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Bourse de Casablanca : La place casablancaise reste attrayante et apte à résister aux chocs

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La vivacité du marché boursier se confirme de jour en jour. Les indices MASI et MADEX caracolent avec des performances annuelles respectives de +27,97 %, à 7 088,33 points, et 28,97 %, à 5 621,61 points. La capitalisation boursière a gagné environ 70 milliards en 24 séances. Face à cette flambée du marché boursier, certains n’hésitent pas à appeler à la prudence afin que cette “bulle” ne se dégonfle rapidement avec beaucoup de dégâts, comme ce fut le cas en 1998. Ce n’est pas l’avis des analystes d’Attijari Intermédiation qui soulignent que le marché affiche une base de résistance aux fortes variations.

Si dans le sillage des performances réalisées par le marché en 2005, beaucoup d’observateurs et analystes financiers de la place casablancaise tablaient sur une poursuite de la tendance haussière du marché, aucun d’eux ne pouvait par contre imaginer que les indices MASI et MADEX allaient enregistrer des performances aussi impressionnantes. En 24 séances de cotation –du 02 janvier au 07 février 2006-, les indices MASI et MADEX ont réalisé des gains annuels respectifs de +27,97 %, à 7 088,33 points, et +28,97 %, à 5 621,61 points. Du coup, la capitalisation boursière de la Bourse de Casablanca s’est appréciée d’environ 70 milliards de dirhams pour ressortir à environ 321 milliards de dirhams (07 février 2006). Toutes les valeurs de la cote ont bénéficié de ce mouvement haussier.
Derrière cette hausse, plusieurs explications sont avancées. La principale demeure tout de même, celle liée au déséquilibre entre l’offre et la demande de papiers. Dans un entretien accordé à La Nouvelle Tribune (LNT N° 484), M. Ali Lamzibri, Directeur chez Finergy, signalait que du fait “d’un déséquilibre notable entre un marché regorgeant de liquidités et une offre de papiers très insuffisante, les investisseurs disposant d’importantes liquidités se rabattent sur les actions existantes entraînant parfois des mouvements haussiers sans commune mesure avec les fondamentaux des sociétés”. Outre ce déséquilibre, les investisseurs sont également attirés par les importants rendements qu’offre le placement boursier qui est sans commune mesure avec les gains des autres instruments de placements. A ces deux explications, vient se coller également celle liée à l’anticipation des investisseurs quant aux perspectives de résultats des sociétés cotées. Après les bons résultats du premier semestre 2005, les investisseurs tablent sur un millésime 2005 excellent, et par ricochet des dividendes sonnants et trébuchants. Enfin, les investisseurs qui avaient quitté le marché suite au flou qui avait entouré la fiscalisation des plus-values des valeurs mobilières sont rapidement revenus sur le marché contribuant, rareté du papier aidant, à une tendance haussière des cours des valeurs cotées.

Capacité de résistance forte

Partant, beaucoup se demandent aujourd’hui si le marché n’a pas atteint ses limites en termes de potentiel de croissance. Si on se base sur les principaux facteurs explicatifs, on peut dire que le marché conserve encore un potentiel de croissance.  Ce que d’ailleurs confirment les analystes d’Attijari Intermédiation qui se sont penchés sur le niveau de cherté de la place.
Se référant à septembre 1998, le haut historique de l’époque à partir duquel le marché avait amorcé une crise boursière de quatre années, les analyses de la société de bourse d’Attijariwafa bank ont comparé les niveaux de valorisation du marché dans sa globalité, entre septembre 1998 et le niveau actuel du marché. Pour cela, ils ont utilisé deux approches quantitatives : P/E glissant versus inverse des Bons du Trésor de 10 ans et P/B face aux nouvelles caractéristiques du marché. Avec la première approche, les analystes constatent un renversement de “l’écart de valorisation” entre les deux marchés, action et taux. Si, “en 1998, le marché actions traitait à un niveau de P/E glissant de 22x les bénéfices tandis que l’inverse des BDT 10 ans affichait un niveau de 12x, offrant une prime de risque de 10 points, en 2006, compte tenu de la forte baisse qui a caractérisé la courbe des taux, cette prime de risque est devenue négative”. Partant, estiment les analystes, “le placement en actions à ces niveaux actuels (P/E glissant de 17,4x) est non seulement moins cher qu’il a 8 ans mais surtout plus attrayant qu’un placement en BDT (21,65x)”. Avec l’approche P/B (1 an glissant), les analystes soulignent que “si le marché traite à un niveau équivalent à celui affiché en 1998, il faudra néanmoins mettre en relief un certain nombre d’éléments”, qui ont caractérisé le marché boursier durant les 8 dernières années dont on peut citer: évolution de l’assise financière du marché, assainissement et conformité des comptes aux normes comptables aussi bien nationales qu’internationales (IFRS et IAS), le développement du marché, l’amélioration continue de la communication financière, les introductions en Bourse qui se traduisent par une diversification des actifs et une liquidité accrue, etc. Autant de facteurs qui “œuvrent pour un meilleur positionnement de la Bourse de Casablanca parmi les places émergentes ainsi que pour une réduction de la prime de risque accordée à ce marché”, font remarquer les rédacteurs de la note qui concluent que “la situation actuelle est loin d’être comparable à celle qu’à connue le marché en 1998” et que les réalisations enregistrées par le marché durant ces 8 dernières années “confèrent aujourd’hui au marché action une base de résistance aux fortes variations”.

MD



 

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