En effet, les Conseils d’Orientation Stratégique et de Surveillance du Groupe de l’Ecureuil se sont réunis à la fin de la semaine dernière pour voter à l’unanimité, non seulement la prise de participation dans le capital du CIH, mais le projet de partenariat beaucoup plus large avec la Caisse de Dépôt et de Gestion marocaine.
En effet, selon une source de l’Hexagone, les Caisses d’Epargne françaises n’iront pas directement dans le capital du CIH, mais seront actionnaires d’une nouvelle société de participations. Celle-ci sera créée par la CDG par l’apport, entre autres, de ses actions CIH représentant donc au minimum 57 % du capital de la banque en question, augmentées certainement de la participation de la Banque Centrale (de plus de 8 %) et du ramassage éventuellement effectué sur le marché après les ventes massives constatées au cours du mois de décembre, notamment du paquet de 12 % d’AXA Assurances Maroc.
Le Groupe Caisses d’Epargne prendra donc une part du capital de la nouvelle structure et participera à la gestion du CIH, mais également au financement d’autres projets aux côtés de la CDG.
L’engagement du groupe français est d’autant plus ferme que ce dernier a ouvert un compte auprès du Trésor public marocain et accordé une caution bancaire de premier ordre pour cette prise de participation dans la société érigée en partenariat avec la Caisse de Dépôt et de Gestion. Il s’agit d’une garantie au bénéfice du vendeur, en l’occurrence la CDG, pour la transaction en question et pour tous les engagements futurs du groupe financier français au Maroc, qui l’oblige en cas de problèmes, de payer avant tout recours à la justice. Cet engagement, d’ailleurs, ne devrait faire aucune objection de la part des autorités de tutelle marocaines puisque l’accord des instances ad hoc de Bank Al-Maghrib serait quasiment acquis.
L’objectif plus large de ce partenariat est assurément que le groupe français intervienne dans les autres actions engagées par la CDG et l’on parle tout particulièrement du vaste projet d’aménagement de l’estuaire du Bou Regreg. En effet, SABR Aménagements, (société d’aménagement des deux rives du Bou Regreg), financée à hauteur de 2 milliards de dirhams par des investisseurs émiratis et qui seront évidemment libérés avec l’avancement des travaux, aura besoin d’un grand professionnel de l’immobilier comme le Groupe Caisses d’Epargne français pour la commercialisation à travers le crédit immobilier des logements et autres locaux commerciaux du projet.
Cette perspective, d’ailleurs, n’est pas dissimulée par les dirigeants de l’Ecureuil qui annoncent publiquement les grandes ambitions de leur groupe au Maroc. Ainsi, M. Charles Milhaud, président du Directoire du Groupe Caisses Nationales d’Epargne, a souhaité lors d’un forum tenu à Paris à la mi-décembre au palais de l’Unesco sur le dialogue euro méditerranéen, mettre l’expertise et le professionnalisme de son institution au service du financement de l’immobilier au Maroc, tout en aspirant, à travers son implication dans le CIH et son partenariat avec la CDG, à devenir "la banque des familles" dans notre pays. Et le Président Milhaud de préciser que les Caisses d’Epargne françaises se targuaient de compter dans leurs livres plus de 25 % des dépôts de nos compatriotes résidents à l’étranger…
Dans ce mariage de raison donc entre les institutions de première force que sont la CDG et le Groupe Caisses d’Epargne qui s’apprête à introduire 25 % de son capital à la Bourse de Paris, M.Milhaud ne vient pas sans biscuits chez M. Bakkoury !
Afifa Dassouli