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Green IT ou IT for Green : les TIC au service de l’environnement

Auteur : Propos recueillis par Karim Dronet

La Nouvelle Tribune : Ce salon MED IT a été l’occasion pour beaucoup de découvrir de nouveaux concepts concernant les technologies de l’information. Aujourd’hui, on parle ainsi de Green-IT ou de IT for Green. De quoi s’agit-il ?
Adrien Porcheron : Le Green IT est parti d’un concept marketing qui consistait à faire de l’informatique verte. En fait, ce sont les constructeurs qui ont voulu améliorer leur image en apportant leur contribution à la protection de l’environnement dans le cadre de la conception de leurs matériels informatiques. Puis, au fil de l’eau, cela est devenu une réalité économique et un véritable enjeu de développement et d’innovation pour les entreprises. Le Green IT est ainsi l’association du développement durable et du système d’information. C’est comment réduire l’empreinte carbone mondiale, la consommation énergétique des ordinateurs et des systèmes d’information.
Dans le Green IT, il s’agit de rendre plus « vert » le système d’information d’une entreprise et, dans le IT for Green, c’est comment utiliser l’informatique comme un levier au quotidien pour contribuer à faire baisser l’empreinte carbone. Dans le IT for Green, on va faire appel, par exemple, à des technologies comme la visio-conférence, la télé-présence ou les sites de co-voiturage, c'est-à-dire utiliser le Web comme une source d’information et de communication pour limiter les déplacements en avion ou en voiture. On voit aussi apparaître des notions comme le smart building qui consiste à utiliser l’informatique pour réduire l’empreinte carbone et pour mieux gérer la consommation énergétique.
Les constructeurs ont aussi aujourd’hui une démarche d’éco-conception qui consiste à travailler sur la réduction des produits toxiques dans la conception des matériels informatiques. Il y a aussi la gestion de la durée de vie de ces équipements qui consiste à prolonger la durée de vie des matériels informatiques, la gestion des emballages et du recyclage. On travaille aussi sur une meilleure gestion énergétique de certains composants comme les disques durs, les processeurs, les cartes mères. Le problème réside aujourd’hui dans le fait que les constructeurs ont construit leur business modèle sur un système qui prévoit le renouvellement des machines alors que, dans le Green IT, on casse ce modèle économique en cherchant, au contraire, à prolonger la durée de vie des produits. Il y a un nouveau virage à prendre pour les constructeurs qui devront demain faire face à des taxes carbone et à une fiscalité liée à la protection de l’environnement.

L’utilisation des nouveaux outils de communication comme le mobile peuvent-ils aussi contribuer à réduire l’empreinte carbone ?
En réalité, l’émergence de l’Internet et de la mobilité contribuent à faire grossir les systèmes d’information et à accroître le bilan carbone qui est déjà assez pesant. Aujourd’hui, cela représente 2% de la consommation mondiale des gaz à effet de serre, mais en 2015 on l’estime à 4%. Cette évolution va avoir une tendance exponentielle dans les prochaines années. En revanche, on est capable de maîtriser un certain nombre de champs d’action. On a présenté, par exemple, l’urbanisation des data centers dans le but de rationaliser, de consolider, les serveurs pour utiliser au maximum les ressources. Il y a aussi à travers la mobilité la possibilité d’avoir un seul poste de travail, que l’on peut utiliser aussi bien au bureau qu’à la maison, permettant de faire appel à des technologies de virtualisation des applications pour accéder, où que l’on soit, à son environnement de travail.

Pour les entreprises qui optent pour cette démarche verte, il y a aujourd’hui un véritable retour sur investissement ?
Tout à fait. On a aujourd’hui dépassé le stade du concept et nous avons beaucoup travaillé pour l’évangélisation du Green IT dans le but de montrer que l’on était capable d’associer gains économiques avec gains environnementaux. Il y a un véritable retour sur investissement lorsque l’on est capable d’identifier les leviers et que l’on établit ensuite des études d’opportunités. Il faut mettre en place un schéma directeur pour identifier ces notions de développement durable et ensuite regarder comment on peut faire une étude de coûts.

Le Maroc vient de dévoiler son plan stratégique pour le développement de la société de l’information et des technologies de l’information. Mais ce plan n’évoque pas le Green IT. Qu’en pensez-vous ?
Effectivement, je pense que c’est un plan ambitieux et que le Maroc a besoin, s’il veut continuer à attirer des investisseurs, notamment dans le outsourcing, d’intégrer l’aspect Green IT dans le développement durable. Cela aura un impact beaucoup plus positif dans la mise en place de cette stratégie et contribuera à accentuer les efforts du Maroc sur la scène internationale de la politique environnementale.



Biographie de M. Adrien Porcheron
Adrien Porcheron est diplômé entre autres de l'EM Lyon. Il travaille depuis 2000 dans des sociétés de services et conseil, plus particulièrement dans le domaine de la virtualisation et en systèmes/ réseaux. Auteur du livre « Green IT, les meilleures pratiques pour une informatique verte », aux éditions Dunod. Ses principaux domaines d'intervention : la gestion de projets Green IT, spécialiste en infrastructures, conception de méthodologies et de guides de bonnes pratiques, animateur de conférences et de formations Green IT


 

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