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Pourquoi les épargnants : ne profitent pas de la hausse à la Bourse

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Sur un total des actifs gérés à fin novembre 2005 de 88,85 milliards de dirhams, les OPCVM Actions ne représentent guère plus de 4,5 milliards de dirhams. Mais plus grave encore, sur ce dernier montant les 2/3, soient 3 milliards, constituent des OPCVM actions dédiées, c’est à dire appartenant à des institutionnels. Le grand public n’investit dans cette catégorie d’OPCVM qu’à concurrence du 1/3 restant, soient 1,5 milliards de dirhams seulement. En outre,  dans l’acception "grand public", on inclut les entreprises et les personnes physiques, lesquelles ont investi en 2005 moins d’un milliard de dirhams dans les OPCVM actions.
Une des raisons premières de ce constat a été,  certes, la crise du marché boursier intervenue entre 1998 et 2001 qui a éloigné les petits porteurs de la Bourse. Ces personnes physiques n’ont pas  suffisamment acquis la culture du risque parce l’effet commercialisation n’a pas été incitatif et explicatif du couple risque-rendement, mais aussi parce que la Bourse de Casablanca et les professionnels de l’ASFIM n’ont pas vraiment mené de campagnes de sensibilisation en direction  des petits porteurs.  
A défaut, on constate que les petits porteurs ont donc privilégié les placements à rendements déterministes, comparables aux produits classiques de placements comme les dépôts à terme, comptes sur carnets dont les rendements sont connus à l’avance et même  figés et le capital assuré. Ils continuent ainsi à orienter leur épargne beaucoup plus vers les produits obligataires.
Toutefois, cette  prudence est inversement proportionnelle à la dimension de l’épargne des personnes physiques. En effet, si les petits porteurs se sont repliés sur l’obligataire, les personnes physiques gros investisseurs,  interviennent, eux, directement sur le marché en s’appuyant souvent sur les conseils d’une société de bourse amie.  Ils estiment à juste titre avoir une liberté d’investissement supérieure à celle des OPCVM qui, pour une plus grande diversification du risque, ne peuvent pas dépasser 10 % de leur portefeuille par valeur avec une exception de 15 % pour les valeurs phares du marché comme Maroc Telecom, Attijariwafa bank ou encore la BCP.
Les personnes physiques gros investisseurs choisissent sciemment une exposition au marché beaucoup plus forte que celle plus diversifiée des OPCVM actions. L’épargne est ainsi plus massivement investie de façon structurelle dans des OPCVM obligataires et même monétaires, qui sont à plus court terme. Il y a donc une incohérence de termes entre les ressources disponibles à long terme et leurs emplois qui sont faits à court terme. D’autant que les taux de rendement moyen des obligataires tournent autour de 4% alors que certaines actions offrent un rendement du dividende de plus de 6 % sans compter leurs plus-values latentes.
Les produits de long terme sont, par définition, les placements en actions, et pour optimiser le rendement de leurs placements, les épargnants doivent en faire le choix. Les OPCVM actions réalisent d’ailleurs des rendements très intéressants, à deux chiffres depuis  le redressement du marché, ce qui n’est plus imaginable pour le marché obligataire.
Les chiffres sont à ce titre, très éloquents. En 2005, si la moyenne des performances des OPCVM actions est de 12%, les 6 premiers OPCVM actions affichent une performance à lafin novembre 2005, qui se situe entre 23 % et 27,52%.
Il est clair que  chez les épargnants,  l’aversion pour le risque est  encore assez marquée, mais aussi que les réseaux bancaires qui commercialisent ces produits ne contribuent pas à  la sensibilisation des épargnants au couple risque-rendement.  Un effort de vulgarisation doit donc être entrepris et soutenu au niveau de la place par les professionnels sous forme de séminaires et de communications ciblées Le message doit porter sur les qualités des OPCVM actions qui, tout en minimisant le risque à travers les volumes brassés, peuvent offrir aujourd’hui aux petits porteurs de bons rendement  à la Bourse de Casablanca.
La Bourse a pris 15 % l’année dernière et cette année, la progression des indices est encore impressionnante alors que la majorité des petits porteurs n’en a pas profité. Cela, alors  les OPCVM actions  étaient défiscalisés et que dans le cas d’une taxation des plus-values de 10 % en 2006, ils le resteront moins que l’obligataire avec 20 % ou 15%.
Il s’agit donc de booster les OPCVM actions qui jouent un rôle d’amélioration de la liquidité du marché boursier du fait de leurs multiples transactions quotidiennes. Les personnes physiques gros investisseurs sont plus volatiles, tandis que les OPCVM actions peuvent drainer une épargne plus structurelle et se porter acheteurs en situation de perte de valeur sur le marché du fait de leur horizon de placement à plus long terme. Les produits actions sont aujourd’hui des produits à forte valeur ajoutée. Ils le seront encore plus avec l’arrivée des produits dérivés qui vont permettre de mieux gérer le risque et donc d’améliorer leur rendement.  Les OPCVM actions devraient également être encouragés à long terme par la création de produits d’épargne longue défiscalisée comme les PEA (plan d’épargne actions) ou les PES (plan d’épargne salariale).  Si les professionnels ne peuvent qu’accepter  la fin de la défiscalisation de la TPCVM parce qu’elle a été limitée dans le temps dès le départ et accordée pour 4 ans, ils se doivent , en revanche, de repartir à la charge pour obtenir une défiscalisation à plus long terme de l’épargne longue, reconnue en macroéconomie comme le moyen de financement de l’investissement. D’autant que ce genre de mesures s’applique de préférence en période faste, comparable à la situation actuelle du marché boursier alors que chacun sait que l’activité boursière est cyclique, un trend haussier étant toujours, tôt ou tard, suivi par une tendance à la baisse.  

Afifa Dassouli



 

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