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Etudes & Recherche : La production domestique de pâte à papier est fragile, selon BMCE Capital

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Le secteur du papier et carton est fortement concentré entre les mains d’une dizaine d’opérateurs qui assurent plus de 65 % de la production domestique du Royaume. Avec un chiffre d’affaires de 4,8 milliards de dirhams en 2003, l’industrie du papier et carton est dominée par le Groupe CMCP et Cellulose du Maroc qui assurent à elles seules environ 45% de la production totale du secteur. Selon les analystes de BMCE Capital, “ce mouvement de concentration ira en s’amplifiant avec la volonté du Groupe CMCP (Carsud et Ondumar) de développer son activité aussi bien en interne avec l’ouverture de nouvelles lignes de production qu’en externe avec une série d’acquisitions”.
A noter que Cellulose du Maroc est l’unique entreprise qui produit de la pâte à papier à fibres courtes utile à la préparation de papier d’impression et d’écriture. Or, les besoins domestiques sont majoritairement constitués de pâte à fibres longues, entrant dans la fabrication de papiers résistants. Face à cette situation, les vieux papiers, dont la consommation est estimée à 135 000 tonnes, constituent la principale source de matière de base pour la production de papiers, à côté des pâtes importées. Six unités assurent la totalité de la fabrication de cette matière première pour une production de 193 500 tonnes en 2002 alors que les besoins sont évalués à 400 000 tonnes. Pour compenser l’absence de fabrication domestique de certains produits papier et carton, les entreprises marocaines ont recours aux différents marchés extérieurs. Ces importations ont totalisé un volume de près de 2,6 milliards de dirhams. Les importations concernent essentiellement les produits finis (livres et emballages en papier carton), tandis que les importations de pâte à papier restent relativement limitées, représentant à peine 3% de l’ensemble des importations de la branche.   

Intégration verticale

Bien que les importations soient importantes, le Maroc exporte aussi de la pâte à papier et des produits finis en papier et carton. Toutefois, le volume de ces exportations est en baisse continue et en 2004, la balance commerciale de l’industrie du papier et carton a dégagé un déficit de 2,1 milliards de dirhams, et le taux de couverture des importations par les exportations s’est établi en 2004 à 22 %. Le faible niveau de consommation domestique de papier et carton évalué à 14,7 kg par habitant et par an, contre 35 kg dans des pays à niveau de développement similaire, est avancée comme principal facteur empêchant la rationalisation et l’optimisation de la production. Du coup, les acteurs du marché optent pour une offre diversifiée au détriment d’une spécialisation efficiente. Pour parer au manque de compétitivité du secteur, certains acteurs ont opté pour une stratégie verticale. C’est le cas notamment du Groupe CMCP, qui, à la suite de plusieurs opérations de fusions-acquisitions impliquant CMCP, Finapack (Carsud et Ondumar), Ogden Maghreb et Shems, a mis en place un modèle d’intégration vertical permettant au groupe d’assurer l’approvisionnement des cartonneries Carsud et Ondumar par la papeterie de CMCP Kenitra.
Notons que le secteur du papier et carton n’est pas à l’écart des grands mouvements de restructuration à l’échelle mondiale. Ainsi, en septembre 2005, les actionnaires du groupe CMCP, leader du marché local, ont cédé 65 % du capital de la société au leader mondial de l’industrie papetière, International Paper, qui souhaitait se renforcer au niveau de l’activité de l’emballage en carton ondulé et consolider sa position dans le segment de conditionnement de fruits et légumes. Par ailleurs, Cellulose du Maroc, qui réalise environ 80 % de son chiffre d’affaires à l’export, s’est engagé en 1996 dans un processus d’intégration verticale en acquérant Papelera de Tetouan. Cela n’a pas empêché la société de traverser une période difficile suite à la chute des cours de la pâte à papier sur le marché international et le renchérissement des matières premières. Pour faire face à cette situation, un plan de restructuration piloté par la CDG a été mis en place et devrait porter ses fruits dès cette année.

Mise à niveau

Selon les analystes de BMCE Capital, “les perspectives de développement du marché marocain sont plus que prometteuses sur le moyen et long terme”. L’industrie offre un potentiel de développement intéressant compte tenu du niveau de consommation annuel de papier, évalué à 14,7 kg/habitant, contre 35 Kg/habitant en Tunisie et en Turquie. Elle doit capitaliser sur de nouveaux produits pour tirer profit de la croissance attendue des exportations textiles et agro-alimentaires du fait d’une utilisation importante de sacs et emballages pour le transport et diversifier ses régions d’exportation. En plus, le démantèlement tarifaire et la suppression des droits de douane sur les intrants à l’horizon 2012, devrait diminuer les prix de revient de plus de 20 % et améliorer par la même occasion la compétitivité du secteur tant sur le marché national qu’international, sachant que la taxation de la matière première importée entrant dans la fabrication domestique de produits transformés peut aller jusqu’à 50%. Reste qu’afin de profiter au mieux des opportunités, “l’industrie marocaine du papier carton doit procéder à une mise à niveau sur tous les plans –managérial, organisationnel, technologique, humain et commercial- afin de relever les défis de l’ouverture des frontières et de la croissance des activités papetières”, avancent les analystes. Par ailleurs, bien que certains groupes aient déjà entamé des efforts importants pour améliorer leur compétitivité pour faire face à l’ouverture commerciale née de la multiplication des accords de libre-échange, il n’en demeure pas moins que “de nombreux produits, tels la papeterie scolaire, ont un avenir plus qu’incertain”, soulignent les rédacteurs de la note de recherche. De même, “du fait d’une multiplicité des petites structures, loin d’une taille critique qui leur permettrait d’opérer à un niveau optimal, l’industrie du papier carton marocaine va s’engager dans des mouvements de rationalisation, se traduisant par une multiplication des partenariats et des acquisitions, mais aussi, des fermetures d’entreprises”, pronostiquent les analystes de BMCE Capital.

M.D.



 

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