C'est devant un parterre de journalistes et de personnalités que MM. Philippe Maystadt et Philippe de Fontaine Vive respectivement Président de la BEI et vice-président de la FEMIP, ont procédé vendredi 17 juin à Rabat à l'inauguration du bureau de Représentation de la FEMIP en présence de M. Fattallah Oualalou, ministre des Finances et de la Privatisation. Mais au-delà de l'aspect protocolaire qui accompagnait ce genre de manifestation, c'est un nouvel engagement de la BEI à accompagner le Maroc dans son développement socio-économique qui est mis en exergue. Une importance marquée d'ailleurs par les récents contrats de prêts d'un montant total de 130 millions d'euros essentiellement destinés aux transports. Naturellement, l'ADM s'est taillée la part du lion avec 70 millions d'euros pour la construction du tronçon Settat-Marrakech afin d'achever l'autoroute qui relie Marrakech à Tanger en passant par Casablanca et Rabat. Faut-il rappeler, à ce sujet, que ce tronçon est co-financé par les fonds arabes et s'inscrit dans le schéma autoroutier de l'État. Lequel schéma prévoit la réalisation de 1500 km d'autoroutes à l'horizon 2010. Le restant de l'enveloppe est alloué aux routes rurales et aux activités à caractère social. Mieux, ce nouveau montant s'ajoute ainsi aux 644 millions d'euros débloqués par la FEMIP depuis 1995 faisant du secteur marocain des transports le premier bénéficiaire des fonds de la banque. Les montants élevés sont affectés au secteur routier pour la construction et la réhabilitation des routes rurales dans les provinces du nord et au secteur autoroutier pour la construction de plusieurs tronçons à travers le pays. La FEMIP a également participé à la modernisation, à la construction ou à la réhabilitation de nombreux ports marocains ainsi qu'à la modernisation des chemins de fer. Dans ce contexte, explique M. Philippe de Fontaine Vive, "le Bureau de Rabat ainsi que la réunion au Maroc du Comité ministériel FEMIP concrétisent l'exceptionnelle entente entre le Royaume du Maroc et la FEMIP." Ce nouveau Bureau de la FEMIP dans un pays partenaire illustre également la volonté de l'institution bancaire européenne d'être plus proche des réalités de terrain et d'intensifier le partenariat avec les autorités méditerranéennes. Une implication qui fait désormais les financements de la FEMIP qui dépassent les 2 milliards d'euros par an. Ce qui n'empêche pas le vice-président de la FEMIP de souligner que la nouvelle ambition de son institution est "d'accroître la qualité des concours au secteur privé pour mieux partager les risques et mieux soutenir les opportunités de création." D'ailleurs, la mission assignée au Bureau de Représentation de la FEMIP à Rabat est d'assurer la coordination locale avec les autorités marocaines, le secteur bancaire et les entreprises notamment pour faciliter l'identification de nouveaux projets et mieux accompagner le secteur privé. Dans la même droite ligne, le Bureau a également pour responsabilité d'aider la mise en oeuvre de l'assistance technique et de contribuer au bon déroulement des projets. Pour comprendre l'importance de la FEMIP, il convient de souligner qu'au cours de sa première année complète d'activité, la BEI a accordé des prêts pour un montant total supérieur à 1,8 milliard d'euros et a approuvé une réserve de 17 nouvelles opérations de financement, également pour un montant de 1,8 milliard d'euros. Selon la FEMIP, la quasi-totalité des pays partenaires méditerranéens bénéficient de ces opérations. Plus de 40 % des nouvelles opérations sont consacrées au développement du secteur privé.
Mamady Sidibé
Déclaration M. Fattallah Oualalou
Pour le ministre des Finances et de la Privatisation, le Maroc est le premier partenaire méditerranéen. “ Il est normal que la BEI ouvre un Bureau à Rabat. Ce qui exprime la qualité des relations entre l'État marocain et l’institution financière européenne. Depuis maintenant dix ans, les contributions financières de la BEI au Maroc sont importantes. De 1995 à 2005, l’investissement de la BEI au Maroc s’élève à 1,6 milliard d’euros. Pour la seule année 2004, ce sont quelque 540 millions d’euros qui ont été investis dans des projets différents d’euros. Bien plus, la BEI intervient dans plusieurs secteurs notamment les autoroutes, les chemins de fer. Dans ce sens, nous venons de signer deux conventions dont l’une relative aux routes nationales tandis que le second traité concerne le domaine social. Cette ouverture est intervenue également à deux jours de la réunion méditerranéenne de la FEMIP au Maroc. Un heureux hasard du calendrier qui met en confiance dans nos actions”, fait-il remarquer. Cela signifie-t-il que le Maroc aura son mot à dire dans les futures décisions de la BEI ici? Pas si évident. Puisque le ministre des Finances et de la Privatisation estime que l’ouverture d’un bureau rapprochera davantage la BEI au Maroc. Il ajoute que “cela va d’abord permettre à cette institution de suivre l’évolution de l’économie du Maroc mais aussi et surtout de travailler sur le terrain avec l’administration marocaine, les ministères notamment avec celui des Finances et de la Privatisation. En même temps, elle va certainement déléguer le pouvoir à ce bureau. Une délégation de pouvoir qui allégera le mécanisme de la mise en place de son intervention. D’autant plus que la BEI commence à financer le secteur privé. D’où sa présence au Maroc, à travers ce bureau, est très importante.”
M.S.