Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Finance
Une Union Economique Maghrébine (UEM) à la place de l’UMA ?

Auteur :

Sans contexte, les recommandations du groupe thématique qui s’est penché sur le volet “Intégration, Commerce et Investissement dans le Maghreb” étaient les plus attendues. Et pour cause, à défaut de réussir l’intégration du Maghreb via le politique, les espoirs étaient focalisés sur l’économique pour intégrer la région au train de la mondialisation. Ceux qui y croyaient n’ont pas été déçus lorsque M.Hassan Benabderazik, Economiste et coordinateur du Groupe “Commerce”, a souligné que “les grands élans sentimentaux et les idéologies nationalistes n’ont pas profité à l’Union du Maghreb Arabe” avant d’ajouter, “qu’on doit être désormais plus modeste dans nos ambitions”. Le ton est ainsi donné. L’intégration de la région est essentielle pour qu’elle puisse s’arrimer au train de la mondialisation. Si sur ce volet, point de divergence. Avec des économies essoufflées et qui n’arrivent plus à créer d’emplois, l’intégration régionale en accroissant la taille des marchés et favorisant la spécialisation intra-industries, en augmentant le pouvoir de négociation des pays concernés, en ancrant les réformes dans un espace plus large…, permet d’améliorer l’attractivité de la région en matière d’investissement et contribuer à la croissance économique et à la création d’emplois. Reste à savoir l’approche à adopter pour y arriver. Selon les membres du panel, “l’ouverture sans une gestion des transitions sociales et économiques peut être très coûteuse”. En effet, l’intégration régionale doit se fonder sur une concurrence saine et loyale fondée sur l’Etat de droit. Ce que l’UMA n’a pu mettre en place, cultivant  du coup la politique de rivalité et le développement d’échanges commerciaux informels destructurants au niveau de la région. Parmi les facteurs qui ont contribué à l’échec de l’UMA figurent, outre le volet politique, l’asymétrie des bénéfices qui fait que l’Algérie se considère surtout comme le débouché naturel du Maroc et de la Tunisie, la perception erronée des pertes et de la similarité, les rentes défendues par des lobbys puissants et l’absence d’harmonisation de politiques douanière et fiscale.

L’économique d’abord

Partant, les membres du Groupe “Commerce”ont souligné , à l’unanimité, la nécessité “de repenser le Maghreb comme démarche économique complémentaire et nécessaire aux processus euro méditerranéen et à l’OMC pour mieux exploiter les opportunités de la mondialisation”. Pour y arriver, il faut d’abord corriger les tares de l’UMA. L’harmonisation des politiques agricole, douanière et fiscale, la mise en place d’une politique énergétique commune, la lutte contre la contrebande, le développement des infrastructures régionales, la libre circulation des hommes et l’amélioration du climat des affaires sont jugées essentielles pour la mise en place d’une Union Economique Maghrébine (UEM) à même de s’intégrer à terme à l’Union Européenne, principal partenaire économique de la région. Comme pour la construction de l’Union européenne, l’économique précédera ainsi le politique dans le schéma tracé par le Groupe. Et afin de ne pas retomber dans les mêmes erreurs que l’UMA, “on ne doit pas faire abstraction des perdants dans le processus d’intégration”, ont laissé entendre les membres du panel. D’où “la nécessité de mesurer les gains de l’intégration pour mieux les partager et d’évaluer les pertes afin de mettre en place des mécanismes de compensation”, poursuivent-ils. En plus, et pour être plus pragmatique, ils recommandent la multiplication des opportunités de rencontres, de partages des expériences maghrébines (chambres de commerce, des forums maghrébins...), afin que les opérateurs économique puissent tisser des relations de partenariats plus poussées à même de stimuler les échanges entre les pays de la sous- région et de mettre les décideurs politiques devant les faits accomplis sur certains domaines.

MD



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com