Les analystes d’Attijari Intermédiation viennent de changer leur recommandation sur le titre Centrale Laitière. Dans leur livraison “Newsletter Hebdo” de la semaine écoulée, partant du constat que le titre traite actuellement à des prix proches de ses maxima historiques et que ses niveaux de valorisation sont supérieurs à ceux du marché (P/E 05E de 24x contre 16,6 x pour le marché, P/B 05E 11,5 contre 3,9 pour le marché), mais également des perspectives de résultats de 2005, les analystes d’Attijari Intermédiation ont révisé leur recommandation d’“acheter” à “conserver” la valeur Centrale Laitière. D’après leurs prévisions, Centrale Laitière devrait réaliser un chiffre d’affaires en hausse d’environ 4 % au titre de l’exercice 2005 et un résultat net en repli de -4 % à 274 MDH, soit 290,9 dirhams par action.
Derrière ces résultats, il y a bien évidement l’effet d’une conjoncture plus ou moins défavorable marquée, entre autres, par la flambée des cours du pétrole qui affecte directement le coût de transport (collecte de lait dans les zones rurales), la hausse des coûts des matières premières consécutive à une campagne agricole maigre, et enfin, la progression du coût des emballages. Conséquence, les coûts d’exploitation s’alourdissent. Face à cette situation, la Centrale Laitière n’avait d’autre possibilité que de procéder à des ajustements sur ses prix de vente. Ainsi, si en 2004, la société avait préféré supporter seule les effets de la hausse des matières premières, du fait que le lait est un produit sensible et que la concurrence est de plus en plus rude au niveau de la filière, cette année, face à la poursuite du mouvement haussier sur les matières premières, Centrale Laitière a procédé à des augmentations sur les prix du lait pasteurisé de 20 centimes et celui du lait UHT de 10 centimes. Selon les estimations des analystes d’Attijari Intermédiation, partant du constat que le lait représente 70 % des ventes de Centrale Laitière, l’effet prix, à volume constant, accroîtrait le chiffre d’affaires global de Centrale Laitière de 0,60 % en 2005. Pour le reste, la société pourra toujours compter sur sa politique d’innovation pour consolider ses parts de marché dans un environnement sectoriel de plus en plus concurrentiel et profiter de certaines amélioration de l’environnement réglementaire et fiscal du secteur suite à la levée de l’interdiction d’importation de génisses laitières et l’imposition des coopératives réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 5MDH.
MD