La conjoncture sectorielle a été globalement bénéfique pour Holcim (Maroc). Le cimentier a vu ses indicateurs évoluer favorablement. Le chiffre d'affaires consolidé a progressé de 10,2% à 1 409 MDH, contre 1 278 MDH en 2001. Cette progression est à mettre sous le compte de la hausse combinée des ventes du segment ciments de +6,5 % et de celui du béton de +33 %. Ces progressions sont le résultat d'une évolution favorable du secteur de la construction dont le logement social reste le principal moteur de la dynamique du marché. Dans le sillage de l'évolution du chiffre d'affaires, le résultat d'exploitation s'est apprécié de +14 % à 375 MDH. Seul relatif faux pas, le résultat net a connu un recul de 10 %, à 263 MDH. Selon M. Claude Ruttimann, Directeur Administration et Finances, "le résultat net du groupe a été influencé par l'impact de la fusion par Holcim (Maroc) de ses filiales Holcim (Méditerranée) et Atlacim". "L'intégration des bilans des filiales absorbées à partir du 1er juillet 2002 s'est traduite par une prime de fusion de 135 MDH", a poursuivi M. Ruttimann. L'impact fiscal de l'opération qui s'est élevé à 44 MDH, et auquel est venu se greffer un montant de 25 MDH, né d'un litige lié à des impôts locaux, ont eu des effets négatifs sur le résultat net suite aux provisions qu'ils ont nécessitées. Conséquence, le résultat net 2002 du cimentier a enregistré un repli de 10%, à 263 MDH. En dehors de ces deux éléments, "le résultat net devrait ressortir à 300 MDH" a laissé entendre le Directeur Administration et Finances du cimentier.
Suite à la réalisation de ce résultat, le conseil d'administration d'Holcim (Maroc) a décidé de proposer une distribution d'un dividende de 40 dirhams par action. Un niveau de distribution qui correspond à un rendement brut de 5 %. En distribuant 64 % de son bénéfice, Holcim (Maroc) souhaite ménager son assise financière pour faire face à son important programme d'investissement pour les années à venir et dont le plus important demeure bien évidemment le projet de réalisation d'un dispositif industriel dans le Centre d'ici 2006. Pour rappel, le coût d'investissement prévisionnel de ce projet est évalué à 1,7 milliard de dirhams.
La diminution du montant distribué s'est traduite par une amélioration de la solidité financière de la filiale d'Holcim Ltd avec des capitaux propres en progression de 13 % à 790 MDH, contre 701 MDH en 2001. Quant à la rentabilité du cimentier, elle est plus que satisfaisante. Le rendement des fonds propres s'établissant à 31,8 % en 2002.
Pour 2003, "une enveloppe de 350 MDH d'investissement est programmée par Holcim (Maroc)", a souligné M. Youssef Ennadifi, son PDG . Le gros de ce montant, soit 310 MDH sera affecté à l'usine de Ras El Ma et devra servir, entre autres, aux travaux d'extension de l'atelier de broyage et d'ensachage, à l'aménagement d'un nouvel accès routier visant à contourner les zones d'habitations, et à l'embranchement de l'usine à la voie ferrée dans le cadre d'un partenariat avec l'Administration et l'ONCF.
Entreprise citoyenne
Sur un autre registre, et entretenant sa qualité d'entreprise citoyenne, Holcim (Maroc) a poursuivi sa politique environnementale au cours de l'année 2002 à travers plusieurs réalisations. Ainsi, l'usine de Fès a obtenu en février 2002, la certification officielle de conformité intégrée Qualité et Environnement aux standards ISO 9001 et 14 001. Ce fut le cas pour l'usine d'Oujda au début de l'année en cours. De même, conscient de la nécessité de rationaliser l'utilisation de l'eau, une denrée de plus en plus rare du fait des sécheresses multiples qui ont frappé le Royaume au cours de ces dernières années, l'unité d'Oujda a été équipée de nouveaux filtres à manches qui ont permis la réduction de la consommation d'eau de 60% tout en permettant une baisse de 2/3 du niveau des émissions de poussières des fours. Inscrivant sa démarche dans la durée, Holcim (Maroc) a équipé ses usines de systèmes de mesures continues des émissions des cheminées, conformes au standard Émission Measurement Reporting (EMR) du Groupe Holcim Ltd. Toujours, dans le domaine de la préservation de l'environnement, le cimentier poursuit son développement en tant que prestataire de service d'élimination de déchets. Dans ce cadre, il a signé deux protocoles d'accord avec la Samir et STMicroelectronics pour valoriser l'ensemble de leurs déchets industriels.
Les ressources humaines n'ont pas été oubliées. Conscient que l'excellence de ses ressources humaines est la clé de son développement, Holcim (Maroc) a lancé un Plan de Formation Triennal qui permettra d'améliorer le professionnalisme de ses employés. De même, suite à la grève qui a touché l'usine de Fès en 2002, un nouveau protocole d'accord a été signé avec les délégués du personnel en septembre 2002 pour une durée de 2 ans. Un accent particulier est mis également sur la sécurité du personnel. Le plan Assalama a ainsi permis une réduction notable de 50 % des accidents de travail en 2002, par rapport à 2001. Fait significatif, aucun accident n'a été enregistré au niveau de l'unité de Fès.
Quant aux perspectives 2003, M. Ennadifi reste optimiste. "Le Plan Azur, le port de Tanger-Méditerranée, le plan de développement de l'oriental, le programme de logements sociaux, la bonne campagne agricole, etc, sont autant de facteurs favorables pour une bonne année 2003", a t-il souligné. Toutefois, l'impact de la guerre en Irak, notamment sur le cours du pétrole, peut influer négativement sur l'activité du secteur, surtout quand on sait que les cimentiers marocains sont très handicapés par la facture énergétique, comparativement à leurs homologues des autres pays. Pour ce qui est de l'approvisionnement en combustibles, M. Ennadifi a souligné que "Holcim (Maroc) a garanti ses achats pour toute l'année 2003". Ce qui n'est pas négligeable.
Moussa Diop