La Nouvelle Tribune
jeudi 9 septembre 2010

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Accueil du site > ACTUALITÉS > L’edito > La peur au ventre change de camp…

C’est une très forte secousse qui a affecté la bonne ville d’Al Hoceima la semaine passée. Mais pour cette fois-ci, elle n’était pas d’origine tellurique, (ce qui s’est déjà produit en cette région), mais Royale. Sur instructions du Souverain, après des enquêtes consécutives à de nombreuses plaintes émanant de citoyens de ladite ville, toute une fournée de responsables en charge de l’administration territoriale a été débarquée, démise de ses fonctions, en deux temps trois mouvements, avant que le Ministre de l’Intérieur ne se rende sur place pour expliquer la portée de cette décision aussi radicale que salutaire. Ce coup de balai royal a provoqué, après quelques instants de stupeur, un immense sentiment de satisfaction non seulement dans la province d’Al Hoceima, mais dans tout le pays. En effet, dans l’échelle des reproches faits par les citoyens marocains à l’appareil administratif public, cette ville et sa région n’étaient pas particulièrement plus connues que les autres places pour l’incurie de leurs responsables, la corruption qui y sévissait ou la prolifération des logements clandestins. C’est plutôt la radicalité de la mesure, son exemplarité et le fait qu’elle vient étancher une très profonde soif de justice citoyenne qui ont entrainé cette approbation populaire massive que l’on perçoit depuis dans le discours quotidien des gens. Le Marocain, grâce au tsunami administratif d’Al Hoceima, a clairement la perception que SM le Roi a pris la bonne décision et qu’elle aura un effet dissuasif sur l’ensemble des autres agents et responsables des diverses articulations territoriales du Royaume. Ces deniers, il faut le dire, n’appliquent toujours pas avec la diligence voulue les principes énoncés en octobre 1999 sur les rapports d’un genre nouveau qui devaient s’instaurer entre les administrés et l’Administration et il suffit d’aller « au contact » du caïd, voire du « simple » moqadem pour s’en apercevoir très rapidement ! Le nouveau concept d’autorité, en fait, n’est pas appliqué dans la grande majorité des cas et le citoyen lambda a trop souvent le sentiment que « l’Autorité », lorsqu’elle est interpellée pour une action entrant dans ses prérogatives normales, ne « condescend » à quitter son piédestal qu’après moult sollicitations, « incitations », marquant par le retard, la morgue, la brutalité oratoire parfois, la nature et l’étendue du pouvoir dont elle est investie et la faveur qu’elle fait au citoyen, lequel, pauvre hère, n’a pourtant fait que demander son dû ! Al Hoceima est donc la preuve que les choses peuvent se passer autrement, et DOIVENT se passer autrement. La place lamentable du Maroc dans tous les indicateurs mondiaux sur la corruption est largement corrélative à la qualité de l’encadrement administratif global et SM le Roi vient de nous montrer que le sommet de l’Etat en avait pleinement conscience ! L’épée de Damoclès, voilà ce qui joue désormais pour les « braves » agents d’autorité, quelle que soit leur responsabilité dans la chaîne de commandement, susceptibles d’être virés en cas de plaintes citoyennes. Le Marocain, de son côté, sait aujourd’hui que ses doléances peuvent être suivies d’effets salutaires, ce qui l’engagera sans doute, à accomplir ce devoir citoyen. Merci Majesté de Votre décision salvatrice. La peur au ventre vient de changer de camp !

Fahd YATA

jeudi 29 juillet 2010

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