Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Finance
Facture énergétique : L’option libérale, seule issue pour M. Oualalou

Auteur :
Publier le : September 8, 2005

En effet, il semble que l’optimise de bon aloi affiché par M. Oualalou, ministre des Finances au début de l’été, lors d’un entretien exclusif accordé à La Nouvelle Tribune, n’est plus vraiment de mise, même si les annonces faites à l’époque, notamment la réelle hausse des contributions fiscales (IS et TVA essentiellement) ne s’est pas démentie. Ce sont plutôt les nouvelles " obligations " afférentes notamment à la facture pétrolière, l’effacement massif de la dette des petits agriculteurs, du fait d’une sécheresse drastique, par un Crédit Agricole pourtant en restructuration et le poids de plus en plus lourd des contributions exigées de la Caisse de Compensation qui sont, en cette rentrée, à l’origine première du sentiment que le Budget de l’Etat devra enregistrer un déficit qui pourrait dépasser les mythiques 4% du PIB.
Sachant en effet, que les incidences intérieures de l’envolée des prix pétroliers à l’échelle internationale, laquelle apparaît à beaucoup de spécialistes comme une bulle spéculative durable, ont dépassé les scenarii estimatifs les plus pessimistes, on en vient à se demander quelle sera la politique que le gouvernement voudra mettre en action pour trouver une sortie de crise acceptable. Lors de la préparation de la loi de Finances 2005, il avait été estimé réaliste d’envisager un prix moyen du baril de pétrole de 35 dollars. Cette estimation, trop basse, avait été revue à la hausse au printemps dernier et les Finances avaient tablé sur un prix du baril de 40 dollars US. Cette ligne-là fut rapidement enfoncée et aujourd’hui Grand Argentier et experts, consommateurs et industriels, se doivent de regarder en face la cruelle réalité, aggravée d’ailleurs par les effets dévastateurs de Katrina, d’un baril de brut flirtant avec les 70 dollars.
Il se pose donc désormais avec une certaine acuité la nécessité d’éviter que le déficit budgétaire ne s’amplifie lui aussi, sachant que la seule facture pétrolière a déjà lourdement plombé la Caisse de Compensation et que son montant pourrait approcher les sept milliards de dirhams à la fin de l’année en cours.
L’Etat, par ailleurs, devra faire face à tous ses engagements et prévoir, dans le projet de loi budgétaire pour 2006, les moyens d’une politique de développement économique et social à laquelle il ne veut, ni ne peut renoncer, surtout en ces temps, forts positifs d’ailleurs, d’INDH.
Deux solutions s’offrent à M. Oualalou, dans cette optique. La première, pour des raisons de stabilité sociale et d’encouragement à la production industrielle, serait de poursuivre l’impossible effort demandé depuis plusieurs mois à la Caisse de Compensation. Une telle option,  qu’experts et politiques rejettent d’ailleurs, pourrait s’exprimer soit par un recours accru à l’endettement intérieur, qui est déjà exorbitant, soit par une sortie du Royaume sur le marché international des capitaux, en profitant des bas taux d’intérêt qui s’y exercent. Il est peu probable pourtant que le Ministère des Finances fasse sienne une telle éventualité, sachant que nos " amis " de la Banque Mondiale et du FMI, qui nous accompagnent depuis longtemps de leurs conseils, estiment déjà que l’endettement de l’Etat est trop lourd, mais aussi que les prévisions de financement du Budget pour les années à venir sont tout juste acceptables du fait notamment du tarissement progressif mais inéluctable de la manne des privatisations.
C’est donc la vérité des prix et l’alignement sur les cours pétroliers mondiaux qui devrait être la seule option réellement opératoire pour le gouvernement, en précisant cependant que cette ligne de conduite ne devrait pas signifier pour autant l’indexation automatique des prix à la pompe marocaine sur les cours du Brent ou de l’Arabian Light de New York ou de Londres, ni même que M. Jettou et ses pairs évacuent la dimension sociale d’une politique gouvernementale soucieuse de faire payer indistinctement aux riches et aux pauvres, aux automobilistes comme aux piétons, aux industriels comme aux simples usagers, des montants équivalents.
L’Etat marocain renforcera certes la dimension libérale de sa politique économique, parce qu’il y sera obligé, mais on osera espérer qu’il n’entrera pas pour autant dans un thatchérisme débridé. Le prix à payer en serait, certainement, économiquement et socialement trop lourd.

Afifa Dassouli



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com