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Afriquia Gaz, Lydec, Dari Couspate, une Bourse qui ignore encore la PME

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Le premier salue l’introduction en bourse de Dari par augmentation de capital, ce qui lui permettra de récolter les moyens d’un financement gratuit d’un projet d’investissement. L’opération très réussie permet par la même occasion de faire assumer à la Bourse son rôle de financement de l’économie.  
Afriquia Gaz, entreprenant son augmentation de capital réservée à ses actionnaires, fait également appel public à l’épargne, ce qui lui permettra de rééquilibrer sa structure financière, contrairement à la cotation de la Lydec dont deux actionnaires de référence cèdent 14 % de son capital au grand public. La Lydec, en tant que société, ne bénéficiera pas de cette manne d’argent qui ria donc dans les caisses du Groupe Suez et de la compagnie d’assurances RMA Watanya.
Ces exemples montrent bien que si le marché boursier marocain a besoin de s’élargir et que toutes les introductions en bourse y sont les bienvenues, il ne joue pas souvent son rôle de financement de l’économie. Il apparaît de plus en plus que la composition du tissu industriel marocain distingue les entreprises qui n’ont pas besoin de recourir au marché pour leur financement et qui s’introduisent pour leur propre valorisation et celles qui sont trop endettées auprès des banques et qui gagneraient à diversifier leurs moyens de financement en venant sur le marché boursier, sans pourtant y avoir accès. Les premières sont souvent des entreprises appartenant à la première catégorie de la classification boursière pour la définition des critères d’introduction, laquelle regroupe les Grandes entreprises tous secteurs et concessions.
Les autres se trouvent dans les deux catégories des petites et moyennes entreprises pour lesquelles les critères d’introduction ne sont pas facilement accessibles. En effet, elles doivent introduire entre 10 et 25 millions de dirhams et 30 000 et 100 000 titres. La taille courante des entreprises marocaines n’est peut-être pas de cette mesure et la PME gagnerait à aller en bourse pour diversifier ses moyens de financements. La Bourse des Valeurs devrait procéder à une étude pragmatique pour stratifier le marché des PME marocaines et y distinguer les entreprises selon leurs besoins de financement pour mieux adapter les critères d’introduction à cette catégorie d’entreprises plus représentatives de notre économie.
Par nature, un marché doit rapprocher l’offre et la demande. Or, la réelle demande de financement est identifiée du côté des PME. La bourse n’est pas un moyen de financement de substitution des banques pour la PME. Au contraire, elle doit intervenir comme un complément au recours bancaire qui est unique et indispensable pour le financement du fonds de roulement des entreprises. Le financement du marché interviendrait pour stabiliser la structure financière des entreprises en confortant le capital et les capitaux permanents et réduire ainsi leur risque aux yeux des banques. La bourse et les banques financeraient ainsi les PME comme dans le cas d’un consortium entre plusieurs banques,  souvent pratiqué pour minimiser le risque de l’engagement bancaire. Les critères d’introduction en bourse des PME marocaines sont tellement lourds que ces dernières ne profitent pas de l’attrait fiscal d’une réduction de l’IS de 25 % à 50 %, aujourd’hui en vigueur pour les introductions en bourse respectivement par cession et augmentation de capital.
De plus, la Bourse doit se comporter avec dynamisme pour attirer, grâce à un service marketing développé,  les entreprises susceptibles de venir se financer sur son marché. En conséquence, la mission de la Bourse dans un pays émergent n’est pas vraiment la collecte de l’épargne. Car l’encouragement de l’épargne est l’affaire de l’Etat. C’est l’Etat qui doit mener une politique d’encouragement à la constitution d’une épargne longue pour le financement de l’économie du pays, d’autant que l’épargne actuelle, qui se monte à 54 milliards de dirhams seulement, soit 17 % du PNB du pays, est très insuffisante pour être une source de revenus d’un marché financier. D’ailleurs, non seulement l’épargne domestique est insuffisante, mais l’apport essentiel des institutionnels marocains doit être relayé par celui des investisseurs étrangers. Nos marchés de capitaux sont dans leur ensemble d’une taille relative, comme a pu le montrer l’assèchement du marché monétaire la semaine dernière par un volume de transactions de 200 milliards de dirhams en une journée.
La Bourse des Valeurs a certes besoin de s’assurer des intervenants, mais le meilleur moyen de le faire n’est-il pas de leur proposer de nouveaux titres avec une diversification suffisante pour la constitution d’un bon portefeuille ou d’un bon placement ?

Afifa Dassouli



 

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