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Dividendes 2004 : 10,5 milliards de dirhams seront distribués aux actionnaires

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Les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca ont réalisé au titre de l’exercice 2004 un bénéfice net global en hausse d’environ 22 % à plus de 13,14 milliards de dirhams. Après avoir engrangé de si juteux profits, elles étaient très attendues au tournant par les actionnaires qui aspirent à des rémunérations conséquentes en terme de dividendes pour accompagner les plus-values potentielles nées de la hausse des cours de nombre de titres cotés durant l’année 2004. Globalement, on peut dire qu’ils n’ont pas été déçus par les administrateurs des sociétés cotées qui ont, comme ce fut le cas pour l’exercice précédent, donné une attention particulière à la fidélisation des actionnaires en  accordant une attention particulière au volet distribution de dividende lors de leur prises de décisions. En tout, ce sont 10,50 milliards de dirhams qui seront distribués sous forme de dividendes par 38 sociétés cotées qui ont réalisé un résultat net global de 12,95 milliards de dirhams au titre de l’exercice 2004. Notons que le nombre de sociétés ayant annoncé leur intention de procéder à des distributions de dividendes est presque identique à celui de l’exercice 2003. Hormis Crédor, radiée de la cote, la non distribution de dividendes par la SMI (résultat déficitaire) et Maghreb Oxygène (résultat en net recul) a été compensé –en nombre- par le retour de Wafa Assurance et Maroc Leasing dans le cercle des entreprises qui rétribuent leurs actionnaires. Ces deux dernières sociétés, de nouveaux bénéficiaires, ont senti la nécessité de rétribuer les actionnaires qui leurs sont restés fidèles durant les années d’assainissement et de donner par la même occasion un signal fort au marché. Si le nombre de sociétés distributrices est le même, il n’en demeure pas moins que le volume global à distribuer -tenant compte des distributions faites par les sociétés introduites en Bourse en 2004-, chute de plus de -5,5 % par rapport à celui de l’exercice précédent (11,2 milliards de dirhams en 2003). Cette baisse est tout de même à relativiser du fait que le précédent exercice a été exceptionnel en matière de distribution de dividendes avec une progression de 21 % par rapport à l’exercice 2002. Une prouesse difficilement renouvelable du fait que ces dividendes étaient dopés par des distributions exceptionnelles très significatives de Maroc Telecom, Lafarge Ciments, Centrale Laitière, etc.

Pay out de 80%

A lui seul, le dividende global distribué par Maroc Telecom au titre de l’exercice 2004 (ordinaire et exceptionnel) a chuté de plus de 805 MDH, contribuant en grande partie au repli du dividende global du marché. De même, la distribution d’un dividende exceptionnel global de 648 MDH par Lafarge Ciments au titre de l’exercice 2003 a créé un fossé d’environ 595 MDH par rapport au montant global à distribuer par le leader du secteur cimentier cette année. Les baisses enregistrées par ces distributions ont été compensées en grande partie par le bon comportement de certains secteurs, comme les Banques, les Assurances, l’Agroalimentaire et les Holdings dont les montants à distribuer ont progressé respectivement de 34 %, à 1 455 MDH, de 186,25 %, à 114,5 MDH, de 15 %, à 1709 MDH, et 16 % à 845 MDH. Les banques (hors CIH), après avoir procédé à d’importantes dotations pour se conformer aux exigences de Bank Al-Maghrib en matière de provisionnement des risques en 2003 ont engrangé en 2004 un bénéfice global en hausse de 41,45 %, à 2182 MDH, distribuant environ 67% de celui-ci. 

Générosité !

En gros, en dépit de la baisse du volume global à distribuer, on note tout de même une volonté manifeste des sociétés cotées à faire profiter leurs actionnaires des bénéfices qu’elles réalisent. Pour preuve, ce sont plus de 81 % des bénéfices engrangés par les 38 sociétés concernés par les distributions qui seront dispatchés entre les différents actionnaires de ces entreprises. Les taux de distribution des Holdings, Agroalimentaire et Télécommunication s’établissant respectivement à 93,75 %, 88 % et 84,36 %. Seul le secteur Assurances distribue moins de la moitié de ses bénéfices (pay out de 35,45 %) du fait uniquement de Wafa Assurance dont le management a souhaité distribuer uniquement 21,1 % du résultat net pour laisser à la compagnie les moyens financiers nécessaires à son développement et à la consolidation de sa situation financière. Le secteur Ciments & Matériaux de construction, avec un taux de distribution d’environ 56 % (1 235 MDH), a joué la sagesse. Les entreprises du secteur étant toutes engagées dans des programmes d’investissement colossaux ont senti la nécessité de combiner la distribution de dividendes pour rétribuer leurs actionnaires et le maintien d’une trésorerie conséquente pour faire face aux investissements capitalistiques du secteur. Preuve également de cette générosité des sociétés cotées, certaines entreprises ont puisé dans leurs réserves pour rétribuer leurs actionnaires. C’est le cas notamment d’Oulmès dont le résultat net a baissé de -92 % à 1,2 MDH sous l’effet des amortissements induits par les importants investissements entrepris par la société avec le lancement de nouveaux produits et la mise en place d’une nouvelle chaîne de production de boissons gazeuses. La société a puisé dans ses réserves pour procéder à une distribution d’un dividende de 5 dirhams par action, soit un montant global de 2,75 MDH, représentant un taux de distribution de 229,16 %. De même, les holdings ONA et SNI, en dépit des baisses respectifs de leurs résultats nets part du groupe de -62,84 %, à 230 MDH, et -73,2 %, à 345 MDH, ont préféré maintenir le montant de leurs dividendes respectifs à leur niveau de 2003. La volonté de partager les bénéfices s’est également traduite par l’annonce par plusieurs sociétés disposant d’excédents de trésorerie de procéder à des distributions exceptionnelles. C’est le cas notamment de Centrale Laitière (180 dirhams de dividende ordinaire et 460 de dividende exceptionnel), Cosumar (40 et 60 dirhams), Agma Lahlou-Tazi (200 et 75 dirhams), Lesieur Cristal (60 et 100 dirhams), Sonasid (65 et 15 dirhams, et Zellidja (14 et 200 dirhams). En puisant dans leurs primes d’émission ou dans leurs réserves, Centrale Laitière, Cosumar, Lesieur Cristal et Agma Lahlou-Tazi ont affiché des taux de distribution respectifs de 210,84 %, 169,15 %, 239,44 % et 134,6 %. Quant au conseil d’administration de Zellidja, il a tout simplement souhaité faire profiter à l’ensemble des actionnaires de la forte progression du résultat net 2004 résultant des produits de cession d’immobilisation pour un montant de 464 MDH. Dans la même logique, notons que Sothema, en plus d’un dividende ordinaire de 30,5 dirhams par action compte procéder à une augmentation de capital social par le biais d’une émission de 200 000 actions nouvelles d’un montant nominal de 100 dirhams chacune qui seront attribuées gratuitement aux actionnaires actuels dans la proportion d’une action nouvelle pour 5 actions anciennes.

Dividende yield appréciables

Par ailleurs, et du point de vue sectoriel, notons que les télécommunications, représentées uniquement par Maroc Telecom vont représenter environ 42 % du montant global à distribuer. Bien qu’en baisse d’environ 15 %, Maroc Telecom distribuera cette année environ 4,4 milliards de dirhams, contre 5,2 milliards pour l’exercice précédent. Loin derrière, suivent l’Agroalimentaire, les Banques et le Ciment & Matériaux de construction avec des montants à verser aux actionnaires respectifs de 1 709 MDH, 1 454 MDH et 1 235 MDH. Prises individuellement, après Maroc Telecom, Centrale Laitière, Attijariwafa bank, Lesieur Cristal, ONA et Cosumar sont les plus gros distributeurs avec des volumes respectifs de 603 MDH, 579 MDH, 442 MDH, 436,5 MDH, 419 MDH. Derrière l’ONA et ses filiales, suivent la BMCI et la Samir avec des distributions programmées respectives de 331,5 MDH et 321,3 MDH. Rappelons tout de même que cette dernière est engagée dans un programme d’investissement d’un montant global de 800 millions de dollars visant à la modernisation de l’outil de raffinage de Mohammedia. Ceci montre que la volonté de l’ancienne direction du Groupe ONA recommandant aux filiales de procéder à des distributions massives de dividendes non nécessaires à leur développement n’est pas lettre morte, même si certains ne voient à travers ces distributions qu’une volonté de remontée du cash vers la maison mère.
Pour ce qui est des rendements de dividendes (dividende yield) –référence au cours des titres cotés du 31 décembre 2004 à défaut d’un cours moyen-, il varie dans une fourchette très large comprise entre 0,27 % (Oulmès) et 72,96 % (Zellidja). Hormis ces deux extrêmes, le dividende yield des sociétés varie entre 2,69 % et 15,28 %. Sur les 38 sociétés ayant annoncé des distributions de dividendes, 22 d’entres elles affichent un rendement de dividende brut supérieur à 5 %, et 11 réalisent des dividendes yield compris entre 3 % et 5 %. A comparer au taux moyen des émissions des Bons du Trésor à 52 semaines au titre de l’année 2004 et qui ressort à 3,03%, on comprend que le placement boursier demeure de loin l’un des meilleurs qu’offre le marché financier pris globalement. Ces rendements bruts sont d’autant plus appréciables que le marché boursier s’est apprécié en 2004 sous l’effet de la hausse des cours de plusieurs titres cotés dont particulièrement ceux des sociétés ayant programmé des distributions de dividendes. C’est dire que, si comparativement à l’exercice précédent, les rendements n’ont que faiblement progressé, il n’en demeure pas moins qu’en plus de ceux qu’offrent les sociétés, les actionnaires doivent également tenir compte de la hausse des cours en 2004 et donc des plus-values latentes qui en résultent. Le meilleur dividende yield est à mettre sur le compte de Zellidja qui s’offre un rendement brut 2004 de 72,96 %. A la faveur de la hausse du cours de la société depuis l’annonce de la distribution exceptionnelle, le dividende yield est tombé actuellement à 32,42 %. Outre Zellidja, on notera les excellents dividendes yield qu’offrent Lesieur Cristal (15,28 %), Cosumar (13,8 %), Centrale Laitière (10,45 %) et Sonasid (10,18 %). Ces entreprises ont un point commun, c’est celui d’avoir annoncé en plus d’un dividende ordinaire la distribution de dividendes exceptionnels. D’autres, en puisant dans leurs réserves (cas de Rebab Cie), ou en augmentant le montant de leur dividende (Auto Nejma, SCE, Auto Nejma) et/ou bien en bénéficiant de l’effet d’une baisse mécanique de leur cours de bourse (SCE, Carnaud, etc.) ont affiché de très bons rendements compris entre 8 % et 10%. En définitive, sur les 38 sociétés devant procéder à des distributions de dividendes, seules 4 présentent des dividendes yield inférieurs ou plus ou moins égaux au rendement sans risque des emprunts d’État à 52 semaines.
En clair, le placement action demeure le meilleur de la place. Toutefois, et afin d’éviter certains risques inhérents au marché action, il est préférable, pour les non initiés notamment, de confier leurs pécules aux professionnels du marché de la gestion collective, mieux outillés pour suivre l’évolution du marché boursier.

Moussa Diop



 

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