Au terme des six premier mois de l’année 2006, les concours à l’économie du secteur bancaire ont progressé de 5,07 % pour s’établir à 306,85 milliards de dirhams, selon les statistiques de Bank Al-Maghrib. De ce montant, les crédits accordés aux entreprises et aux particuliers ont représenté 268 milliards de dirhams. La répartition de ces crédits montre une prédominance des comptes débiteurs et crédits de trésorerie qui ont progressé de 10,1% pour s’établir à 92,04 milliards de dirhams.
Loin derrière suivent les crédits immobiliers qui totalisent un encours en appréciation de 27,97 % à 64,22 milliards de dirhams. Les mesures d’encouragement à l’acquisition de logements et l’intensification de la concurrence au niveau du secteur bancaire qui se traduit par des offres de plus en plus attrayantes (financement à 100 %, échéance de remboursement dépassant les 20 ans, taux de plus en plus bas, etc.) ont beaucoup contribué à cette forte progression des crédits immobiliers. Et la tendance est loin de s’inverser dans le court et moyen terme. En effet, le déficit important en logements, les incitations offertes aux promoteurs immobiliers, les garanties offertes aux banques finançant l’accès au logement au profit des couches les plus vulnérables de la sociétés dans le cadre du "Fogarim" sont autant de facteurs qui devront contribuer à entretenir la dynamique du crédit immobilier dans les prochaines années. Et ce n’est pas pour rien que les banques se livrent une guerre sans merci sur ce créneau qui leur assure des marges confortables avec des prises de risques minimes du fait des hypothèques sur le bien immeuble.
Baisse des créances en souffrances
Pour leur part, l’encours des crédits d’équipement n’a enregistré qu’une progression de 3,58 % pour ressortir à 55,80 milliards de dirhams, représentant ainsi un peu plus du quart des crédits distribués par les banques aux profits des entreprises et des particuliers.
Sur un autre registre, on note que l’action d’assainissement des bilans bancaires s’est traduite par une baisse sensible des créances en souffrances. Celles-ci ont fléchi au cours du premier semestre 2006 de 15,01 %, soit 6,8 milliards de dirhams, pour ressortir à 38,50 milliards de dirhams (non compris les agios réservés). Ainsi, le taux des créances en souffrances du secteur bancaire descend sous la barre des 14 %. L’amélioration de la qualité des actifs devrait se poursuivre au cours des prochaines années sous l’effet combiné des dispositifs dont se dotent les établissements bancaires pour assurer une saine gestion du risque de crédit, des politiques de recouvrement plus adaptés et de la radiation d’anciennes créances en souffrance entièrement provisionnées. Fort de ces résultats, les provisions cumulées du secteur au cours des six premiers mois de l’année ont baissé de -11,13 %, soit -3,88 milliards de dirhams, pour s’établir à 30,96 milliards de dirhams. Cette baisse ne manquera pas d’impacter positivement sur les résultats des bancaires au titre de l’exercice en cours.
MD