Auteur : M.D. Publier le : May 12, 2008
La LOA (Location avec Option d’Achat), qui a fait couler beaucoup d’encre au cours de ces deux dernières années suite aux nouvelles dispositions fiscales intervenues dans les lois de finances 2007 et 2008, continue à être le moteur incontesté de la dynamique que connaît la distribution d’automobiles au Maroc. Ainsi, et dans le sillage de l’année 2007, le premier trimestre 2008 a vu les ventes de véhicules neuves progresser de 20 % à 23 189 unités, par rapport à la même période de l’année 2007. Derrière cette embellie, il y a bien évidemment l’effet de la panoplie d’instruments de financement automobile existant sur le marché et parmi lesquels figure en tête la LOA. Depuis son apparition sur le marché, cet instrument est devenu la panacée pour les particuliers qui souhaitent acquérir un véhicule neuf du fait de sa souplesse et surtout des conditions avantageuses qu’il offre. Pour note, la LOA est un instrument de crédit qui permet à un client de financer l’achat de son véhicule moyennant le paiement de loyers mensuels. Généralement, le financement porte généralement sur au plus 75 % du prix du véhicule, le reste devant être apporté sous forme d’avance. La durée du crédit varie habituellement entre 3 et 5 ans. Au terme de cette période, le client s’acquitte de la «valeur résiduelle» dont le montant est fixé lors de l’établissement du contrat pour devenir propriétaire du véhicule. Selon les estimations de l’Association des importateurs de véhicules automobiles au Maroc (AIVAM), la LOA est le mode de financement le plus usité par les clients pour l’acquisition d’un véhicule neuf. A elle seule, la LOA a servi au financement de plus de 80 % des acquisitions de voitures neuves sur le marché en 2007. Pour rappel, ces ventes ont atteint plus de 100 300 unités. C’est dire que la LOA a fortement contribué au rajeunissement du parc automobile en permettant aux couches moyennes de pouvoir acquérir un véhicule avec beaucoup plus de facilités et à un coût plus compétitif par rapport à l’offre classique bancaire ou au crédit à la consommation. Pour rappel, l’encours de la LOA avait progressé de 23,5 % en 2007 pour ressortir à 6,43 milliards de dirhams. Toutefois, avec la taxation au taux normal de 20 % des opérations de leasing dans le cadre de l’uniformisation des taux applicables en amont et en aval en vue de supprimer le butoir, beaucoup d’observateurs tablaient sur un ralentissement manifeste du financement automobile par la LOA qui perdait une partie de son attrait par rapport aux autres instruments de financement. Certes, avec la disparition de l’avantage fiscal, les sociétés du secteur se sont retrouvées face à une concurrence acharnée des sociétés de crédits à la consommation, mais surtout des banques, qui, croulant sur des ressources importantes et bon marché, offrent des crédits non affectés à des taux très bas et pour des montants très élevés. Toutefois, les opérateurs ont réagi en grignotant, quand c’est possible, sur le prix d’acquisition des véhicules, en accord avec les concessionnaires, et en améliorant la qualité de leur offre. C’est ainsi que de plus en plus d’opérateurs offrent des financements à 100 % pour attirer une catégorie de clientèle qui a du mal à épargner des montants parfois importants exigés sous forme d’apports. Reste que si la LOA se maintient, d’après les opérateurs du secteur, elle a perdu une partie de sa splendeur. En effet, «la LOA n’est plus avantageuse que pour le financement des véhicules neufs d’un prix inférieur à 200 000 dirhams», souligne un opérateur. On comprend ainsi aisément la dynamique que continue à avoir la LOA dopée par le boom des voitures économiques montées localement et de l’arrivée sur le marché de voitures asiatiques à bon marché. En se référant aux statistiques fournies par l’AIVAM, plus de 70 % des véhicules vendus sur le marché au premier trimestre 2008 sont d’un prix inférieur à 200 000 dirhams l’unité. En clair, si la LOA continue à être profitable pour les financements inférieurs à 200 000 dirhams, elle perd un peu de sa superbe en se délestant d’une partie de sa clientèle la plus solvable.
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