront les élections législatives en 2012…
Casablanca, Agadir, Rabat, Oujda ont été les lieux d’incroyables mises en scène, de «mariages» contre nature, de deals qui auraient fait rougir les plus éprouvés des militants politiques de «l’ancienne ère» qui n’ont jamais confondu compromis et compromission. Mais c’est à Marrakech que le sommet du ridicule et de la manipulation ont été atteints où l’élection de Mme la Maire a été invalidée par des juges sur la base de la présentation d’un (1) bulletin de vote trouvé dans une poubelle. Car, c’est bien connu, il y a des militants politiques, comme les chiens errants, qui font les poubelles au soir des scrutins ! Le Wali Mounir Chraïbi, au bilan pourtant largement positif pour la ville ocre, en aura fait les frais.
De la guerre ouverte entre le PAM et le PJD, (ce que l’on pressentait depuis longtemps quand d’autres croyaient à la lune de miel entre ces deux forces antagonistes), à l’arrimage d’une Union Socialiste en état de coma électoral avancé au char islamiste, (grâce à des idéologues de la trempe de Driss Lachgar), au naufrage définitif du PPS englouti du fait de l’opprobre suscitée par l’usage de son «porte-voix» Al Bayane à des fins personnelles, (n’est-ce pas camarade El Karch ?), au Parti de l’Istiqlal qui prie Dieu chaque jour pour que Si Abbas aille au bout de ses peines (en 2012 ?), au RNI qui subodore que le Tracteur souhaiterait fortement «se payer» la Colombe, au MP qui se verrait bien de retour au bercail, (c’est-à-dire au gouvernement), même pour des chrysanthèmes au nom du principe «qu’importe l’être, l’essentiel est de paraître», la scène politique marocaine offre un spectacle lamentable, désolant, sans doute unique depuis l’Indépendance…
Et s’il est dans l’air du temps de constater les multiples avancées que le Royaume a connues sur les plans économique et social depuis le début du règne de SM Mohammed VI, force est de remarquer qu’à la veille de la Fête du Trône, le système politique, dévoyé par des acteurs des plus médiocres, est marqué par un tel recul que certains, pourtant bien pensants, n’hésitent plus à évoquer un retour au «dirigisme makhzénien» d’antan.
À Dieu ne plaise…


 

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