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Guy Canavy : Lydec, une entreprise marocaine intégrée à son environnement

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La Nouvelle Tribune : Quelles sont les raisons de l’introduction en bourse de Lydec et pourquoi se fait-elle maintenant ?
M. Guy Canavy :
Il y a une raison essentielle, matérialisée par le fait que depuis le départ, Lydec a souhaité être partie prenante au niveau de l’environnement global de Casablanca et même du Maroc. Elle a voulu apparaître, de plus en plus, malgré un capital qui était au début français et espagnol, comme une société marocaine. Nous le sommes effectivement à travers les actions que l’on qualifie de " citoyennes " et que nous réalisons depuis le début de nos activités à Casablanca. Elles sont au demeurant tout à fait conformes à notre démarche et à nos objectifs d’entreprise, y compris lorsqu’il s’agit d’assister les autorités publiques dans la restructuration de bidonvilles où, en ce cas spécifique, nous allons sans doute au-delà de nos obligations contractuelles. Nous le faisons, parce que nous considérons qu’indépendamment de notre raison d’être, c’est-à-dire la gestion d’un réseau d’eau, d’assainissement et d’électricité, nous nous devons d’être un vrai partenaire pour la ville de Casablanca et pour le Maroc.
Nous avons toujours pensé qu’il fallait " marocaniser " Lydec. Lorsque nos partenaires initiaux, EDF, Endesa, Aguas de Barcelona, ont manifesté leur volonté de céder leurs parts au nom de la nécessité de recentrer leurs activités sur leurs métiers de base en réduisant les dispersions internationales, nous avons insisté pour qu’ils trouvent des acheteurs marocains. C’est ce qui a été fait avec l’entrée en décembre 2004 et janvier 2005 de deux institutionnels marocains bien connus sur la place, la CDG via le FIPAR Holding et la compagnie d’assurances RMA Watanya.
Et, dans le pacte d’actionnaires avec les deux nouveaux actionnaires, le Groupe Suez que je représente a évoqué l’idée d’aller en bourse pour montrer la disponibilité de ce groupe, à travers ses deux filiales, Suez Environnement et Elyo.

Mais vous gardez la majorité du capital ?
Oui, mais juste la majorité simple conformément à la convention de concession signé avec Casablanca. En effet, nous détenions  59 % du capital de Lydec et nos partenaires CDG et RMA Alwatanya 41 %. Nous cédons sur le marché 8% pour  descendre à 51 %.
Dans cette perspective donc, le Groupe Suez va céder en bourse 8 % de sa participation dans Lydec, tandis que RMA Watanya cèdera 6 %, soit au total 14 % du capital de Lydec qui seront placés en bourse.
Demain, Lydec appartiendra à 51 % à un opérateur international, Suez, à 35 % aux institutionnels marocains de référence, la CDG et la RMA Watanya et à 14 % au public. Elle sera effectivement  encore plus une société marocaine.

Cette introduction permettra-t-elle au Groupe Suez de réaliser un nouvel investissement au Maroc ou s’agira-t-il de rapatrier les fonds ainsi obtenus ?
Le Groupe a toujours été prêt à participer à d’autres opérations de délégation de gestion, ce que nous avons fait d’ailleurs à travers la création l’an dernier de Sita Al Beïda pour la collecte des ordures ménagères et la propreté d’une partie de la ville de Casablanca.
Le gouvernement marocain a indiqué à plusieurs reprises qu’il souhaitait continuer dans le processus de gestion déléguée pour des villes comme Agadir, Fès, Marrakech, Oujda, Meknès, etc.
Il est évident que le Groupe Suez s’intéressera à cette gestion déléguée lorsque les autorités marocaines décideront de lancer les appels d’offres correspondants
Mais il est vrai que pour l’instant, il n’y a pas de projets immédiats.

Compte tenu de la plus-value attendue de cette cession, quel est le rendement pour l’actionnaire que vous représentez, ou le retour sur investissement si vous préférez?
Il ne faut pas oublier que dans une opération de gestion déléguée, il y a des durées de démarrage au cours desquelles nous avons perdu de l’argent. Nous sommes passés à l’équilibre global à la fin de 2001. Nous avons distribué nos premiers dividendes en 2003 sur le résultat de 2002. Nous sommes donc dans la troisième année de distribution des dividendes et compte tenu des pertes initiales, le temps de retour sur investissement initial est de l’ordre de dix ans. En 2007 ou 2008, nous aurons donc récupéré la totalité des 800 millions de dirhams investis.

La plus-value réalisée par Suez à travers cette cession va-t-elle rapprocher cette échéance?
Effectivement, mais il ne faut pas oublier que le Groupe Suez ne cède que 8% du capital, ce qui rapportera, grosso modo, une centaine de millions de dirhams.

L’introduction en bourse fait-elle partie de votre bilan personnel ?
Il ne faut pas voir cette opération sous cet angle. Lydec a encore beaucoup de choses à faire et cette introduction en bourse représente une étape de plus dans la " marocanisation " de l’entreprise. De plus, nous avons encore de nombreux projets, d’investissements, ou d’expansion dans le cadre de la régionalisation.
C’est donc une  évolution logique et un parcours normal dans le cadre de la vie d’un délégataire de services qui se veut de plus en plus partie intégrante de la collectivité.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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