| | Articles » Actualité | | L'interdiction de la burqa : Foire d'empoigne à l'UMP |
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Auteur : AP
Difficile de s'y retrouver tant la cacophonie règne sur cette question au sein de la majorité. Le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, Jean-François Copé, a donc présenté un projet de résolution et une proposition de loi interdisant en France le port de la burqa. Les textes seront prochainement déposés afin d'être examinés en séance publique fin mars, a-t-il précisé en rendant compte de la réunion hebdomadaire des députés UMP. L'article 1er de la proposition de loi de Jean-François Copé stipule que "nul ne peut, dans les lieux ouverts au public et sur la voie publique, porter une tenue ou un accessoire ayant pour effet de dissimuler son visage, sauf motifs légitimes précisés par décret en Conseil d'Etat".
Le texte prévoit une amende de 750 euros pour les contrevenants
Le Premier ministre François Fillon s'est rallié à cette initiative, mais beaucoup dans la majorité soupçonnent le Président du groupe parlementaire de jouer sa carte personnelle sur la question symbolique du voile intégral en poussant l'idée d'une loi sans attendre les conclusions de la mission parlementaire attendues à la fin du mois. "Essayons d'avoir une position qui dépasse les clivages politiques et puis surtout que personne ne fasse d'opération d'auto promotion personnelle", a même déclaré sur RTL Laurent Wauquiez, le secrétaire d'État à l'Emploi lançant une pique contre Jean-François Copé. Le porte-parole de l'UMP Dominique Paillé est encore plus clair et accuse Copé de « jouer perso », ce qui provoque également le mécontentement de Bernard Accoyer, le président (UMP) de l'Assemblée Nationale. "Sur les questions de société, il est souhaitable, et c'est la tradition ici, déclare-t-il, qu'on trouve des solutions partagées entre les différents groupes politiques. Ce n'est pas un problème entre la droite et la gauche". Cette querelle se développe sur fond de relation tendue entre Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé qui ne manque pas une occasion d'affirmer son indépendance. Le président français se serait prononcé contre une loi sur ce sujet, selon des participants à une réunion entre Nicolas Sarkozy et les députés UMP. Mais, au-delà de ces rivalités politiques, presque tous sont unanimes à reconnaître la difficulté de légiférer sur une question, au demeurant très marginale dans la société française, qui est loin d'être une préoccupation majeure de l'opinion publique et qui touche aux libertés fondamentales. Cette loi devra en effet pouvoir passer la rampe du Conseil Constitutionnel ou de la Cour Européenne des Droits de l'Homme. C'est loin d'être acquis pour le texte de Jean-François Copé. Beaucoup considèrent qu'un échec juridique ne ferait que renforcer la position des intégristes.
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