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Comment investir en Bourse : Les conseils d’un expert, M. Hassan Boulaknadal, Président de l’ASFIM

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Le développement du marché financier repose sur la faculté des ménages à opérer des ponctions sur leur revenu et à diriger celles-ci vers les marchés financiers.
Malgré le niveau de transparence actuel, les acteurs économiques ne sont pas toujours égaux face à l’information qui constitue la matière première pour la formation des prix des différents actifs.
Devant l’hétérogénéité des investisseurs, il convient de retenir des principes fondamentaux de l’investissement qui constituent des piliers inébranlables permettant une prise de décision optimale afin de guider les pas de l’investisseur dans les dédales du marché.
Récemment, les petits porteurs se sont vus proposer une "stratégie" d’investissement en bourse qui repose sur trois approches, aussi critiquables les unes que les autres.
Ladite stratégie s’appuie sur trois principes :
• Ne cibler que les faibles cours (inférieurs à 800 Dhs) :
Cette stratégie est peu pertinente car elle fait fi de la valeur intrinsèque de chacune des sociétés cotées : le titre d’une entreprise dont le cours dépasse 1000 Dhs et dont les agrégats financiers progressent de 50% présente plus de potentiel que celui d’une entreprise dont le cours est de 100 Dhs et dont l’activité accuse un repli structurel.
• L’illiquidité comme facteur de stabilité :
Si l’illiquidité d’un titre contribue effectivement à endiguer le mouvement baissier, elle a néanmoins deux inconvénients majeurs :
Primo, dans la phase d’investissement, les titres sont introuvables
Secundo, dans la phase de décrue des marchés, la valeur patrimoniale du portefeuille n’a plus de réalité économique et encore moins boursière.
• Bannir les grandes valeurs:
Si les grandes valeurs ont souvent un potentiel de croissance inférieur au reste du marché, cela provient de leur effort croissant de transparence et de communication, rendant ainsi plus efficiente la constitution de leurs cours. De ce fait, de telles valeurs constituent les fonds de portefeuilles et résistent généralement mieux au repli du marché.
La constitution et la gestion d’un portefeuille de valeurs mobilières dépendent à la fois du degré d’aversion au risque, de la durée de placement souhaitée et de la capacité à récolter et interpréter correctement l’information (le cas de la valeur CIH démontre la sensibilité du cours à ces trois facteurs).
Tous les intervenants n'ont pas la même disponibilité ou le même rythme d'intervention sur les marchés financiers.
Si le spéculateur vise un gain rapide à court terme, le gestionnaire cherche une performance le plus souvent à moyen ou long terme.
Si le particulier, "trader-on-line" à temps plein, peut intervenir à tout moment, le passionné de bourse qui a une activité professionnelle ne peut intervenir que de manière sporadique.
La distinction entre ces catégories d'investisseurs doit s'arrêter là, puisque l'une comme l'autre poursuivent le même but: réaliser des plus-values!
L’intervention sur le marché financier doit se faire à travers quatre axes dont la convergence devrait mener vers le choix d’un portefeuille optimal.
L’analyse du marché:
L'investisseur doit absolument identifier le contexte du marché et évaluer les probabilités de variation des cours en fonction de l'horizon de temps qu'il s'est fixé. Pour ce faire, il peut s’appuyer sur les différentes analyses publiées par les différentes sociétés de bourse afin de dégager un consensus du marché.
La question à se poser de façon systématique est la situation du marché par rapport à la tendance globale. En effet, l'évolution des indices et cours passe toujours par trois phases : la tendance (haussière ou baissière), la consolidation et la correction ou reprise technique en fonction de la tendance.
Comme il est évident que les perspectives de gains sont d'autant plus grandes que l'opérateur entrera dans le marché le plus vite possible par rapport à la naissance d'une tendance, une question fondamentale reste en filigrane: Suis-je en présence d'un marché en tendance ou la probabilité d'un début, d'une fin ou d'un retournement brutal existe-t-elle?
Moment d’intervention:
Toute la différence de performance d'une position dépend du moment choisi par l'opérateur pour entrer dans le marché puis pour en sortir. Cela peut paraître trop évident, mais il faut rappeler que l'objectif  est de réaliser des gains concrets et pas seulement potentiels. Le succès d'une opération se fait bien en deux temps, d'abord à l'entrée, soit bien acheter et de préférence en début de tendance, puis bien vendre en fin de tendance. Il ne s'agit aucunement de promettre l'achat au plus bas et la vente au plus haut, ce qui constitue l'idéal de tout intervenant, mais de se donner les meilleures chances de s'approcher de cet objectif. L'expérience montre que les écarts peuvent être considérables même dans les tradings réussis ou que, parfois, des opérations bien initiées et temporairement très rentables en théorie ont été dénouées avec un gain minime, voire parfois en perte !

Volatilité

La volatilité est devenue une caractéristique structurelle majeure des marchés financiers et une notion désormais indissociable de l'analyse d'une tendance en cours ou à venir.
Il sera donc extrêmement précieux pour l'intervenant d'évaluer s'il se trouve dans une phase où la nervosité et la volatilité dominent le comportement des acteurs ou s'il se trouve dans une phase de sérénité et de calme du marché. Sachant que plus longue sera cette dernière, plus violente risque d'être la rupture et le décalage qui s'en suivront. C'est le niveau de la volatilité qui détermine la potentialité d'un mouvement significatif des cours soit à la hausse, soit à la baisse ainsi que la force potentielle de ce mouvement lorsque son amorce est concrète.
L’objectif:
Habituellement, l'opérateur sur les marchés se définit un objectif de cours lors de la prise de position pour sortir du marché. Le respect rigoureux de cet objectif et de l’horizon de placement projeté permet d’éviter les surprises de renversement de tendance.
La définition au préalable d’une fourchette de prix de sortie permet à la fois de piloter le niveau de satisfaction en termes de plus-values et de pratiquer le " stop lost " en cas de repli des marchés.
Le suivi au quotidien de ces quatre axes permet d’initier les opérations d’arbitrage et de repositionnement afin d’opérer les corrections nécessaires et prendre en considération l’évolution du marché et les nouvelles informations dans le processus de prise de décision.
La Bourse est donc une affaire de professionnels. Pour y investir, les personnes physiques doivent s’adresser aux gestionnaires de fonds pour leurs placements à moyen terme ou, tout du moins, aux sociétés de bourse pour leurs conseils s’ils veulent investir directement sur le marché boursier.

Hassan Boulaknadal



 

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