Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Actualité
La Presse au Maghreb : “Le Maroc est en avance”

Auteur : Propos recueillis par Rachid Hallaouy
Publier le : May 12, 2008

La Nouvelle Tribune : L’édition 2008 de la journée mondiale du journaliste a été organisée au Maroc. Est-ce un choix qui répond à des circonstances particulières?
Saïd Essoulami : Non. Le Maroc est un pays ouvert ou chacun peut venir. La Tunisie, l’Algérie ou la Libye ne sont pas très favorables à ce genre de manifestations. Le Royaume est un pays ou les journalistes peuvent s’exprimer librement sur les affaires qui les concernent sans peur d’être arrêté ou de s’autocensurer. Voila pourquoi le choix du Maroc.

La thématique semble faire apparaître que la presse est sous pression au Maroc? Vous partagez cet état de fait?
Le thème général du séminaire était de réfléchir sur des stratégies pour soutenir la liberté de la presse dans chaque pays de l’Afrique du Nord. Au Maroc, la presse souffre essentiellement de la justice qui n’est pas indépendante. On a vu comment les juges politisent les cas de presse en condamnant les journalistes à des peines de prisons où à des amendes colossales. Les juges subissent de nombreuses pressions et il a été question de mener des plaidoyers envers les institutions qui font pression sur les juges, et bien sûr de continuer à faire pression sur le gouvernement pour la libération du journaliste Moustafa Rahmat Allah, journaliste à Al Watan al-An, ainsi que la poursuite du dialogue avec le gouvernement dans le cadre de la réforme du code de la presse. 

Quelles sont les formes de pression dénoncée par la presse nationale ?
Il y a des formes de pressions comme les attaques physiques que subissent les journalistes lors des couvertures des manifestations publiques, des pressions économiques avec, par exemple, l’attitude de certains annonceurs publics ou privés qui refusent d’acheter des espaces publicitaires.  La pression politique et celle exercée par le gouvernement sur les journalistes par l’usage du droit et le  code d’éthique qui d’ailleurs n’existe pas au Maroc, et le plus grave, la rétention de l’information par l’administration marocaine.
Pour d’autres pays, en particulier la Tunisie et la Libye, nous avons réfléchi sur le besoin de faire le bilan des actions menées pour la défense de la liberté de la presse. Malheureusement, ces actions à l’échelle internationale, régionale et nationale n’ont pas abouti.  Nous avons également proposé  que soient inventés de nouveaux moyens de plaidoyers beaucoup plus effectifs et de mener de formations appropriées pour les défenseurs de la liberté de la presse.         

Que faut-il retenir des débats et des travaux qui se sont déroulés durant deux jours?
Qu’il n’est pas possible actuellement de créer un réseau régional de défense de la liberté de la presse, car des pays travaillant dans ce domaine comme l’Algérie, la Tunisie ou la Libye ne peuvent pas travailler librement. Que les défenseurs de la liberté de la presse doivent inventer de nouvelles méthodes de défense et de protestation en s’inspirant des pays d’Amérique du Sud et d’Europe de l’Est. Et que les institutions internationales sortent de leur timidité et qu’elles exigent clairement dans leurs programmes de partenariat avec ces pays, le respect de la liberté d’expression et de la presse.

Où se situez-vous le Maroc par rapport à ses voisins tunisien, algérien ou encore égyptien?
Le plaidoyer pour la liberté de la presse est en avance au Maroc par rapport aux autres pays. Les dossiers sont bien connus, et un dialogue entre le gouvernement et les journalistes est en cours même s’il est bloqué par rapport à la question des peines d’emprisonnement et la question de la protection du « sacré » contre la critique. Le travail que notre centre a initié sur le droit d’accès à l’information est maintenant bien copris par la société civile et le gouvernement. Il y’a de plus en plus d’associations qui se mobilisent sur cette question. Deux choses encore ont peine à faire passer, le droit des radios associatives à exister et l’éducation des citoyens et surtout les jeunes aux médias pour comprendre leurs messages et éviter d’être victimes de la manipulation.


 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com