Celles-ci devraient se traduire par une évaluation du risque entreprise pour tout financement bancaire. Les entreprises seraient ainsi donc obligatoirement soumises à une notation qui pourrait être interne, mais aussi externe dans un souci de plus grande objectivité. C’est dans ce dernier cas que les agences de notation auront un rôle à jouer pour accompagner les entreprises dans la quête des financements bancaires, puisqu’il s’agit de Bâle II, mais aussi des marchés financiers. Dans cette optique, l’agence Fitch North Africa a choisi des entreprises locales représentatives de quatre ou cinq secteurs d’activités importants pour l’économie marocaine, afin d’en assurer une notation expérimentale et qui aurait valeur d’exemple. Les secteurs choisis sont le tourisme, les infrastructures, les télecoms , les concessions et le textile. Pour le tourisme, c’est Risma, le fonds d’investissements d’Accor au Maroc qui s’est prêté au jeu, témoignant ainsi de sa transparence et de sa volonté à la veille de son introduction en Bourse, d’obtenir une notation susceptible de convaincre tant les banques que les marchés financiers à le suivre dans le financement de ses investissements importants.
Fitch Ratings a donc procédé à une analyse de Risma qui fait ressortir beaucoup plus de points forts que de points faibles. Parmi les premiers, l’agence de notation Fitch juge que la stratégie de développement de Risma a été clairement définie et qu’elle témoigne d’une grande expertise dans la gestion de ses unités hôtelières avec le soutien de la maison-mère. Fitch estime également qu’elle bénéficie de la forte notoriété des marques du groupe Accor, de synergies grâce à une forte présence au Maroc et du pouvoir de négociation du Groupe Accor vis-à-vis des tour opérateurs
Ces points forts de Risma sont d’autant plus importants que les points faibles ne relèvent pas de la société elle-même. Ils sont rattachés aux risques géopolitiques et à la forte concurrence d’autres destinations touristiques du pourtour méditerranéen.
Ainsi, Risma sans formellement obtenir une note, ce qui n’était d’ailleurs pas à l’ordre du jour, aura prouvé qu’elle est conforme au niveau du risque qui sera imposé aux banques par Bâle II en 2006. L’agence Fitch, en procédant à l’analyse de sociétés phares de différents secteurs d’activités stratégiqaues au Maroc, envoie un message clair d’obligation de transparence et de maîtrise de risques à toutes les entreprises locales éligibles au financement bancaire. Partant, la démarche de Risma, un acte pédagogique de valeur certaine, peut ainsi être considérée comme une notation en soi.
Afifa Dassouli