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En marge de l’OPA de la CDG : Le CIH négocie avec les institutionnels actionnaires

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Publier le : December 15, 2005

Inutile de l’étendre sur une plus longue période puisque le commanditaire ne s’attend pas à son succès. Et pour cause, le cours de l’action concernée a  été supérieur à 50 dirhams avant, pendant et après l’offre de la CDG. Il a même atteint un pic de 72 dirhams au moment de l’annonce de l’offre publique d’achat, exprimant ainsi le jugement porté par le marché sur l’insuffisance du prix de l’offre. De ce fait donc, deux constats sont communément établis : le premier est que la CDG a sciemment proposé moins que le cours du marché, certainement pour montrer le caractère obligatoire de cette opération qui ne faisait pas partie de son plan de reprise du CIH, alors qu’elle détient une majorité confortable de 57,5% du capital de la banque. Elle n’en a d’ailleurs peut-être pas prévu le budget. 
Le second constat est que l’échec de l’opération est pratiquement certain. Il est clair, en effet, que ni les petits porteurs, ni les OPCVM et autres institutionnels qui détiennent les 14.108.467 actions objet de l’OPA ne devraient accepter de vendre à la CDG au prix unitaire de 50 Dh, un titre qui vaut plus sur le marché. Pourtant, la valorisation faite par la CDG offrait une prime de 15 %, ce qui revient à que le marché n’est pas d’accord avec cette valorisation. En conséquence, les petits porteurs ne répondront pas à l’appel de la CDG. Restent les trois principaux institutionnels encore présent dans le tour de table du CIH, Bank Al-Maghrib, RMA-Watanya et AXA Maroc.
En ce qui concerne BAM, il est clairement indiqué dans la note d’information publiée qu’elle ne suivra pas l’OPA. La Banque centrale a donc le choix entre deux options : demeurer dans le tour de table et suivre l’augmentation de capital ou céder sa participation à la CDG, de gré à gré et avant cette opération.
Enfin, se pose le problème des deux assureurs sur le comportement desquels portent plusieurs suppositions. Ce qui est certain c’est qu’ils ne suivront pas l’OPA pour une question de prix. On leur prête plutôt l’intention de négociations préalables avec le Groupe Caisses d’Epargne français qui ne se contenterait pas, selon ces informations,  de la part de capital que leur revendra la CDG, laquelle affirme vouloir garder le contrôle du CIH.
Mais le Groupe Caisses d’Epargne serait lié par le "mémorandum" signé avec l’Etat marocain qui lui interdirait logiquement toute intervention parallèle sur la valeur CIH, y compris celle d’un ramassage sur le marché. Ainsi, tant la RMA WATANYA qu’AXA  devraient choisir entre l’accompagnement de la CDG tout au long de son opération, ne pas suivre donc l’OPA et contribuer à l’augmentation de capital ou bien sortir sur le marché.
De sources très proches des milieux financiers et boursiers, on affirme que le management du CIH a pris attache avec ces deux institutionnels d’importance pour les convaincre de rester dans l’actionnariat de la banque publique. Mais, parallèlement, les gros mouvements sur la valeur CIH à la Bourse s’expliqueraient en partie par la mise en vente des actions qu’ils détiennent.
On sait également qu’AXA a signé un ordre de vente entre 68 dirhams et 72 dirhams, sachant que le cours actuel du CIH à la Bourse est de 64 dirhams (à vérifier avant publication de l’article). D’ailleurs, en prenant l’exemple d’AXA, elle vendrait à perte dans cette fourchette, sachant que sa participation de 12,05 % au capital du CIH aurait été valorisée à plus de 300 millions de dirhams entre la première souscription et la dernière augmentation de capital, soit environ 75 dirhams l’action. Mais d’un autre côté, si elle devait suivre la future augmentation de capital du CIH sans être diluée, elle devrait remettre presque autant, soient 240 millions de dirhams. Cela doublerait le prix d’acquisition de ses actions et l’obligerait à se placer dans un horizon lointain pour récupérer sa mise...
En tout état de cause, tout dépendra des négociations actuellement engagées entre le management du CIH et ces institutionnels qui, s’ils ne se rapprochent pas des Caisses d’Epargne françaises, auraient tout intérêt à continuer l’aventure du CIH sachant que pour AXA, en l’occurrence, il ne lui serait pas facile de replacer localement le produit de la vente de sa participation.

Afifa Dassouli



 

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