La Nouvelle Tribune :
BMCE Bank a rajeuni son image et se veut une banque moderne, au plein sens du terme. Est-ce la troisième étape de son évolution après une première dédiée à son assainissement et une seconde marquée par sa réorganisation?
M. Othman Benjelloun :
La réorganisation de BMCE Bank a été l’occasion d’impulser une dynamique renouvelée de changement, de libérer des énergies et de voir fleurir des initiatives indispensables dans un environnement fortement concurrentiel et évolutif. Elle a, également, permis d’instiller une culture d’entreprise porteuse de valeurs d’excellence professionnelle, de valeurs humanistes et citoyennes partagées.
Sa mutation fut marquée par la présence d'institutions financières internationales de renom dans son Actionnariat, de même par une présence plus forte à travers le monde, notamment par l'ouverture d'implantations à Beijing, Londres, Barcelone, Milan et Francfort.
L’évolution récente de la Banque a été marquée par (i) la mise en place d’une nouvelle organisation centrée sur le Client, accompagnée d’une série d’actions de restructuration menées transversalement par des Task Forces, (ii) le lancement d’importants projets organisationnels, notamment le Projet d’entreprise CAP CLIENT visant à développer le marché des particuliers et à renforcer le positionnement sur celui des entreprises, (iii) la mise en place d'outils performants de gestion et de suivi des risques, (iv) la certification ISO du système de management de la qualité mis en place pour les activités Etranger, Monétique, Titres et Crédits aux particuliers, et (v) l’obtention d’un rating social gratifiant par une agence européenne de notation sociale, VIGEO, dans les domaines des Droits Humains et de la Responsabilité sociale d’Entreprise, plus particulièrement, pour la contribution de BMCE Bank à des causes d’intérêt général, telles que la lutte contre l’analphabétisme en milieu rural, à travers la création et la gestion d’Ecoles Communautaires Rurales par notre Fondation.
Quels sont les points forts de la nouvelle BMCE, outre l’équipe de compétences pointues qui vous entoure ?
Grâce à la forte mobilisation du Capital Humain, BMCE Bank jouit de positions compétitives et d’une solidité financière renforcée, outre un niveau de rentabilité amélioré.
Les performances enregistrées en 2004 sont plus que favorables, comme en témoignent la hausse de +32 % du résultat avant impôts, de +24 % du Résultat Net et la croissance de+9,5 % du PNB.
Ces performances ont été soutenues par une forte capacité d'innovation, une anticipation des besoins de la clientèle et un dynamisme renouvelé animant l’ensemble des composantes de la Banque, qu’elles soient commerciales ou fonctionnelles. Pourtant, ce fut un contexte où la Banque a conduit, de front, plusieurs chantiers structurants qui ont pesé sur ses charges d’amortissement, ses charges externes et celles du personnel.
Au-delà de chiffres éloquents, BMCE Bank continue de représenter une institution phare dans le paysage bancaire marocain, une Banque pionnière, de capitaux majoritairement marocains, une Banque placée au cœur d’un groupe privé national, qui continue d’investir, menant des actions dans l’intérêt des ses actionnaires et inscrivant l’action de responsabilité sociétale dans les priorités de la Nation.
Après avoir voulu nouer un partenariat de capital avec une banque française de renom, avez-vous définitivement renoncé à une telle option au profit d’un positionnement de banque spécifiquement marocaine qui évoluerait à côté d’autres banques comme Attijariwafa bank ou le Groupe Banques Populaires, devenu privé d’ailleurs ? Etes-vous toujours désireux d’accueillir un partenaire étranger ?
Dès le lendemain de la privatisation de la Banque en 1995, nous avons recherché à renforcer la dimension internationale de BMCE Bank, notamment à travers la cotation à Londres de son titre sous forme de GDR et l’élargissement de son actionnariat étranger.
Actuellement, il se compose, outre de l’actionnaire étranger de référence – la Banque CIC –, de partenaires de premier plan parmi lesquels le Groupe financier portugais Banco Espirito Santo, la banque suisse l’Union bancaire Privée et, plus récemment, Morgan Stanley Investment Management.
Au-delà du partenariat capitalistique, nous développons avec certains actionnaires des coopérations élaborées dans des domaines identifiés, dans le cadre de projets industriels, comme avec la Banque CIC.
Vous venez de tenir le conseil de l’exercice 2004. Quels sentiments et commentaires vous inspirent les bons résultats de BMCE Bank ?
Les performances éloquentes de BMCE Bank au terme de l’exercice 2004, qui fut le 10ème exercice depuis la privatisation, résultent, en définitive, de notre foi dans l’avenir de notre pays, au-delà des intérêts capitalistiques ou commerciaux étroits.
C’est cette même foi qui suscite notre contribution toujours plus agissante à la promotion de l’investissement extérieur dans le pays, à l’intensification et l’élargissement des échanges commerciaux du Maroc avec le monde et à la création de richesses et d’emplois, promouvant les talents et les initiatives.
Monsieur le Président, votre parcours est celui d’un visionnaire qui a toujours cherché à créer de la richesse au profit d’une économie moderne et dans l’intérêt national premier. Dans cette optique, vous avez été parmi les promoteurs de Méditelecom qui a permis la naissance d’un marché libre des télécommunications, mais vous êtes également à l’origine du rachat d’Al Wataniya, puis de sa fusion avec la RMA, ce qui a donné naissance à la première compagnie d’assurances du Royaume. Avez-vous d’autres projets du genre ?
En examinant tout ce que notre Groupe, en tant qu’acteur privé national et citoyen, a réalisé dans les domaines de l’assurance, de la banque, des nouvelles technologies et des services au cours des dernières décennies, je ressens une légitime fierté. Chaque opportunité nouvelle d’investissement qui se présente est examinée avec le plus grand soin.
L’ambition de notre Groupe pour les prochaines années, est de renforcer les axes de développement stratégique autour de la Banque, l’Assurance, les Nouvelles Technologies et les Services, en recherchant l’innovation et la qualité au service de nos clients.
Notre ambition est, également, de capitaliser sur l’expérience tissée dans ces différents domaines comme autant de leviers d’expansion vers la région Sud-méditerranéenne et, plus particulièrement, le Maghreb, ainsi que vers les pays d’Afrique subsaharienne, ambition déjà concrétisée par l’implantation de notre Groupe au Sénégal et des prises de participation dans la Banque de Développement du Mali et la Congolaise de Banque. D’autres projets sont examinés, par ailleurs, en Mauritanie et au Gabon.
Vous venez de nommer votre fils, Kamal Benjelloun, vice-président du groupe Finance.com. Que faut-il en déduire ?
En ce début d’année 2005, des modifications ont été introduites à la gouvernance du Groupe Finance.com, notamment par la nomination de mon fils Kamal et de M. Zouheir Bensaid en tant que Vice-Présidents de la Holding Finance.com.
Ces nominations vont nous permettre de poursuivre, en toute sérénité, la stratégie de développement de Finance.com et consolider davantage son positionnement privilégié dans le paysage économique du pays et dans la région en tant que Groupe privé national au service des intérêts ultimes, pérennes du Royaume.
Elles confirment, une fois encore, que notre Groupe dispose d’intarissables ressources de compétences et d’énergies qui constituent sa véritable richesse.
Entretien réalisé par
Afifa Dassouli