Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Finance
Banque Mondiale : 250 à 350 millions de dollars par an pour soutenir le développement du Maroc

Auteur :

Fruit d’une collaboration avec l’Etat marocain et de larges consultations avec les acteurs de développement du Maroc, la nouvelle Stratégie de Coopération de la Banque Mondiale avec le Maroc couvrant la période 2005-2009 (CAS 2005-2009) a été présentée à la presse lors d’un Ftour débat organisé par le Bureau de la Banque Mondiale au Maroc à Casablanca le jeudi 20 octobre 2005.
D’emblée, M. Ferid Belhaj,  chef du Bureau de la Banque Mondiale au Maroc, a souligné que “le CAS n’est pas un plan directeur. Il propose une orientation stratégique explicite et qui s’articule autour du programme du gouvernement”, avant de revenir sur les objectifs fondamentaux affichés par le CAS 2005-2009. Globalement, le CAS a deux finalités fondamentales: l’accélération d’une croissance durable créatrice d’emplois et la réduction de la pauvreté et de la marginalisation. Pour atteindre ces objectifs, les partenaires comptent jouer sur l’amélioration de quatre facteurs capitaux : l’amélioration de la compétitivité et du climat d’investissement (stabilité macro-économique, efficacité de l’administration, renforcement du secteur financier, développement de la compétitivité du secteur agricole, etc.), l’amélioration des conditions de vie des pauvres et des vulnérables (réduction des bidonvilles, facilité d’accès au logement aux plus pauvres et accès plus large aux services sociaux, etc.), l’amélioration de la gestion et de l’efficacité du système éducatif (augmenter l’accès et la qualité de l’éducation de base, accroître le taux de succès et d’insertion dans l’enseignement secondaire, universitaire et professionnel, etc.) et, enfin, l’amélioration des services de l’eau et de l’assainissement (le cadre juridique et institutionnel, élargir l’accès, améliorer la performance financière et l’exploitation des opérateurs de l’eau, etc.). Des éclaircissements ont été apportés sur chacun des objectifs cités par l’équipe du bureau de la Banque Mondiale qui comprenait, outre le chef du bureau, les responsables économiques de l’eau, du développement humain et des participations.
Ainsi, en matière d’accès au logement des couches les plus pauvres, “la Banque Mondiale travaille en étroite collaboration avec l’Agence française de développement, l’Usaid, la représentation de l’Union européenne et d’autres institutions pour faciliter l’accès à la propriété aux populations démunis ”, fait remarquer M. Belhaj. Pour cela, «les partenaires tentent de faire sortir ces populations de l’informel non bancarisé vers le formel afin qu’ils puissent accéder aux crédits bancaires», poursuit-il. A noter que dans le cadre du CAS, il est programmé de réduire la part de la population vivant dans les bidonvilles de 4 % en 2005 à 1,5 % en 2009 et ce en faisant bénéficier 70 % des ménages des bidonvilles du programme de logements sociaux durant le CAS. En matière d’éducation, une enveloppe de plus de 80 millions de dollars est programmée durant le CAS avec comme objectifs une amélioration de la qualité de l’enseignement fondamental. Dans cette optique, «la Banque Mondiale appuie les programmes du gouvernement avec une contribution financière conséquente de 80 millions de dollars durant le CAS», souligne M. ousmane Diagana, Coordinateur du Programme de Développement Humain au sein du bueau de Rabat. Outre la généralisation et l’amélioration de la qualité de l’enseignement fondamental, le programme met l’accent sur la réduction du taux d’abandon et le renforcement des capacités institutionnelles avec le renforcement des capacités de gestion des ressources humaines, administratives et financières. Si le Maroc dépense d’importantes ressources pour l’éducation, il n’en demeure pas moins que les résultats obtenus jusqu’à présent, aussi bien sur le plan quantitatif que qualitatif, sont en deçà des importants investissements consentis dans ce domaine. D’où la «nécessité d’un système d’évaluation permettant de mesurer l’impact des investissements consentis par l’Etat sur le niveau scolaire des enfants», renchérit M.Diagana.

Sélectivité et flexibilité

Si le CAS ne propose pas une liste définitive des activités pour les quatre prochaines années,
“des programmes illustratifs de prêts et d’études analytiques sont suggérés pour chacun des quatre objectifs stratégiques définis”, a laissé entendre le Représentant de l’institution multilatérale au Maroc. Les programmes en question seront sélectifs et flexibles. Cette flexibilité permet à la Banque de réorienter et/ou d’augmenter son appui financier à un programme selon les besoins du Royaume. Reste que pour atteindre ces objectifs, le volet financement ne pouvait être ignoré. Sur ce point également, la Banque Mondiale n’a par lésiné sur les moyens pour que le CAS soit une réussite. Ainsi, la Banque prévoit un financement conséquent compris entre 250 et 350 millions de dollars par an sur la période 2006-2009, soit une enveloppe globale comprise entre environ 10 et 14 milliards de dirhams (1 dollar égalant 10 dirhams). “Ce montant correspond à la part de financement extérieur que le gouvernement marocain souhaite voir la Banque Mondiale prendre en charge”, a ajouté M. Belhaj. Il correspond annuellement à la moitié des besoins extérieurs du Trésor estimés à 700 millions de dollars par an durant les quatre années à venir. 
Le Royaume pourrait même bénéficier des financements supplémentaires auprès de la Banque Mondiale dans le cadre de l’INDE. Pour rappel, l’initiative, lancée par SM le Roi, a été très bien accueillie par l’institution dont les objectifs cadrent parfaitement avec les orientations et les objectifs visés par l’INDH. Selon M. Belhaj, outre son approche participative et le partenariat qu’elle initie avec les associations et les collectivités locales, “la Banque dialogue actuellement avec le gouvernement marocain pour identifier les voies et moyens pour un appui financier et/ou une assistance technique à l’INDH”.

Activités analytiques

Outre l’appui financier, la Banque Mondiale continuera à investir dans des activités analytiques et de conseils techniques d’un haut niveau de qualité. Ainsi, la Banque a publié des études portant sur la pauvreté au Maroc et sa distribution  géographique, l’enseignement supérieur, la réforme des retraites et des études sectorielles. Dans cette optique, la Banque publiera très prochainement un rapport portant sur la réforme et la croissance au Maroc.
Reste que pour le Chef du bureau de Rabat, la réussite du CAS nécessitera plus de pragmatisme et d’efficacité de la part des pouvoirs publics. C’est pourquoi, il a beaucoup insisté sur la bonne gouvernance qui sera en quelque sorte “l’axe transversal de CAS”, duquel dépendra le succès des objectifs fixés dans le cadre de cette nouvelle stratégie. L’efficacité du fonctionnement de l’État permettra de faire face au déficit en termes de réalisations concrètes des projets ciblés. Une bonne gouvernance améliorerait le climat d’investissement et inciterait encore plus le privé à investir davantage. Sans investissements, il n’y a point de croissance. D’ailleurs, en matière de croissance, la Banque Mondiale, dans le cadre du CAS, table sur un taux de croissance annuel moyen d’environ 4 %. Un niveau insuffisant pour résorber les importants déficits sociaux du Royaume. Un objectif de croissance de 6 % du PIB sur le long terme est jugé essentiel pour faire face à ces déficits et contribuer à une plus grande création d’emplois. 

Moussa Diop



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com