Les instruments de mise à niveau du tissu industriel n’ont pas donné les résultats escomptés. Partant, et voyant que 2012 s’approche inexorablement et que le Royaume multiplie les accords de libre-échange qui se traduisent par une ouverture accrue de l’économie nationale, les partenaires économiques (Etat, Banques, associations professionnelles, bailleurs de fonds étrangers, etc.) ont senti le besoin de corriger le tir avant qu’il ne soit trop tard. Cela passait d’abord par un diagnostic clair sur les origines du processus de la mise à niveau. Pour M. Hassan Bertal, Directeur Général Adjoint de la “Banque de l’Entreprise”, si la mise à niveau n’a pas été un succès, c’est parce que “l’accent a été essentiellement mis sur l’outil industriel alors que beaucoup d’entreprises présentaient des situations financières délicates”. Face à ce constat, “l’Etat, les banques et les autres partenaires ont senti la nécessité de se pencher sur la mise en place d’instruments de restructuration financière au profit des entreprises”, a-t-il poursuivi. De ce consensus, la création a résulté d’un fonds commun à toute les banques gérées par la Caisse Centrale de Garantie (CCG) avec comme pré-requis un diagnostic stratégique ANPME.
Un différé de 6 mois à 3 ans
Partant, Attijariwafa bank, qui fait de l’année 2006 celle de l’accompagnement des PME, en a profité pour lancer une série de produits et services dédiés aux PME dont le pack “Nouveau Départ” construit autour d’un crédit de restructuration.
L’offre “Nouveau Départ” est un package regroupant une offre de crédit de restructuration à conditions bonifiées, d’éventuelles nouvelles lignes de fonctionnement à conditions préférentielles et des services “Attijari Experts” et “Attijari Conseil”. Cette offre présente plusieurs avantages pour les entreprises. D’une part, les crédits de restructuration sont accordés à des conditions bonifiées. Ainsi, Attijariwafa bank propose aux entreprises des crédits de restructuration aux taux variables de 5,23 % (HT) pour le moyen terme et 6,25 % (HT) pour le long terme. Selon M. Talal El Bellaj, Directeur Marché de la PME au sein de la “Banque de l’Entreprise”, “les taux appliqués par Attijariwafa bank pour les crédits de restructuration sont au dessous des minima exigés par Bank Al-Maghrib, nécessitant ainsi une dérogation des autorités de tutelle”. D’autre part, la banque offre la possibilité de restructurer les dettes sur une durée atteignant jusqu’à 12 ans avec un différé allant de 6 mois à 3 ans. Ainsi, “les PME ayant surtout un problème de surendettement à court terme au niveau du système bancaire, les crédits de restructuration permettront de remplacer ces crédits par des dettes à long terme”, fait comprendre M. Youssef Kabbaj, Responsable Marketing Communication et Cross Selling (M2C) au sein de la “Banque de l’Entreprise”. Mieux, “sous réserve d’acceptation du comité de crédit, Attijariwafa bank s’engage à faire bénéficier les entreprises de conditions préférentielles sur les éventuelles nouvelles lignes de crédit de fonctionnement”, renchérit M. Bertal.
Diagnostics à valeur ajoutée
Par ailleurs, le pack “Nouveau Départ” fait bénéficier aux PME des services “Attijari Expert” et “Attijari Conseil”. Avec “Attijari Expert”, les expert du centre de diagnostic PME d’Attijariwafa bank établissent un état des lieux des process financiers de chaque entreprise, à travers une série de diagnostics métiers à forte valeur ajoutée (gestion des flux, trésorerie, affacturage, opérations à l’international, risque de change) pour établir un bilan et proposer des solutions. A travers ces diagnostics, Attijariwafa bank essaye d’aller au delà du simple concept de mise à niveau pour pousser davantage de PME marocaines à s’orienter à l’international pour faire face à l’intensification de la concurrence née de l’ouverture accrue de l’économie marocaine à la suite de la multiplication d’accords de libre-échange. Parallèlement, la banque propose le service “Attijari Conseil” en partenariat avec un cabinet de référence. Grâce à ce service, les PME pourront poser toutes les questions d’ordre juridique et fiscal par télécopie, fax ou par e-mail moyennant un abonnement forfaitaire mensuel décliné en deux formules: Classique (5 questions par mois pour 300 dirhams HT) et Premium (10 questions par mois pour 500 dirhams). Les clients auront des réponses à leurs questions dans un délai ne dépassant pas les 48 heures. Enfin, le pack “Nouveau Départ” offre une célérité dans le traitement des dossiers. Ainsi, Attijariwafa bank s’engage à apporter une réponse à toute demande de crédit de restructuration dans un délai de 6 semaines après réception du dossier au complet.
Notons que pour pouvoir bénéficier du crédit de restructuration, les entreprises industrielles ou de services éligibles doivent remplir un certain nombre de critères dont au moins trois années d’activité continue, avoir deux cadres au minimum, disposer d’un total bilan au titre du dernier exercice inférieur à 70 MDH et détenir des dettes bancaires à restructurer comprises entre 500 000 dirhams et 10 MDH. En plus, elles doivent se soumettre à un diagnostic financier et stratégique réalisé par un expert métier à un coût symbolique –le diagnostic est subventionné à hauteur de 80% par l’ANPME-. Ce diagnostic devra faire ressortir un plan de développement et les perspectives d’évolution du marché.
In fine, on peut dire que l’année 2006 démarre fort chez Attijariwafa bank. Après l’obtention de la Certification par Engagement de Services du site pilote d’un de ses centres d’affaires et le lancement du pack “Nouveau Départ”, le management promet plusieurs offres de produits et services au titre de l’année en cours.
Moussa Diop