A moins de deux mois de la clôture de l’exercice boursière 2005, tous les indicateurs du marché affichent des performances satisfaisantes. La conjoncture économique plutôt morose, marquée notamment par la faible progression attendue du PIB de cette année, couplée à la déception de certains secteurs d’activité (Agro-alimentaire particulièrement) qui ont présenté des résultats en deçà des attentes des analystes, n’ont pas affecté le moral des investisseurs du marché boursier. Bien au contraire. Ceux-ci semblent plébisciter le marché action qui consolide sa reprise et retrouve davantage les faveurs des investisseurs institutionnels et des petits porteurs. Cette embellie boursière touche tous les secteurs d’activité pour ne pas dire toutes les entreprises cotées. En effet, sur les 54 sociétés cotées, 50 valeurs ont vu leur cours évoluer positivement à fin octobre 2005. Ce sont les capitalisations moyennes qui enregistrent les meilleures performances. C’est le cas notamment de Papelera de Tetuan, Diac Salaf, Diac Équipement, Maroc Leasing, CIH, Sofac Crédit…, qui enregistrent les meilleures performances. Pour l’essentiel de ces sociétés, il s’agit surtout d’un effet rattrapage. En effet, la majeure partie de ces valeurs, pour diverses raisons dont notamment des résultats déficitaires ou en deçà des attentes du marché, ont été sanctionnées par les investisseurs et n’ont pas ainsi bénéficié du retournement de la conjoncture boursière depuis plus de 2 ans. Toutefois, suite à des restructurations en profondeur entreprises par certaines d’entre elles et qui se sont traduites le plus souvent par des bouleversement au niveau de leur actionnariat, leurs perspectives de croissance et de rentabilité se sont améliorées offrant plus de visibilité aux investisseurs. Cela est notamment valable pour les valeurs Maroc Leasing et Sofac Crédit qui ont engrangé des performances annuelles respectives de 155 %, à 370 dirhams, et 91,41%, à 379 dirhams. Le renforcement de la CDG dans le capital de ces deux sociétés et qui s’est matérialisé par un apport financier, une assistance technique et la mise en place de plans de développement stratégique, a permis à ces deux sociétés de renouer avec les bénéfices et d’afficher des perspectives meilleures que les investisseurs ont bien décelées. C’est le cas également pour La Marocaine Vie, entrée dans le giron du Groupe Société Générale, qui a connu également une thérapie de choc qui a permis aujourd’hui à la compagnie d’entrevoir des perspectives meilleures. A côté des moyennes capitalisations, les grosses capitalisations également se sont bien comportées. C’est le cas notamment de la Samir, Managem, BMCE Bank, Wafa Assurance dont les cours ont enregistré des performances annuelles respectives de 58,20 %, à 560 dirhams, 45,60 %, à 297 dirhams, 40,37 %, à 739 dirhams, et 32,03 % à 634 dirhams. La Samir, qui a retrouvé la totalité de ses capacités de production, tire profit de l’amélioration de ses résultats, des perspectives de résultats 2005 intéressantes et de l’effet de son programme d’investissement de modernisation de la raffinerie de Mohammedia. Au titre du premier semestre, le résultat net du raffineur a bondi de 135 % sous l’effet combiné de l’appréciation de la marge de raffinage suite à la flambée des prix du pétrole sur le marché international et l’augmentation des volumes de vente.
Le titre BMCE Bank tire profit des bons résultats qu’engrange la banque au cours de ces dernières années. Managem, après avoir lourdement été sanctionnée, à juste raison d’ailleurs, par le marché, commence à retrouver la bienveillance des investisseurs qui misent sur une amélioration des résultats notamment de la part de l’activité à l’international. Quant à Wafa Assurance, son ancrage dans le groupe Attijariwafa bank lui offre de bonnes perspectives de croissance notamment avec le développement de la bancassurance. Si tous les secteurs d’activité ont tiré profit de l’embellie boursière, on notera tout de même les bonnes performances des secteurs Pétrole & Gaz, Banques et Distributions dont les indices sectoriels ont progressé respectivement de +51,52%, à 8 277,71 points, +28,49 %, à 4 021,39 points, et +27,27 %, à 6 494,52 points.
Perspectives bénéficiaires
Derrière les performances du marché, un certains nombre de facteurs sont avancés. Il y a bien évidemment les bons résultats du premier semestre. Pour rappel, les sociétés cotées ont vu leur bénéfice moyen semestriel croître de l’ordre de +16,1 % et leur chiffre d’affaires moyen progresser de +11,2 %. Ces résultats, réalisés dans une conjoncture économique plutôt difficile –croissance atone, flambée des cours du pétrole, concurrence intense sur certains marchés, etc.-, augurent de bonnes perspectives bénéficiaires pour l’année 2005. Cela a poussé nombre d’investisseurs à se positionner sur certaines valeurs ayant réalisé d’excellentes performances dans la perspective d’intéressants dividendes ou de conséquentes plus-values. Outre les résultats semestriels, les nouvelles introductions en Bourse réalisées au cours des douze derniers mois (Maroc Telecom, Lydec, Dari Couspate, Sothema, etc.) ont donné au marché plus de profondeurs et ont offert aux investisseurs la possibilité de diversifier leur portefeuille de titres. Enfin, les décisions des investisseurs sont bien évidemment dictées par les perspectives de gains. Et, sur ce point, les performances du marché boursier sont plus que satisfaisantes. Les indices MASI et MADEX enregistrent à fin octobre 2005 des performances annuelles respectives de 16,73%, à 5278,51 points, et 17,55 %, à 4 140,53 points. Ainsi, pour les investisseurs qui ont répliqué à l’identique le portefeuille MASI et MADEX, leurs gains annuels sont plus que satisfaisants et dépassent de très loin les rendements qu’offrent les autres instruments de placement, avec bien évidement des prises de risques plus importantes.
In fine, et dans le sillage de cette nouvelle dynamique, la fin de l’exonération des plus-values de cession des actions cotées et le relèvement du taux de TVA applicable sur certaines opérations financières de 7 % à 10 % ne devraient pas avoir d’effets significatifs sur la dynamique du marché boursier.
Moussa Diop