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Offre Publique d’Achat : La CDG lance une OPA sur le CIH au prix de 50 dirhams l’action

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L’ancrage du CIH dans le groupe CDG se précise davantage. Après l’acquisition de 20,23 % du capital de la banque auprès de la BCP, contrôlant au passage 57,5 % du capital du CIH, la CDG confirme sa volonté de prendre le contrôle entier de la banque en lançant un projet d’offre publique d’achat dont les termes ont été avalisés par le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM). Avec cette OPA, la CDG se conforme aux dispositions de la loi sur les offres publiques après le franchissement du seuil de 40 % dans le capital du CIH. Cette OPA va concerner toutes les actions non détenues directement par la CDG, soit 14 108 467 actions, au cours unitaire de 50 dirhams. La CDG s’engage à acquérir tous les titres présentés de manière ferme et irrévocable. 
Concernant le prix proposé, il est le résultat d’une synthèse basée sur trois méthodes d’évaluation: la transaction de référence, les comparables boursiers et la moyenne des cours. Pour la transaction de référence, le prix qui a été retenu lors de la participation de la BCP dans le capital du CIH était de 55 dirhams. Toutefois, ce prix, en conférant à la CDG une majorité du capital et des droits de vote, incluait de facto une prime de contrôle. La méthode de moyenne des cours, basée sur les cours boursiers du CIH, pondérés par les volumes sur une période allant de 12 mois avant le dépôt du projet d’OPA, fait ressortir un prix de 57,8 dirhams. Enfin, la méthode des comparables boursiers, appliquée à un échantillon de 5 banques cotées au niveau de la Bourse de Casablanca, et par référence à des multiples d’actif net, de crédits et de dépôts, fait ressortir une valeur moyenne de 26,1 dirhams l’action (prix presque identique à celui de l’action CIH à fin décembre 2004). La combinaison de ces trois méthodes d’évaluation fait ressortir un prix moyen de 46,3 dirhams. En fixant le prix d’OPA à 50 dirhams, la CDG offre une prime de 8 % aux actionnaires qui souhaitent apporter leurs titres à l’OPA. Il n’en demeure pas moins que le choix de la méthode des comparables boursiers qui est à l’origine de la baisse du prix d’achat au dessous de la barre des 55 dirhams est sujet à discussion étant donné le caractère limité de l’échantillon retenu, de l’état de santé du CIH comparativement aux autres établissements privés très rentables et du caractère spéculatif du parcours boursier du titre CIH dans l’évaluation par la moyenne des cours. Certains auraient souhaité que le prix tienne davantage compte des perspectives de croissance du CIH suite à l’amélioration de ses résultats –le résultat brut d’exploitation serait 10 fois supérieur à celui de 2004-, des importantes synergies liés à son adossement au groupe CDG et de l’entrée programmée dans son capital des Caisses d’Épargne. Sur ce dernier point, l’accord de principe d’une participation des Caisses d’Epargne française étant quasiment acquis par les autorités de tutelle, il est très probable que cette opération ait lieu au début de l’année prochaine après l’opération d’accordéon. Toutefois, pour le Directeur Général de la CDG, M. Mustapha Bakkoury, "toutes les perspectives de développement du CIH sont prises en considération à leur juste valeur dans le prix de 50 dirhams".
Dans tous les cas, à travers ce projet de prise de contrôle totale du CIH, la CDG montre sa volonté de contribuer activement à l’accélération du processus de redressement financier du CIH et d’assumer pleinement son rôle d’actionnaire de référence de la banque et de contribuer à l’assainissement du système financier comme ce fut le cas également pour la BNDE.

Opération d’accordéon

Ce redressement passera par la restructuration du haut bilan du CIH programmée pour les prochaines semaines. Plus précisément, il s’agit d’une opération d’accordéon qui se déroulera en deux étapes. La première phase se matérialisera par la résorption des pertes via l’utilisation des réserves et primes d’un montant de 419 MDH et par la réduction du capital social de 90 % par annulation d’action (annulation de 9 actions sur 10 actions anciennes). A la suite de cette première étape, le capital social s’établira à hauteur de 332 MDH. La seconde phase, quant à elle, se traduira par une augmentation de capital de 1 850 MDH consécutive à la création de nouvelles actions d’un montant nominal de 100 dirhams. Au final, le capital social du CIH après augmentation du capital sera porté à 2 182 MDH. Partant, les actionnaires du CIH qui n’ont pas tenu à apporter leurs actions à la CDG dans le cadre de cette OPA seront invités à participer à l’augmentation du capital selon la parité de 11 actions nouvelles pour 2 actions anciennes. Pour les actionnaires qui n’ont ni apporté leurs titres à l’OPA ni participé à l’augmentation du capital, ils ont la possibilité tout de même de céder auprès du marché leurs droits préférentiels de souscription. Sur ce point, M. Bakkoury a souligné que "la CDG aurait pu attendre l’augmentation du capital pour se renforcer dans le capital du CIH en achetant à tour de bras des droits préférentiels de souscription". Seulement, ajoute t-il, "cela aurait été une distorsion à des mécanismes de marché qui existent et qui fonctionnent normalement dans la transparence la plus totale".
Dans tous les cas, la CDG envisage d’assurer sa position d’actionnaires majoritaire dans un horizon de court et moyen termes, par le maintien du contrôle du CIH même dans le cas où elle serait appelé à nouer un partenariat avec un autre opérateur. Sur ce point, notons que l’entrée attendue dans le tour de table du CIH des Caisses d’Épargne française, une fois que l’OPA et l’opération d’accordéon bouclées, pourra contribuer à dynamiser davantage le CIH sur le plan commercial, en plus du partenariat capitalistique, en lui permettant d’accéder à une clientèle de choix, celle des Marocains résidant à l’étranger (MRE).
Outre l’objectif de redressement financier du CIH, la CDG compte accompagner la banque dans la mise en œuvre d’un plan de développement axé sur la stratégie future de banque et qui s’articulera autour d’un positionnement en tant que banque de référence en matière de crédits à l’habitat et de services aux particuliers et à la famille.
Sur un autre registre, la conférence de presse a été l’occasion pour le Président du CIH, M. Khalid Alioua, de revenir sur les créances en souffrance de la banque qu’il dirige. Les créances en souffrance brutes de la banque se chiffrent à 11 milliards de dirhams à fin 2004 et devraient fortement baisser pour se situer autour de 8 milliards de dirhams à la fin de l’année en cours. Quant aux créances en souffrance nettes des provisions, elles étaient de 5 milliards de dirhams à fin 2004 et devraient s’établir à la fin de l’année 2005 aux alentours de 3 milliards de dirhams pour tomber au dessous de la barre des 2 milliards de dirhams à fin 2007 permettant ainsi au CIH de se rapprocher des normes imposées par le marché. Ces importantes baisses sont le fruit d’une politique de recouvrement alliant des règlements à l’amiable des contentieux au recours à la justice quand  il le faut. Sur ce point, M. Khalid Alioua a été clair envers les débiteurs du CIH en laissant entendre qu’ “en 2006, il n’y aura plus de moratoire pour tous les débiteurs qui ne manifestent pas leur bonne volonté de rembourser leurs créances envers le CIH”. En d’autres termes, à défaut d’un règlement à l’amiable, la justice tranchera.

Moussa Diop



 

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