Après les privatisations avec succès des grosses pointures (Régie des Tabacs, Banques populaires et Maroc Telecom), l’Etat s’est engagé dans la privatisation de quatre sucreries du Royaume: les Sucreries Raffineries de Cannes (Surac), spécialisées dans la production de sucre à cannes, du groupe des Sucreries de Betteraves du Gharb et du Loukkos (Sunabel) spécialisé dans la production du sucre de betterave sous forme de granulés, des Sucreries Raffineries du Tadla (Suta) dédiées à la transformation de betterave et, enfin, des Sucreries Raffineries de l’Oriental (Sucrafor) consacrées au traitement de la betterave et de la cannes à sucre. La spécialisation des différentes unités les rendant complémentaires est l’une des raisons expliquant le souhait de la Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation (DEPP) de les attribuer directement à un repreneur unique.
3 importants candidats
A signaler que par le passé l’Etat avait tenté en vain de céder les sucreries mais sans succès. L’échec était alors attribué à un cadre règlementaire jugé non favorable du fait de la libéralisation des prix, mais également à la situation non attrayante de certaines sucreries.
Pour faire face à cette situation, “les pouvoirs publics avaient initié un plan de restructuration et de mise à niveau visant la recapitalisation de certaines sucreries ainsi que la réduction des coûts de production”, souligne t-on auprès de BMCE Capital. Ces restructurations entrent dans le cadre de la politique adoptée par les autorités visant à rendre plus présentables les entreprises à privatiser afin d’assurer leur viabilité et leur rentabilité après leur cession mais aussi permettre à l’Etat de mieux négocier le prix de cession. Ces opérations semblent avoir apporté leurs fruits comme en atteste l’intérêt que portent de grands opérateurs nationaux et étrangers à cette opérations dont Cosumar, le leader du secteur au Maroc, le groupe saoudien Savola et l’opérateur français Beghin Say. Ces différents opérateurs attendent que le prix minimum de cession de ces quatre soit fixé par les autorités pour présenter leurs offres.
Rappelons que pour la loi des Finances 2005, l’Etat a tablé sur 12 milliards de dirhams de recettes provenant des privatisations. Outre la cession de 16 % de Maroc Telecom à Vivendi Universal en décembre 2004 mais comptabilisée en 2005, l’Etat pourra tirer le reliquat de la cession des sucreries. Signalons également que les opérations de privatisation de la Sonacos, Drapor, Biopharma et Soccocharbo sont également programmées pour cette année. Ce qui va certainement assurer une certaine aisance au Trésor. Au cas où les besoins de financement seront plus importants, l’Etat pourra également céder les 20 % du capital de la régie des Tabacs qui ne sont pas encore contrôlés par Altadis.
MD