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Investissements touristiques : Les investisseurs appelés à la rescousse de la “Vision 2010”

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“Vous êtes la clé du succès de la Vision 2010”, a lancé M. Adil Douiri, ministre du Tourisme de l’Artisanat et de l’Économie Sociale, au gotha de dirigeants de banques commerciales et d’affaires, de sociétés d’intermédiations, de caisses de retraites, de compagnies d’assurance et d’opérateurs économiques, lors d’une rencontre portant sur: “Les opportunités d’investissements financiers dans le cadre de la Vision 2010”. Rappelant que le secteur touristique est érigé par le Royaume en stratégie nationale de développement avec des moyens et objectifs affichés clairement dans le cadre de la stratégie “Vision 2010”, le ministre est revenu longuement sur les grands chantiers de cette politique qui doit se traduire par la mise en place de 160 000 lits additionnels pour accueillir 10 millions de touristes en 2010. Pour y arriver, trois produits ont été créés. Le premier, de loin le plus connu, est le Plan Azur qui s’est matérialisé par la création de six stations balnéaires - Saadia (Berkane), Lixus (Larache), Mazagan (El Jadida), Mogador (Essaouira), Taghazout (Agadir) et Plage Blanche (Guelmim)- et devrait permettre la création de 85 000 lits d’ici 2010. Le second, le Plan Mada’In, Programme de Développement Régionaux Touristiques, qui concernent presque toutes les grandes destinations du Royaume (Marrakech, Agadir, Fès, Casablanca, Tanger, etc.) devrait contribuer à une augmentation des capacités d’accueil de 75 000 lits. En plus des produits, la forte progression du budget de l’ONMT qui devrait atteindre 650 MDH en 2007 et la synchronisation d’un certain nombre de chantiers (“Open Sky”, création d’une compagnie low cost et la formation de 70 000 personnes) devraient contribuer à la réalisation des objectifs assignés à la “Vision 2010”.

40 à 50 hôtels/an!

Seulement, pour réaliser les buts fixés dans le cadre de la Vision 2010, il faut que tous les acteurs de la chaîne de valeur jouent le jeu. Ce qui ne semble pas être le cas aujourd’hui. Si l’Etat et les aménageurs développeurs privés s’acquittent convenablement de leurs tâches, ce n’est pas encore le cas pour les investisseurs institutionnels ou privés. Si certains institutionnels (CMKD, Risma, Sogatour, Somed, etc.) et des investisseurs privés et groupes familiaux (Marrach, Taarji, Kabbaj, Chaâbi, etc.) continuent d’investir dans le secteur, “le nombre d’investisseurs qui achètent des terrains et construisent des hôtels est encore très faible”, fait remarquer M. Adil Douiri, avant d’ajouter que “la Vision 2010 est dans une phase critique (…), et que “le rythme de vente des nouveaux terrains conditionne l’exécution de plan Vision 2010”. Tout en reconnaissant que des progrès indéniables ont été réalisés, avec notamment le passage du rythme de création de nouvelles capacités de 1 500 lits/an en moyenne durant la période 1996-2000 à 7 500 lits/an entre 2000 et 2005, le ministre met l’accent sur l’urgence “de doubler le rythme de création de nouvelles capacités et passer ainsi de 7 500 lits/an à 15 000 lits/an (…), sinon changeons le nom de la “Vision 2010” en “Vision 2017!”. En clair, il faut créer entre 40 et 50 unités hôtelières par an. Les investissements hôteliers étant très capitalistiques, le ministre chiffre l’enveloppe financière entre 4 et 5 milliards de dirhams par an.

TRI compris entre 11% et 16 %

Si les banquiers se sont engagés à financer la moitié du programme, il n’en demeure pas moins que l’apport en fonds propres des propriétaires de terrains et constructeurs d’hôtels pose problème. Du coup, les banquiers sont appelés à la rescousse et passent du statut de prêteurs à celui d’investisseurs. “J’encourage les banquiers et les intermédiaires à gagner de l’argent en créant des sociétés qui vont acheter des terrains, y construire des hôtels et les louer”, lança t-il à l’assistance avant d’ajouter, “vous êtes la clé du succès de la Vision 2010”. Mieux, il avance même quelques pistes de montages financiers pouvant être développés par les opérateurs présents dont la création de fonds d’investissement, la cotation en Bourse de projets naissants, etc. A ce titre, Madame Dounia Tâarji, Directeur Général du CDVM, a souligné que le troisième compartiment de la Bourse de Casablanca est adapté au financement des projets d’infrastructures. Et les entreprises qui le souhaitent peuvent y faire appel public à l’épargne  en remplissant des conditions simplifiées dont un exercice certifié et un engagement des actionnaires majoritaires à conserver leur part dans le capital de la société introduite en Bourse pendant une période de 3 ans pour rassurer les nouveaux actionnaires. Et pour appâter davantage ses invités,  M. Youssef Benabdellah, Consultant au sein du Cabinet Valyans, est revenu sur les niveaux de rentabilité que peuvent générer les investissements touristiques. Ceux-ci varient selon que l’on opte, soit pour une gestion pour compte, soit pour une gérance libre. Dans le premier cas de figure, le taux de rentabilité interne estimé est de 16,2 % alors qu’il tourne autour de 11,5 % pour la gérance libre selon les options choisies (loyer fixe, loyer variable ou loyer mixte). Une opportunité que ne manqueront pas de saisir les banquiers qui croulent avec des excédents de liquidités. A cela, il faut ajouter les incitations qui sont accordées aux investisseurs hôteliers dont des terrains à prix plafonnés par l’État et le Fonds Hassan II, l’exonération des droits de douane, l’exonération d’impôts pour les sociétés sur le chiffre d’affaires en devises sur 5 ans et 50 % au-delà, etc.
En attendant que les banquiers, venus en nombre, se manifestent, l’année 2005 a été marquée par l’arrivée d’environ 6 millions de touristes générant 40 milliards de dirhams de recettes, devenant par la même occasion le premier contributeur à la balance des paiements.      

Moussa Diop



 

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