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Ciments & Matériaux de construction : Le second semestre 2005 s’annonce meilleur pour Lafarge Ciments

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Le premier semestre 2005 a été un peu difficile pour le premier cimentier du Royaume. Le Directeur Général de la filiale du Groupe Lafarge, M. Jean Marie Schmitz, l’a lui-même reconnu lors d’un point de presse organisé la semaine dernière pour faire le point sur les résultats du premier semestre et les perspectives pour l’exercice 2005. Au terme du premier semestre, Lafarge Ciments a vu ses principaux indicateurs d’activité et de résultat se situer en deçà des attentes, comparativement à la même période de l’exercice 2004. Le chiffre d’affaires s’est amélioré de 1% à 1455MDH. Le Résultat d’exploitation a signé un recul de 4 % pour ressortir à 684MDH. Enfin, le résultat net s’est contracté de 6 % à 355 MDH.
Derrière ces évolutions plutôt inattendues, quatre raisons principales ont été avancées par M. Schmitz. Avant tout, “il y a bien évidemment le recul des ventes de ciments de Lafarge”. En effet, alors que les ventes du secteur cimentier progressaient de +3,4 % à fin juin 2005, celles de Lafarge Ciments reculaient de -0,9 % à 1 944 962 tonnes durant la même période. Derrière cette situation, le Directeur Général de Large Ciments avance quatre facteurs explicatifs. Avant tout, il y a l’impact “des conditions climatiques difficiles qui ont prévalu au premier trimestre 2005 et des grèves des transporteurs qui ont touché particulièrement l’axe Casablanca/Rabat”. Conséquence, à la clôture des résultats du premier trimestre 2005, les ventes du cimentier accusaient même un repli de -7 % par rapport à la même période de l’exercice précédent. Les efforts entrepris depuis ont permis de ramener le recul des ventes à la clôture du premier semestre à -0,9% pour une part de marchés de 40,6 %. Ensuite, “il y a les difficultés techniques enregistrés dans l’unité de Bouskoura et qui ont empêché Lafarge Ciments de profiter pleinement de la reprise du marché au second trimestre 2005”, souligne M. Schmitz. Par ailleurs, “la forte hausse des cours des matières premières (notamment le coke de pétrole) s’est traduite par une hausse significative des charges variables contribuant à la baisse du résultat brut d’exploitation”. Sur ce point, notons que le prix de la tonne de coke de pétrole a progressé de 13 dollars par rapport à son niveau de fin juin 2004. Sachant que Lafarge Ciments consomme plus de 270 000 tonnes de coke de pétrole par an, la facture supplémentaire liée à l’achat de cette matière première s’alourdit au fur et à mesure de l’envolée du cours de cette matière première.

Envolée des cours du coke de pétrole

La situation est loin de s’améliorer sur ce point. En effet, selon les projections de Lafarge Ciments, la hausse du coke de pétrole sur l’année 2005 devrait être de 20 dollars/tonnes, comparativement au cours de l’exercice précédent. Conséquence, “les charges variables qui constituent les 2/3 des charges globales de Lafarge Ciments devraient croître de 3%”, selon M. Schmitz. En même temps, “les frais fixes également ont progressé de +2 % suite à l’augmentation des capacités des unités de Bouskoura, Tanger et Tétouan”. Face à cette situation, et afin d’atténuer l’impact négatif de ces hausses sur le résultat brut d’exploitation, un accent particulier a été mis sur l’utilisation des combustibles de substitution (pneus déchiquetés, valorisation des cendres volantes, huiles usagers, etc.) à Bouskoura et à Meknès. Outre l’effet positif sur l’environnement, ces combustibles alternatifs représentent aujourd’hui environ 7 % de la consommation énergétique de Lafarge Ciments. Toutefois, point d’autosatisfaction sachant que la maison mère de la filiale marocaine tire environ 25 % de ses sources énergétiques de ces combustibles alternatifs. Enfin, l’autre élément explicatif avancé est “le démarrage tardif de l’unité de chaux industrielle”. La demande nationale en chaux industrielle étant satisfaite actuellement en grande partie par l’importation, Lafarge Ciments compte beaucoup sur cette unité pour répondre à une demande nationale en forte progression émanant des aciéries électriques, de l’assainissement et traitement des eaux usées, de la construction et la réfection des routes, etc.

Déploiement sur le Sud

Face à cette situation, le management de Lafarge Ciments a tenu à corriger le tir pour le second semestre. Outre l’évolution favorable du marché du ciment avec une progression estimée à 5,4%, des actions énergiques ont été engagées pour améliorer les résultats du cimentier. Le premier à trait au volet commercial. Il s’est concrétisé avec le déploiement de Lafarge sur le marché du Sud du Royaume où le cimentier a écoulé quelque 200 000 tonnes, sortant ainsi de ses régions naturelles. La qualité du service également est également améliorée dans le but de diminuer les files d’attentes lors des approvisionnements. Le second volet de cette action touche l’outil industriel et s’est matérialisé par la restauration de la fiabilité des fours et la multiplication des opérations d’entretien de l’unité de Bouskoura en phase de saturation.
Ces actions ont commencé à porter leurs fruits. Ainsi, à fin septembre 2005, les ventes de Lafarge affichaient une progression de +2,3 % par rapport à la même période de l’exercice précédent. Le Groupe table sur des résultats annuels meilleurs que ceux de l’exercice 2005. Pour rappel, en 2004, le cimentier a réalisé un chiffre d’affaires et un résultat net respectifs de 2962MDH et 826 MDH.
In fine, les réalisations du troisième trimestre confortent le management de Lafarge Ciments dans ces choix en matière d’investissement. Outre l’enveloppe de 900 MDH programmée pour la nouvelle unité de Bouskoura, d’importants investissements seront engagés pour la modernisation et le doublement des capacités de production des unités de Tanger et de Tétouan. Une grande partie de ces investissements sera autofinancée. Pour le reliquat, le cimentier fera appel au secteur bancaire, a déclaré son Directeur Général.

Moussa Diop



 

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