Pour sa 6 ème Convention des Cadres, le Groupe CDG a choisi la ville du Détroit, Tanger, où elle a réuni quelque 350 cadres de la CDG, des dirigeants des filiales de la Caisse et des invités de marque dont les représentants de la Caisse de Dépôts et de Consignation (Frances), M. Mohamed Chafiki, Directeur de la DEPF, Saïd Ahmidouch, Directeur Général de la CNSS et tant d’autres personnalités.
D’emblée, dans son allocution de bienvenue au nom du Comité d’organisation, M. Abdesselam Aboudrar, secrétaire Général du Groupe, a planté le décor de la journée en attirant l’attention des cadres sur les défis que doit surmonter le Maroc pour mieux réussir le pari de son intégration à l’économie mondiale. Dans ce cadre, la CDG est appelée à jouer un rôle clé. Seulement, pour jouer ce rôle de locomotive, “il faut d’abord assurer la pérennité du Groupe”, laisse-t-il entendre à l’attention des cadres. Et pour y parvenir, il n’y a pas de secret: il faut assurer l’équilibre optimal entre les objectifs de rentabilité et les objectifs à long terme de développement socio-économique en phase avec les engagements du Royaume. Parallèlement, “la CDG est appelée à faire face à un certain nombre de réformes qui ne manqueront pas d’avoir un impact sur elle”, a souligné M. Aboudrar. Parmi les plus en vue, il y a bien évidemment celui de la CNSS (source de 41,5 % des dépôts de la CDG en 2004) et ceux touchant le secteur financier (Bank Al-Maghrib, secteur bancaire, marché des capitaux, etc.). A ces défis s’ajoute bien évidemment celui de l’accélération de l’ouverture de l’économie nationale à la suite de la signature de plusieurs accords de libre-échange. Malgré l’importance des défis à relever, point d’inquiétude. La CDG a les atouts pour faire face aux défis et les transformer en opportunités. Pour cela, les cadres sont appelés à transcender pour permettre à la CDG de jouer le rôle de “levier de l’économie nationale”, a renchéri M. Mustapha Bakkoury, Directeur Général du Groupe. Pour lui, si la Caisse a su s’adapter aux priorités de la politique économique nationale depuis sa création et a toujours œuvré pour devenir un acteur majeur du développement économique du Royaume, elle est appelée, dans le cadre de ce processus d’intégration à l’économie mondiale, à devenir un acteur de référence aux initiatives socio-économiques porteuses de cohésion sociale. La question est alors de savoir comment la CDG pourra-t-elle devenir cet acteur de référence dans les cinq missions qui lui sont assignées (garant des fonds déposés, gestion des fonds de retraite et de prévoyance, investisseur institutionnel, aménageur développeur et, enfin, accompagnateur et facilitateur à la maturité des marchés financiers). Il faut avant tout savoir “anticiper pour éviter de subir les effets” de la mondialisation de l’économie, poursuit-il. En clair, pour faire face à la concurrence, il faut partir de l’idée que “2010 c’est déjà aujourd’hui” et mettre tous les atouts de son côté. Afin d’y parvenir, “la CDG compte sur ses ressources humaines motivées et compétentes”, s’est ainsi adressé M. Bakkoury à une assistance qui l’écoute studieusement. Outre l’expertise et le savoir-faire de ses cadres, le Groupe CDG ne ménagera aucun effort pour tisser des alliances, aussi bien au niveau national qu’international, à même de lui apporter plus de compétitivité et d’efficacité dans le cadre des missions qui sont les siennes.
Perspectives économiques 2005-2010
Invité de cette Convention des Cadres, M. Mohamed Chafiki est intervenu longuement sur “Les enjeux et les défis du Maroc à l’horizon 2010”. Parmi les défis à relever par le Royaume, il y a d’abord celui de “l’insuffisance compétitive de l’économie marocaine” qui empêche le Royaume de tirer profit de la demande émanant du Reste du monde, souligne M. Chafiki. Cette situation contribue également à aggraver le déficit commercial du Royaume. Ensuite, il y a l’instabilité des finances publiques qui résulte, d’une part, de la stabilité des recettes fiscales alors qu’elles sont appelées à atténuer les effets du démantèlement douanier, d’autre part, du poids de la masse salariale et du manque de ciblage des dépenses sociales. Le Directeur du DEPF a profité de l’occasion pour distiller quelques indicateurs prévisionnels sur l’horizon temporel 2005-2010 pour donner plus de visibilité aux cadres de CDG. Ainsi, sur la période, le PIB, à prix constant, devrait croître de 4,5% annuellement et tirer essentiellement par la demande intérieure. Le solde de la balance commerciale devrait s’établir à 22 % du PIB.
Pour réaliser des performances meilleures, il souligne la nécessité de remédier aux fragilités du secteur agricole, promouvoir les secteurs constituant des gisements de croissance et à fort potentiel de création d’emplois (énergie, agro-alimentaire, nouvelles technologies de l’information, télécommunications, tourisme, etc.) et la consolidation des réformes des marchés de capitaux. M. Chafiki a également mis l’accent sur la nécessite de corriger le paradoxe qui résulte du fait que “le taux d’épargne national reste supérieur au taux d’investissement”. Même si la CDG n’est pas visée, du fait qu’elle réalise d’importants investissements, il n’en demeure pas moins qu’avec 35 % de l’épargne nationale en 2004, elle peut contribuer à atténuer ce paradoxe.
Axes de développement
D’ailleurs, les stratégies de développement déclinées pour les quatre métiers de base du Groupe vont dans ce sens. Le groupe de réflexion sur le “Développement Humain” a mis l’accent sur la participation de la CDG à la résorption des bidonvilles avec la construction de logements sociaux et au partenariat que le Groupe compte tisser avec les collectivités locales dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain, lancée par Sa Majesté Mohamed VI. Le groupe “Métiers & développement”, également, compte s’attaquer au déficit en logement estimé à 90 000 par an. Dans le cadre du programme “Villes sans bidonvilles”, le Groupe s’est repositionné dans le logement social et compte livrer 12 000 logements sociaux avant fin 2009.
Parallèlement, la CDG se veut être leader des métiers d’aménagement urbain et de développement régional et le catalyseur des grands projets structurants et créateurs de valeurs. C’est dans cette optique qu’elle aménage de grands projets touristiques (Marrakech, Tanger, Fès, etc.), participe activement au Projet Mazaga et s’est jointe à l’appel d’offre du projet Taghazout. A cela, il faut également signaler l’appui de la Caisse aux entreprises en contribuant à la dynamisation de l’investissement via le fonds Sindibad, le capital risque, etc. Au niveau des “Métiers financiers du Groupe CDG” la CDG compte jouer un rôle encore plus actif qui se traduira entre autres par une participation accrue au développement des marchés financiers dans l’ensemble de ces compartiments, une mobilisation accrue de l’épargne nécessaire à l’investissement et l’amélioration du taux de bancarisation du pays. Le Groupe s’appuiera sur ses connaissances des métiers, sa présence dans les différents rouages du tissu économique national et, s’il le faut, tisser des partenariats stratégiques. Enfin, au niveau de la “Prévoyance et de la promotion de l’épargne”, outre la nécessité de mettre en place des réformes pour faire face aux déséquilibres des caisses de retraite, la CDG table sur l’élargissement du champ de la retraite aux populations non couvertes et la modernisation du secteur des assurances afin que celui-ci joue pleinement son rôle dans le développement socio-économique du pays.
Moussa Diop