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Entretien avec M. Gérard Rimpot, Directeur Général Adjoint D’EQDOM : “Le crédit à la consommation progresse très rapidement” Dos

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La Nouvelle Tribune : Eqdom est la filiale de crédit à la consommation du Groupe Société Générale au Maroc.
Quel est le nouveau visage d’Eqdom depuis que le Groupe Société Générale en a pris le contrôle  ?
M. Gérard Rimpot :
Le groupe SG a créé un holding, SGCF, Société Générale Consumer Finance, qui a pour vocation d’assurer la coordination du développement international dans les sociétés de crédit à la consommation de divers pays en participant à leur capital. Eqdom est détenue par la SGMB à hauteur de 18,67% et par SGCF à hauteur de 34,95%.
Franfinance, la filiale française du groupe spécialisée en crédit à la consommation en France, du fait de son expérience, apporte le soutien logistique et son savoir faire à Eqdom. M. Jean-François Vilain, Président Directeur Général d’Eqdom et de Franfinance est également Directeur Général de SGCF

Qu’est devenu l’actionnariat marocain d’EQDOM ?
Ce sont les mêmes institutionnels qu’avant l’arrivée du Groupe SG, c’est-à-dire la CNIA avec 5%, la CDG 9%, la Caisse Centrale de Réassurance 5%, la CIMR 6%, et, rappelons-le, un flottant de 22 % en bourse.

Les opérateurs français du crédit à la consommation dominent aujourd’hui le marché marocain ?
Sans doute, mais nous ne sommes pas arrivés les premiers sur le marché marocain du crédit à la consommation. Eqdom existe depuis trente et un ans, mais le Groupe SG n’est entré dans son capital qu’en 2002. CETELEM opérait au Maroc auparavant avec la BCM et Sofinco était partenaire de Wafasalaf.

Comment appréciez-vous l’évolution du marché marocain du crédit à la consommation ?
Le phénomène de concentration a réduit le nombre des intervenants. Il y a eu l’absorption d’un certain nombre de sociétés et en conséquence la disparition de certains opérateurs comme Crédor, Sogécrédit. Désormais Wafasalaf, Eqdom représentent environ 60 % du marché et les 40 % restant se répartissent entre une vingtaine d’établissements.
L’autre constat est que la plupart des grands opérateurs sont systématiquement adossés à des groupes bancaires en rappelant que Assalaf Chaabi est adossé au groupe Banque Populaire, Sofac à la CDG, Salafin à la BMCE, Cetelem au Groupe BNP Paribas,

Quelle est la place des opérateurs du crédit à la consommation que l’on dit indépendants ?
Il est clair que les "indépendants" vivent une situation difficile et qu’à moyen terme, il se pourrait qu’un nouveau phénomène de concentration intervienne. Le risque, le coût de refinancement et la marge sont trois éléments qui impacteront de plus en plus négativement les établissements de crédit à la consommation opérant sans le soutien d’institutions financières ou bancaires.
En effet, ils sont confrontés à un TMIC en baisse systématique et ils doivent faire face à un taux de refinancement bien évidemment supérieur à celui des établissements adossés à des banques.

En tant qu’opérateur étranger, pouvez-vous nous dire si les normes locales du secteur du crédit à la consommation sont au niveau international, ou restent-elles spécifiques au marché marocain ?
Le Maroc est très proche des normes internationales et il n’y a pas de failles majeures. L’organisation professionnelle est similaire à celle que l’on trouve en Europe. Tous les établissements de crédit à la consommation sont regroupés au sein de l’APSF, Association Professionnelle des Sociétés de Financement. Celle-ci assure aux consommateurs une organisation, un mode de fonctionnement et une transparence qui ne sont pas contestables.
De plus, Bank Al-Maghrib est comparable aux banques centrales européennes et intervient régulièrement pour assurer le contrôle des établissements de crédit et réglementer la profession.

Au-delà des règles prudentielles d’ordre financier, BAM veut notamment mettre en place une réglementation de protection du consommateur, qu’en pensez-vous ?
En effet, la banque centrale travaille actuellement sur le grand chantier de la protection des consommateurs. Le projet de code de protection du consommateur est à l’étude et devrait raisonnablement être adopté en 2006, ou au plus tard en 2007.
Parmi les mesures attendues, un taux d’endettement maximum ou un reste à vivre sera déterminé. Mais, il restera à définir les moyens de contrôle de l’endettement des clients qui en découle.
Aujourd’hui, cela est extrêmement difficile sachant que 20 % seulement de la population sont bancarisés. Il existe, certes, le fichier SAAR, "système d’aide à l’appréciation du risque", mis en place par l’APSF, qui est alimenté par tous les établissements de la place et qui nous permet de connaître les clients qui ont eu des incidents de paiement, mais il ne permet pas d’appréhender le niveau d’endettement du client.

Sur cette base comment BAM pourra-t-elle imposer un taux maximum d’endettement ?
Le projet en question est à l’étude avec les autorités compétentes et d’autres intervenants, dont notre Association, l’APSF. Le processus même de concertation et de dialogue permettra, sans nul doute, d’arriver à une démarche adaptée aux contraintes du marché et qui répondra aux besoins des intervenants. Il faudra effectivement aller vers plus de protection du consommateur tout en disposant en même temps d’un niveau d’informations cohérent, compte tenu de ce qui est disponible sur le marché.

Que pensez-vous de cette mesure de sécurisation de l’endettement personnel au Maroc ?
Je ne suis pas certain que le seul taux d’endettement maximal suffise pour contrôler effectivement la capacité de remboursement d’un consommateur. Il faut l’apprécier en fonction du niveau du salaire. Par exemple, 40 % de taux d’endettement pour un salaire égal ou supérieur à 40.000 dirhams, cela n’est pas significatif. Car, au-delà des 40 %, il reste un montant relativement important pour vivre.
Par contre, 40 % de 4.000 dirhams, peuvent être un taux élevé.
Voilà pourquoi nous préférons la notion de "reste à vivre". Globalement, nous raisonnons plutôt en fonction de ce concept qu’en fonction d’un pourcentage.
Car le surendettement n’est rien d’autre que l’appréciation d’un risque par rapport à l’information transmise.

Comment voyez-vous l’avenir du marché du crédit à la consommation au Maroc?
Le crédit à la consommation progresse de façon extrêmement rapide. Il est amené surtout à se diversifier. Le meilleur exemple est aujourd’hui la location avec option d’achat pour un véhicule de tourisme. La "LOA" connaît une évolution très rapide, avec une croissance à deux chiffres entre 20% et 25 % l’an. La LOA c’est l’équivalent du leasing sachant que les sociétés de leasing travaillent avec les entreprises et les sociétés de crédit à la consommation avec les particuliers.
L’APSF souhaite que les champs d’intervention de ces deux types d’établissements de crédit soient bien délimités. Il s’agira d’établir la césure nette entre les sociétés de leasing qui s’adressent aux entreprises et les sociétés de crédit à la consommation qui traitent avec les particuliers.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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