Les débats sur les effets positifs et négatifs des privatisations semblent aplanis au cours de ces dernières années au Maroc. Les objectifs atteints par le processus et la transparence accrue qui l’entoure y sont pour quelque chose. Et aujourd’hui, un consensus semble se dégager sur les effets positifs de ces opérations et ce, sur divers angles.
Dans ce cadre, M. Zouhir Chorfi, Directeur du Trésor et des Finances Extérieures, a souligné que “les impacts des privatisations sur les finances publiques, la balance des paiements et la liquidité du système financier sont indéniables”. Au niveau des finances publiques, les recettes provenant des privatisations se sont établies à 16,5 milliards de dirhams durant la période 1993-1998, soit 2 milliards de dirhams par an, et 71 milliards de dirhams pour la période 1999-2005, soit une recette moyenne de 10 milliards de dirhams. De cette manne financière, le Trésor a engrangé 40 milliards de dirhams sur la période 1993-2005, ou 6 milliards de dirhams par an, soit l’équivalent de 2 à 2,5 % du PIB. Ainsi, ces recettes ont permis d’atténuer fortement les déficits budgétaires au cours de ces dernières années. Par ailleurs, “les privatisations ont permis de faire face au manque à gagner consécutif de la baisse des recettes douanières née des démantèlements douaniers et de faire face aux engagements de l’Etat dans le cadre du dialogue social et de l’augmentation significative de la masse salariale”, a laissé entendre le Directeur du Trésor et des Finances Extérieures.
Au niveau de la balance des paiements, on notera l’impact de ces privatisations sur les avoirs extérieurs du Royaume qui sont passés de 50 milliards de dirhams en 2000 à 150 milliards de dirhams en 2005, dépassant ainsi le volume de la dette extérieure du Royaume et permettant par la même occasion d’assurer plus de 11 mois d’importation de biens et services. Enfin, fait remarquer M. Chorfi, “les recettes des privatisations sont à l’origine de la liquidité du système financier et donc des baisses enregistrées au niveau de la courbe des taux”.
54 % de la capitalisation boursière
Au niveau du marché financier, on ne signalera jamais assez que les privatisations sont à l’origine de la redynamisation de la Bourse de Casablanca. En effet, 16 % des recettes des opérations de privatisation, soit 13,24 milliards de dirhams, ont été réalisées par des cessions en Bourse. Depuis la première privatisation par le marché réalisée en 1989, la capitalisation boursière a été multipliée par plus de 48 fois, passant de 5 milliards de dirhams à plus de 146 milliards de dirhams actuellement. Selon Mme Dounia Taârji, Directeur Général du CDVM, “les entreprises privatisées représentent 54% de la capitalisation boursière de la Bourse de Casablanca”. Si “l’impact des privatisations sur la liquidité est difficilement lisible, les volumes échangés au niveau de la place ont par contre connu une forte hausse, surtout depuis l’introduction en Bourse de Maroc Telecom”, fait remarquer Mme Taârji.
Par ailleurs, au niveau de l’environnement économique, les secteurs touchés par la privatisation ont été aussi le champ d’actions préalables de restructuration pour la préparation des entreprises à la libre concurrence. La privatisation s’est accompagnée d’un mouvement de démonopolisation qui ont concerné les secteurs financiers, les télécommunications, la Régie des Tabacs et le pétrole.
Sur le registre des investissements, on notera que les privatisations ont permis au Maroc de drainer d’importants investissements directs étrangers (IDE) vers les secteurs industriels, financiers, des télécommunications, du tourisme et de l’énergie. Les privatisation ont ainsi incontestablement raffermi l’intérêt que portent les investisseurs étrangers à l’économie marocaine avec un apport global atteignant 63 milliards de dirhams à fin septembre 2005, faisant par la même occasion passer le Maroc au 1er rang des pays arabes destinataires d’IDE.
Bref, les privatisations ont contribué fortement à la modernisation de l’économie marocaine par une plus grande ouverture sur l’économie mondiale, l’allégement des charges budgétaires, l’amélioration des performances industrielles des entreprises privatisées, la multiplication des investissements créateurs d’emplois et de qualifications nouvelles, et ce tout en maîtrisant leur impact social.
In fine, M. Abdesslam Ahizoune, Président du Directoire de Maroc Telecom, M. Larbi Bellaha, Président du Directoire de la Régie des Tabacs, M. Larbi Belarbi, Président du Directoire de la Somaca, et M. M’Fadel El Halaïssi, Directeur Général Adjoint à la BMCE Bank, ont apporté leurs témoignages sur les effets positifs des privatisations en mettant tous l’accent sur : les créations d’emplois, l’amélioration des résultats des entreprises privatisées, l’amélioration de leur efficacité commerciale, l’augmentation de leur valeur ajoutée, la progression des recettes fiscales collectées par l’Etat, le transfert technique et de savoir-faire, etc.
MD