La Nouvelle Tribune : L’année 2002 se caractérise pour les banques et les assurances par des politiques de provisionnement rigoureuses.
Qu’en est-il pour Al Wataniya ?
M. Azzedine Guessous : AL WATANIYA a appliqué strictement la réglementation en vigueur en matière de provisionnement au titre de ses comptes arrêtés en 2002 : provision pour sinistres à payer (engagements vis-à-vis des assurés), provision pour dépréciation du portefeuille “ Actions ” lorsque la valeur comptable d’un titre donné est inférieure à sa valeur boursière au 31/12 de 25 % et plus et provision pour risques d’exigibilité telles qu’exigées par la législation actuelle.
En ce qui concerne les moins-values boursières, les avez-vous provisionnées ou constatées en externalisant vos pertes ? Pourquoi?
Les moins-values latentes sur le portefeuille “ Actions”, après compensation avec les plus-values latentes sur ce même portefeuille, ont bien sûr fait l’objet de la constitution d’une réserve pour risques d’exigibilité.
Auparavant, nous avons effectivement externalisé des moins-values boursières afin d’assainir notre portefeuille et présenter un bilan reproduisant une image fidèle de nos actifs.
Quel en a été l’impact sur vos résultats ? Qu’en est-il de votre activité technique en 2002 ?
Malgré la baisse continue des cours boursiers au cours des trois dernières années, ce qui a fortement pénalisé notre rentabilité financière puisque les moins-values externalisées ou provisionnées s’élèvent à plusieurs centaines de millions de dirhams, nous avons pu réaliser au terme de l’année 2002 un bénéfice de 130 millions de DH.
Par ailleurs, une gestion rigoureuse, une politique de maîtrise des coûts et un assainissement continu de notre portefeuille des affaires assurées nous ont permis d’équilibrer notre résultat technique en 2002.
En 2002, la Direction des Assurances a rappelé aux bons souvenirs du secteur la provision pour aléa financier. Pensez-vous que son utilisation s’imposait cette année ?
La provision pour aléa financier doit être constituée lorsque le taux de rendement des actifs, diminué d’un dixième, est inférieur au taux minimum garanti de revalorisation des réserves mathématiques vie (4,50 % en 2002) ou de revalorisation des réserves mathématiques de la gestion spéciale des rentes-accidents du travail (4,75 %).
Cette provision est destinée à compenser la baisse de rendement de l’actif.
Elle a été instituée pour la première fois par la Direction des Assurances en 2002.
Il est vraiment que son introduction coïncide avec la baisse des taux des produits obligataires sans que cela soit intentionnel de la part de la Direction des Assurances puisque dans un marché efficient, la baisse des taux des obligations se traduirait par une hausse des cours des actions qui devraient être le support naturel des engagements en matière d’épargne à long terme.
Confirmez-vous que l’année 2002 a été celle de la mise à niveau des provisions dans secteur des assurances ?
Le secteur des assurances a toujours été fortement réglementé aussi bien au Maroc que dans d’autres pays.
Les autorités de tutelle veillent à ce que les engagements vis-à-vis des assurés soient évalués avec suffisamment de prudence et à ce que les compagnies d’assurances disposent d’actifs ayant une valeur certaine et couvrant les réserves techniques constituées.
Les règles d’évaluation du passif exigible vis-à-vis des assurés et les règles de placement et d’estimation des valeurs en couverture des engagements imposées aux compagnies d’assurances ont toujours existé. Elles ont été, bien sûr, renforcées au fil du temps en fonction des conjonctures et de l’évolution normale de l’économie.
L’année 2002 n’est pas en soi une année particulière. Elle a uniquement connu la conjugaison de plusieurs facteurs qui font que les compagnies d’assurances doivent plutôt axer leur rentabilité sur leur métier de base. Ce phénomène est aussi ressenti sur le plan international.
Pouvez-vous nous donner une idée des résultats 2002 de votre consœur la RMA?
Selon les éléments publiés, la RMA a réalisé, dans conjoncture difficile, un bon résultat puisqu’elle dégage un bénéfice au titre 2002 de 177 millions de dirhams. En terme de chiffre d’affaires, elle occupe actuellement la quatrième place du marché de l’assurance.
Entretien réalisé par
Afifa Dassouli