Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Finance
M. Mohamed Horani, PDG de HPS. : “Nous avons souhaité institutionnaliser notre entreprise”

Auteur :

La Nouvelle tribune : Avant de nous faire part de l’apport du capital risque pour votre société, pouvez-vous nous donner un aperçu sur HPS ?
M. Mohamed Horani :
HPS est une société qui mérite une certaine présencedans la presse afin de montrer qu’il est tout à fait possible de réaliser des projets d’envergure dans le domaine des nouvelles technologies de l’information au Maroc.
HPS (Hightech Payment Systems) est une société marocaine créée en janvier 1995, spécialisée dans le paiement électronique, ou plus précisément dans la monétique. Nous sommes un fournisseur de solutions spécialisé dans le paiement électronique multicanal  (Guichet automatique bancaire, terminal électronique, e-commerce, terminal mobile, etc). Aujourd’hui, notre solution, PowerCard, qui est certifiée par des organismes internationaux de paiement électronique tels que Visa International, Mastercard International, American Express, des centres monétiques nationaux…, est utilisée par plus de 100 banques dans une quarantaine de pays, mais aussi par des opérateurs télécoms (Maroc Telecom et Méditel), des pétroliers (Shell Maroc), la Grande Distribution (Bank Accord au Portugal), des centres monétiques nationaux dont, le CMI marocain (le Centre monétique interbancaire), celui de Chypre, et dernièrement, notre solution a été choisie par la BEAC  (Banque des Etats d’Afrique Centrale) suite à un appel d’offre international lancé par la Banque Mondiale et auquel ont participé plusieurs acteurs inernationaux, etc.

Comment HPS a été financé au départ ?
Concernant le financement, au départ nous avons lancé et développé la société en comptant exclusivement sur nos propres ressources et ce jusqu’en 2002. Ce sont donc les consultants qui ont apporté les financements nécessaires pour démarrer et développer la société.
Toutefois, à partir de cette date, nous avons senti la nécessité de recourir à un mode de financement à même de nous permettre d’atteindre un certain nombre d’objectifs que nous nous sommes fixés.  

Concrètement, quel a été le mode de financement choisi par HPS ?
A partir de 2002, nous avions atteint une taille qui nous obligeait à recourir à des modes de financement autres que l’autofinancement pour accélérer notre développement qui passait par le lancement de nouveaux produits pour être en phase avec les évolutions du marché, l’adoption d’une démarche qualité et la présence sur les marché à fort potentiel de développement. C’est ainsi que nous nous sommes attaqués à la mise en place de la nouvelle version de notre produit phare Powercard. Cette opération a nécessité un investissement de 20 millions de dirhams en charges directes, salaires essentiellement, sur 3 années. Par ailleurs, nous nous sommes engagés dans une démarche qualité qui a abouti à la certification de notre société ISO 9000 version 2000, en décembre 2003. Enfin, et dans un souci de s’approcher des marchés à fort potentiel, nous avons ouvert une succursale à Dubaï Internet City, un des meilleurs technoparcs existants dans le monde actuellement.
Face aux besoins de financement nécessaires pour mener à bien ces différents projets, HPS avait décidé de s’ouvrir au capital-risque. Ainsi, et en juin  2002, deux capitaux-risqueurs marocains, Upline Technologies et Accès Capital, nous ont rejoints en injectant chacune 20 millions de dirhams dans HPS, soit en tout un apport financier de 40 millions de dirhams.

Pourquoi le choix du capital-développement?
Sincèrement, et au delà des besoins de financement, qui pourraient être satisfaits autrement, ce que nous avons surtout visé à travers cette ouverture du capital aux deux capitaux-risqueurs, c’est l’institutionnalisation de notre entreprise. Nous sommes très satisfaits de l’arrivée de ces deux sociétés dans notre tour de table en ce sens que cela nous a permis d’avoir un certain équilibre en termes de prises de décisions stratégiques entre, d’un côté, les ambitions des consultants, en tant qu’industriels, portées essentiellement par la croissance et les parts de marché, et de l’autre côté, le souci de la maîtrise des risques et la rentabilité des capitaux investis des capitaux-risqueurs. Sincèrement, cette collaboration se passe très bien grâce à la maturité de l’ensemble des partenaires et sur le fait que les relations ont été construites sur des bases extrêmement transparentes et professionnelles. Ce qui a facilité la prise de décisions utiles et intéressantes qui ont contribué grandement à l’accélération du développement de HPS.

Une partie des fonds injectée par les deux capitaux-risqueurs a contribué à votre implantation à Dubaï, pourquoi un tel choix ?
Ce choix s’explique par un certain nombre de facteurs.
D’une part, parce que le marché du Golfe est très important. Nos solutions étaient déjà présentes dans cette région avant que nous nous y implantons. En 2002, nous avons senti la nécessité d’une présence physique sur ce marché. Il était devenu très difficile de vendre des solutions à 5 000 km de distance. Cette présence était d’autant plus nécessaire dans cette région du fait que certains marchés sont octroyés suite à de simples consultations. Les appels d’offres ne sont pas systèmatiques dans cette région. Du coup, la présence à Dubaï s’est même révélée insuffisante pour couvrir toute la région, ce qui nous a poussés à développer tout un réseau de distributeurs à valeur ajoutée, généralement des intégrateurs, qui commercialisent nos produits.
Actuellement, nous avons une douzaine de distributeurs. La deuxième raison est que Dubaï est une plate-forme totalement ouverte sur le reste du monde et que tous les majors des nouvelles technologies de l’information
-Oracle, Microsoft, Cisco, etc.- y sont présents.

Où en êtes-vous aujourd’hui avec votre politique d’internationalisation?
Concernant notre politique d’internationalisation, nous traitons les régions au cas par cas. Au Moyen Orient, notre présence à Dubaï et la mise en place d’un réseau de distributeurs nous offrent une présence régionale forte. Pour la région Afrique, nous avons notre siège à Casablanca qui est devenu en quelque sorte un hub pour le continent. Dans certains marchés, nous cherchons des partenaires locaux pour nous approcher davantage de nos clients. Pour ce qui est de l’Europe, nous avions l’intention de nous installer à Paris ou à Londres. Dernièrement, nous avons réussi à signer un accord de partenariat avec Expérian. Cette société a choisi notre produit, PowerCard, comme plate-forme pour offrir des services à des banques européennes. Avec ce partenaire, nous avons déjà réussi à signer trois contrats sur lesquels nous travaillons actuellement. Nous sommes très optimismes sur ce marché qui regorge d’opportunités. Du coup, avec un partenaire aussi important, nous avons décidé de différer l’implantation d’une succursale en Europe en attendant de voir plus clair les résultats que nous offre à moyen et long terme ce partenariat. Enfin pour l’Amérique, en ce moment même, nous avons une équipe de trois personnes en Floride pour présenter notre solution à un grand opérateur américain très intéressé par notre produit et nous sommes convaincus que pour ce marché, il n’y a pas trente six solutions, il faut obligatoirement passer par un partenaire solide. Et c’est ce que nous sommes en train de faire.

Lors du Forum des investisseurs arabes qui s’était tenu à Rabat en 2002, vous aviez sollicité également  des partenariats avec des investisseurs arabes pour le lancement d’un projet. Y a-t-il eu une suite positive ?
Effectivement, nous avons mis en place ce projet avec des partenaires à Bahreïn. Cela s’est concrétisé notamment avec la mise en place d’une société GPS (Global Payment Services) qui offre des services aux banques et institutions financières qui souhaitent externaliser le traitement de leurs transactions de paiement électronique. Il est peut-être utile de rappeler que notre métier repose actuellement sur deux modèles d'affaires. Le premier concerne la vente de licences et de services d’accompagnement (Consulting, développements spécifiques, installations du produit, formation des utilisateurs, assistance, etc.). Le second, qui s’affirme de plus en plus, est l’externalisation, plus connue dans le jargon technique par ASP (Application Services Providing). Avec ce modèle, le client s’occupe de son "core business" et toutes les transactions de paiement électroniques sont traitées par la société ASP. Il présente d’indéniables avantages en ce sens que le client paie uniquement le service octroyé et réalise des gains substantiels liés à l’absence d’investissement en logiciel et en matériel (centre monétique) et des charges y afférentes, notamment les charges salariales d’un  personnel hautement qualifié. Ce modèle est en train de prendre de l’importance, et c’est ce qui a justifié la création du GPS à Bahreïn pour répondre à cette nouvelle demande en croissance.

Est-ce qu’on peut avoir une idée sur les perspectives de votre chiffre d’affaires 2005?
Bien évidemment. Pour 2005, nous tablons sur un chiffre d’affaires qui dépasserait les 100MDH. Je tiens absolument à préciser que la totalité du chiffre d’affaires est réalisée sous forme de vente de licences et de services, en clair, il s’agit de 100% de valeur ajoutée HPS. Autre facteur qui mérite d’être signalé, sur les cinq dernières années, l’export a représenté plus 85% du chiffre d’affaires réalisé par la société.

Propos recueillis par
Moussa Diop



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com